Il y a 130 ans dans le Jura… d’un vol à un drame

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Semaine du 07 au 13 septembre

Le 13 septembre 1890, les lecteurs du Petit Comtois pouvaient découvrir, sûrement avec stupéfaction, le déroulement d’un réel drame dans le village de Souvans – non loin de Mont-sous-Vaudrey et de Dole.

Quelques jours avant ladite publication, un vol d’une centaine de francs* fut commis envers un propriétaire de Souvans. Soupçonnant un membre d’une famille de cette localité, les gendarmes se rendirent à son domicile, lieu dans lequel il vivait avec sa famille.

Le père de famille étant absent, ainsi que le fils aîné, ce fut la mère de famille qui répondit aux gendarmes. Fait aussi inexplicable que surprenant, après leur départ, « elle précipita deux de ses enfants dans une mare profonde » – avant de s’y jeter avec sa fille âgée de deux ans.

Les deux premiers enfants ayant subi cet excès de colère purent s’extraire de l’eau. Mais malgré l’arrivée des secours, le souffle de la vie de la mère de famille et de sa petite fille s’échappa. Une femme qui, comme dernier acte, commit un infanticide. Quant aux survivants, ils s’en tirèrent assurément pour un profond traumatisme. Un souvenir impansable. Un drame qui démontre que ces actes existaient déjà à la fin du XIXe siècle…

*Puisqu’il y a eu depuis de nombreuses fluctuations monétaires (inflations…), il est complexe de proposer un comparatif. Toutefois, vers 1890, un aiguilleur des chemins de fer, qui travaillait entre quinze et seize heures par jour, gagnait neuf cents à mille francs par an. Une centaine de francs représente donc, par exemple, plus d’un mois de travail d’un aiguilleur des chemins de fer (et lui, n’était pas à 35 h/semaine).

Le Petit Comtois, 13 septembre 1890, n°2592, p. 3.