Spécial immobilier : les demandes explosent

La crise sanitaire a donné des envies aux locataires ou propriétaires urbains de trouver un logement plus grands, à la campagne, et bien à eux.

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Le télétravail, de plus en plus fréquent, a été l'une des raisons majeures qui ont poussé les Français à changer de cadre de vie.

Spécial immobilier : les demandes explosent

La crise sanitaire a donné des envies aux locataires ou propriétaires urbains de trouver un logement plus grands, à la campagne, et bien à eux.

C’est le constat effectué par les professionnels de l’immobilier, tout secteur confondu : un exode urbain a bien lieu. Fuyant la sensation d’étouffement des grandes villes, souhaitant renouer avec les espaces plus verts et pouvoir, en plus, profiter d’un extérieur, les nouveaux acquéreurs se sont multipliés à l’entrée des petites villes, voire même des villages. Les confinements successifs ont poussé de nombreuses personnes à troquer leurs logements souvent petits contre un appartement plus grand voire une maison.

« Nous avons une demande très forte en maison en ce moment, souligne Jérôme Gavoille, de l’agence Plazza Immobilier de Dole. Les acquéreurs actuels recherchent un espace de vie chaleureux, avec de préférence une terrasse ou un bout de jardin. » « Nombreux sont nos concitoyens qui souhaitent changer de lieu de vie et de façon de vivre », a relevé le président de la FNSafer*, Emmanuel Hyest. Des façons de vivre qui évoluent, notamment avec la propagation du télétravail. De nombreux employés travaillent désormais depuis leur domicile et ont besoin d’un espace dédié. Alors que certains apportent une extension à leur maison ou aménagent des combles, d’autres préfèrent allier l’utile à l’agréable en trouvant un logement mieux adapté.

Résultat : les ventes explosent. « Un nombre record de transactions (111 930) a été atteint en 2020, en hausse de 6,6 % sur un an, a rapporté la FNSafer lors de la présentation de son rapport annuel des marchés fonciers ruraux. Montant total : 23,5 milliards d’euros (+12,1 %). Un marché qui se porte donc bien, partout en France.

Jusqu’à présent, les Français investissaient naturellement dans la pierre, gage d’une sécurité financière certaine. Mais aujourd’hui, outre l’aspect « épargne solide » que confère l’immobilier, les achats du moment sont plutôt mus par la volonté d’un cadre de vie meilleur, signe d’une évolution certaine.

« Le marché immobilier a toujours été fluctuant, souligne Maud Pilette de l’agence doloise Pilette Immobilier. Mais actuellement, il connaît un énorme dynamisme qui ne peut toutefois se réduire au simple achat de maison. Les appartements en zone rurale et péri-urbaine ont également le vent en poupe ! On assiste à une arrivée importante de personnes vivant dans des grandes villes, à la recherche de calme, de mètres carrés…bref, d’un nouveau départ ! »

Ce marché dynamique s’accompagne bien naturellement d’une augmentation des prix du marché qui, cependant, décélère au premier trimestre 2021. +5% pour les appartements, contre 6.4% au dernier trimestre 2020. Quant aux prix des maisons, leur inflation reste stable avec une hausse de 6.6% sur un an, contre 6.5% au dernier trimestre 2020**.

Cette situation de mutation est largement facilitée par les taux d’intérêt toujours exceptionnellement bas. Le taux d’intérêt moyen des crédits nouveaux à l’habitat ont atteint un point encore plus bas, en avril 2021 avec 1.15% (contre 1.18% en mars de la même année). Aucun indicateur n’annonce de remontée brutale mais il n’est pas à exclure une légère remontée des taux d’intérêt, ce qui, toutefois, ne devrait pas freiner les acquéreurs, conscients du côté exceptionnel de tels taux.

Toutefois, Sébastien Aujard, gérant de La Centrale de Financement basée à Lons-le-Saunier, avertit : « Effectivement, les taux d’emprunt sont historiquement bas mais en revanche, les conditions d’obtention sont ultra draconiennes en ce moment. Les banques ont pour consignes strictes de resserrer toutes leurs normes, ce qui complique grandement l’accession à un emprunt. Ce n’est pas impossible mais cela relèverait presque du parcours du combattant. » Il vient également nuancer les propos optimistes des agences immobilières : « Il y a effectivement une forte demande, notamment en termes de maison, mais le peu de biens de ce type à la vente est vendu très rapidement. Oui, le marché est donc ultra dynamique mais les demandes se font de plus en plus nombreuses et les maisons de plus en plus rares. Du fait de la complexité d’obtention des prêts, les propriétaires choisissent finalement de rester chez eux et de renégocier leur prêt en cours afin de bénéficier des taux actuels. Cette renégociation leur permet bien souvent d’y intégrer le montant de leurs travaux d’agrandissement par exemple, ou de confort, sans pour autant modifier leur remboursement. »

L’immobilier connaît donc une importante mutation, sur fond d’exode urbain. Une tendance déjà annoncée il y a plus de 20 ans et qui s’est accélérée avec la crise. Le retour au vert, aux sources, au calme est de plus en plus présent dans la tête des ultra-urbains qui, pour la plupart, cherchent à renouer avec une vie plus sereine.

*Fédération Nationale des Safers

** Source : Notaires de France

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