Jura. Tourisme : l’année de tous les records

Exceptionnelle, formidable : tous les acteurs de la filière ont été sauvés par une affluence de français incroyable sur Champagnole Nozeroy Jura, à tel point que les infrastructures ont été un peu débordées. Retour sur cet été historique.

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Après les cascades du Hérisson, les gorges de la Langouette ont connu aussi leur heure de gloire. Crédit : OT Champagnole Nozeroy Jura.

Après l’avoir voué aux gémonies, le secteur du tourisme pourrait dire merci au Covid 19, tant l’été 2020 fût exceptionnel autant que dichotomique. Avec par exemple – 20% environ de fréquentation physique relevé à l’office du tourisme Champagnole Nozeroy Jura, tandis que ses supports déportés (internet, réseaux sociaux et téléphone) flambaient à + 40% environ de visiteurs. Exemple encore plus frappant aux cascades du Hérisson, rattachées (pour leur partie haute) au territoire de la comcom’ : à la maison des Cascades, on n’avait jamais vu autant de monde en juillet (en particulier durant le week-end du 14 juillet), à tel point qu’il y avait embouteillage –sans masque aucun- sur les sentiers d’accès aux cascades. Et à contrario, jamais la maison des Cascades n’aurait été aussi boudée (près de 50% de fréquentation en moins), de peur de franchir ses portes et d’être ‘confiné’. Des grands espaces, de la nature, voire de la fraicheur : voilà quels semblent avoir été les mots d’ordre des touristes cet été. Un sentiment corroboré par le camping on ne peut plus ‘nature’ situé au lac de Narlay, sur la commune du Frasnois : d’après son gérant, « à partir du 10 juillet, nous avons eu énormément de monde ». Une affluence d’autant plus difficile à contrôler que le camping avait réduit ses emplacements d’environ 15% pour respecter les gestes barrières dans les lieux communs (toilettes, lavabos…). Résultat : « beaucoup de camping sauvage, y compris dans des zones protégées, et même des petites fêtes » non moins sauvages autour des lacs.

Davantage de parkings et de toilettes ?

Entre ces tentes et les pique-niqueurs, les poubelles de tous les lieux touristiques ont d’ailleurs saturé, laissant à certains locaux comme l’impression d’une souillure. Les camping-cars, aussi mis en cause par leur nombre, étant quant à eux autonomes dans la gestion de leurs déchets. Gilbert Blondeau, conseiller départemental du canton de Saint-Laurent et ex-maire de Foncine-le-Haut, reconnait que sur son secteur « on a été un peu juste sur les infrastructures » de type parking et toilettes. Il mise donc par exemple sur l’installation de toilettes sèches et le démontage des poubelles, préférant inciter chacun à remporter ses déchets. Mais outre ses désagréments, rançons du succès, il préfère retenir que « les efforts menés depuis des décennies commencent à payer » et que ces ‘primo’-touristes pourraient bien revenir l’été prochain ou cet hiver. Ce qui réjouit les commerçants locaux, comme « L’Epicerie d’Ici » à Chaux des Crotenay : pour Sylvie et Lulu, les deux co-gérantes, cette année exceptionnelle (+ 20 à 30% de fréquentation), on la doit aux français qui ont compensé la moindre venue de Belges et d’Allemands. Bourgogne Franche-Comté, Hauts de France, région parisienne, Alsace, et même Rhône Alpes : autant de futurs clients dont on espère désormais le retour.