Trains : les changements 2019 côté usagers

Plusieurs points sensibles sont surveillés de près par les usagers, comme la ligne sud Revermont (Lons-Lyon), la ligne Dole-Vallorbe ou la ligne des hirondelles (Dole, Morez, Saint-Claude). Un cadencement et une offre insuffisants

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Elus et population avaient manifesté à Lons contre la suppression du TGV Strasbourg-Marseille.

La venue de Bruno Gazeau président national de la Fédération Nationale des Associations d’ Usagers des Transports (FNAUT) a permis à l’ Association Pour la Promotion des Voies Ferrées Jurassiennes (APVFJ) de fêter en beauté ses 30 ans d’actions de défense des usagers, mais aussi de dresser un tableau mi-figue mi-raisin du ferroviaire dans le Jura (alors que SNCF Réseaux investit pourtant 40 millions € dans le Jura en 2019…).

La ligne Dole-Bourg en Bresse

Sur sa partie jurassienne (Mouchard-Saint Amour), l’ APVFJ relève comme points positifs l’annonce par Michel Neugnot, vice-président de la région Bourgogne Franche-Comté d’une étude visant à mettre en place des trains Lons-Lyon à des heures correctes. D’après l’association, l’idée serait de pouvoir arriver à Lyon avant 9h (mais pas aux aurores) et d’en repartir le soir, là aussi à une heure intermédiaire (ni trop tôt le matin, ni trop tard le soir). L’accès à la « deuxième métropole de France » laisse en effet à désirer, surtout depuis la disparition du TGV Strasbourg-Marseille en décembre 2018 « pour cause de travaux de modernisation de la gare Lyon Part-Dieu » avait communiqué SNCF Réseaux.
Un argument qui laisse Gérard Laforêt, secrétaire de l’APVFJ plus que septique : « Je viens d’apprendre qu’une 2e desserte Luxembourg-Marseille a été créé avec un arrêt à Lyon Perrache vers 16h-16h30. N’aurait-on pas pu faire la même chose et privilégier Lyon Perrache pour le TGV venant de Strasbourg ? ».
Les craintes de tous se focalisent sur le retour du TGV après les travaux…qui dureront 4 ans. Malgré les déclarations de la région Bourgogne Franche-Comté « seule la SNCF décide au final de supprimer ou de créer un train » a rappelé Gérard Laforêt.
Heureusement, il y a aussi de bonnes nouvelles, comme la mise en accessibilité de la gare SNCF de Lons-le-Saunier (4,4 millions € de travaux) et le déploiement de la fibre optique et du GSM R (système sécurisé de radio/ téléphonie pour la communication sol/train) sur la ligne qui en avait bien besoin…
Au final l’APVFJ tacle le contrat de plan Etat/région qui ambitionnait il y a des années encore, de faire de la ligne sud Revermont une ligne nationale (voire internationale), alternative à la ligne Dijon-Lyon : « Comment accorder du crédit aux engagements signés par l’Etat ? »

La ligne Dole-Vallorbe

« Lyria souhaite supprimer une des quatre circulations quotidienne Paris Lausanne » récapitule l’APVFJ, qui aura pour conséquence un chamboulement des horaires des 3 trains restants et une fragilisation de cette ligne essentielle pour les liaisons avec la Suisse entre autres.
« Les liaisons transfrontalières entre Pontarlier et Vallorbe restent un point noir, alors que des milliers de véhicules saturent les routes à côté d’une voie ferrée vide ».
L’association de défense des usagers reconnaît quand même des points positifs : la mise en d’accessibilité de la gare de Dole, et la modernisation de la ligne entre Dole et Andelot (changements d’aiguillages et travaux similaires à la ligne du Revermont).

La ligne des hirondelles entre Dole et Saint-Claude

Jamais il n’a été aussi difficile de voyager depuis le haut-Jura : quand on habite Morez ou Saint-Claude, gagner la capitale ou une métropole régionale relève du parcours du combattant. Idem à l’intérieur même du département, la faute à un cadencement et une offre insuffisants a souligné Gérard Laforêt : « Les liaisons internes ne sont pas dignes de ce nom, sauf pour Lons-Dole ». Impossible par exemple d’accomplir un aller-retour dans la journée entre Lons et Saint-Claude, l’expédition nécessitant de passer une nuit à Saint-Claude… D’après l’APVFJ, le cadencement qui avait permis de renforcer l’attrait pour le ferroviaire serait « abandonné ».

EN 2018, la fermeture de la ligne SNCF Oyonnax -Saint-Claude avait ému la population. Crédit GM

Au plan national aussi

Selon Bruno Gazeau, l’Etat (donc le contribuable) a repris les trois quarts de la dette de SNCF Réseaux : de quoi lui donner une autre chance de poursuivre ses missions. Des missions de plus en plus concurrentielles pour la SNCF, puisqu’après le fret elle perdra dès le 1er janvier 2020 le monopole sur les TER (trains express régionaux). La loi mobilité qui vient d’être examinée, fait aussi selon lui la part belle à la voiture autonome, voire la voiture électrique autonome (avec le développement d’un réseau de bornes de recharge).
A sa décharge, l’Etat investit 3,5 milliards €/ an pour rénover les lignes ferroviaires mais « il manque un milliard €/an » selon le président de la FNAUT.

Bientôt des trains à hydrogène ?

Les trains à hydrogène semblent un espoir: si la combustion de l’hydrogène est effectivement propre (elle ne rejette que de l’eau), malheureusement il n’existe presque pas à l’état libre dans la nature. Il doit donc être produit à partir d’autres sources : l’hydrogène gris (issu d’énergies fossiles, dont la production reste polluante) ou l’hydrogène vert (issu d’énergies renouvelables -par électrolyse de l’eau-) vraiment propre mais nettement plus cher.
Le « défaut » des énergies renouvelables étant de produire de l’énergie en quantité variables (en fonctions du vent du soleil, etc.), l’une des pratiques les plus économiques pourrait être de transformer par électrolyse ses surplus d’énergie (non stockables) en réserves d’hydrogène (stockables). Produit par électrolyse classique, l’hydrogène coûte encore à peu près le même prix que le gaz naturel, mais près du double du fuel.