Tout sur l’hypovigilance au volant

On tient l’alcool et la vitesse excessive pour premières causes d’accidents en France. Pourtant, près de la moitié des incidents sur autoroute est causée par un défaut de vigilance. Aussi, mieux vaut respecter quelques règles avant de piquer du nez… au volant.

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Man driving a car

Défaut d’attention, retard dans les prises de décision ou ralentissement des réflexes sont les principaux signes de l’hypovigilance. Théoriquement, on peut définir ce phénomène comme un maintien de la vigilance au-delà de la fatigue. Plus concrètement, ces manifestations organiques trahissent la somnolence. Une réaction banale qui a des incidences assez limitées à domicile mais qui peut prendre des tournures dramatiques au volant d’une automobile. Selon l’Association des sociétés françaises d’autoroutes, la somnolence était en 2010 la première cause de mortalité sur autoroute avec un accident mortel sur trois. Sur l’ensemble du réseau routier, elle aurait été impliquée dans 15 à 20 % des accidents mortels. Le souci est que l’hypovigilance n’est, au contraire de l’alcool ou de la vitesse, toujours pas l’objet de détection. Aucun texte répressif n’a été rédigé à son propos et ce, en dépit des effarantes statistiques. Au demeurant, les conducteurs français sont relativement conscients de ce danger. Les chiffres révélés en 2013 dans le neuvième baromètre AXA Prévention prouvent que les automobilistes hexagonaux négligent cependant les effets de la fatigue. Quelque 85 % estiment ainsi qu’il est dangereux de continuer à conduire en étant fatigué. Pourtant, 47 % le font. De même, 65 % des conducteurs jugent que conduire 4 ou 5 heures d’affilée est un comportement à risque, mais là encore 35 % passent outre. Enfin, si les trajets réalisés la nuit, entre 22 heures et 5 heures du matin, sont très risqués, 57 % des Français ne les évitent pas et 20 % à peine considèrent cette pratique comme dangereuse. En somme, les conséquences de l’hypovigilance sont sous-estimées. De surcroît, la plupart des automobilistes s’accrochent à l’idée que c’est toujours d’un tiers que vient le danger. Dans une étude Ipsos menée en 2013, les autres conducteurs se voient ainsi attribuer les qualificatifs de stressés, irresponsables, dangereux, agressifs, alors que les sondés se définissent eux-mêmes comme calmes et surtout vigilants. Cette autoanalyse perd pourtant tout fondement quand 36 % des automobilistes reconnaissent dans le même temps avoir été sur le point de s’endormir au volant ou s’être assoupis quelques secondes. Un conducteur sur trois confesse même que l’hypovigilance l’a fait empiéter sur la bande d’arrêt d’urgence ou sur le bas-côté de la route.

Que faire ?

Il existe toutefois des comportements à adopter pour lutter contre l’hypovigilance : une bonne nuit de sommeil avant le départ, un trajet préparé à l’avance, un repas léger et, surtout, aucune prise de drogue ni d’alcool. Il convient en outre de respecter la recommandation d’une pause toutes les deux heures de conduite, conseil qui reste valable la nuit, où le risque majeur d’assoupissement se situe entre 2 et 6 heures du matin. Le problème est que ces instructions sont assez peu respectées, surtout par les jeunes de moins de 35 ans. En persistant à négliger le sommeil et en optant pour un départ nocturne ou tôt le matin, les conducteurs augmentent les risques d’endormissement, a fortiori lorsqu’ils conduisent sur des autoroutes très rectilignes. De fait, dans la majeure partie des accidents liés à l’hypovigilance, un seul véhicule est impliqué.