Tests Covid : ça se bouscule toujours…

Les laboratoires au bord de l’implosion ne peuvent supporter la stratégie de dépistage massif en vigueur. Ils demandent un cadre plus adapté pour agir.

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Le drive de dépistage Covid pris d'assaut voit défiler des douzaines de voitures chaque matin à Lons.

Ils veulent tous être testés : depuis la rentrée, des jurassiens, mais aussi des résidents limitrophes, fondent sur les laboratoires jurassiens afin d’effectuer le fameux test “PCR”. Une manière pour beaucoup “d’assurer” vis-à-vis de leur travail ou de leurs activités sociales, mais aussi une manière de se rassurer dans un contexte anxiogène entretenu par certains médias.
Conséquence : des embouteillages récurrents autour du Conseil départemental du Jura, qui hébergeait un drive sur un de ses parkings et une longue attente pour les automobilistes. A tel point que ce drive a migré au quartier des Mouillères, à la faveur du déménagement du laboratoire Médilys, survenu le 22 septembre.
Béatrice Veyrat, directrice générale de Médilys, qui regroupe 6 laboratoires à travers le département (Dole, Lons, Champagnole, Morez, Saint-Claude, Poligny), estime que la stratégie actuelle de dépistage massif n’est pas fondée :
« Certaines personnes viennent se faire dépister tous les 15 jours, d’autres parce qu’elles ont participé à une fête, ou car elles sont allées chez le coiffeur ».
Sans compter les voyageurs devant prendre l’avion (particulièrement pressés), les sportifs, etc… D’autres laboratoires ont fait leurs petits sondages dans les files d’attente : alors que 70% des personnes s’estiment prioritaires, seuls 30% environ le sont réellement…

Devant la mairie de Dole aussi, les files d’attentes s’allongent pour se faire tester…

 

Patience pour connaître les résultats…

Pire, le dépistage étant libre, certains le prennent comme un dû : « Nous demandons à notre patientèle de rester courtois et patients, car certains se montrent agressifs » confie Béatrice Veyrat, à la peine avec ses collègues Andrée Piedimonte et Sylvain Millet.
Difficile pour des biologistes qui travaillent de 6h du matin à 23 h d’être traités d’incapables, voire d’être insultés. « Il existe à la fois un risque de burn-out pour tous les laboratoires » assure-t-elle.
Sans compter des résultats plus longs à obtenir : 48 à 72 h en moyenne à Lons (bien loin des 1 ou 2 semaines connus ailleurs), alors que la CPAM demande un rendu en 24h maximum. Pourtant grâce à un robot de pointe reçu en avril sur dotation nationale, Médilys traite environ 2.500 tests par jour venus aussi de Besançon, Dijon, Beaune, etc.
Les tests salivaires et la priorisation souhaitée par le gouvernement ne règlent pas le fond du problème, le syndicat des biologistes demande que les patients prioritaires soient fléchés par un médecin, faute de quoi « la stratégie de dépistage massive ne sert à rien » conclut François Blanchecotte, président du syndicat des biologistes.
Reste aussi la question du coût pour la Sécurité sociale, un coût dernièrement estimé à 70 millions € par semaine, soit 270 millions € par mois environ…
A noter que le dépistage ne se réalise que sur rendez-vous dans les centres Médilys.

Dossier réalisé par Stéphane Hovaere.

Encore de la place dans les hôpitaux

Du côté du centre hospitalier de Lons-Le-Saunier, la situation semble plus favorable : « Des plages sont ouvertes tous les jours et nous en avons rajouté. En cas d’urgence, nous pouvons prendre des patients dans les 24 heures » annonce Luc Gilpain, chef de service du laboratoire. « Nous avons doublé le nombre de tests PCR, passant de 50 par jour mi-août à 100 » (chiffres au 31 août) précise t-il.
« Nos automates et nos techniciens tournent à plein régime, ce qui nous permet un rendu des résultats sous 14h en moyenne ».
L’hôpital est donc bien placé pour accueillir les postulants au dépistage, d’autant plus qu’une filière dédiée a été instaurée : « Les personnes ne doivent pas se présenter directement au laboratoire, mais prendre rendez-vous pour être dépistés devant l’accueil du bâtiment des urgences ». Ce qui évite ainsi aux potentiels porteurs Covid + et Covid – de se croiser dans l’hôpital.
La aussi, le dépistage s’opère uniquement sur rendez-vous.

L’affluence au ‘drive’ de  est telle que des bouchons se formaient régulièrement à proximité du Conseil départemental du Jura.