SMUR 2 : un suicide budgétaire pour l’hôpital ?

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Yves Duffait (au centre) était monté à Paris en vélo pour plaider la cause du SMUR au Ministère.

Après le suicide collectif mis dernièrement en scène par les urgentistes du centre hospitalier Jura sud (Lons-le-Saunier), le directeur de ce dernier « a pris la décision d’organiser la suppression de la 2 ligne de Smur » a rappelé Eric Loupiac, délégué syndical AMUF (association des médecins urgentistes de France). Selon Yves Duffait, responsable du SMUR de Lons, la fermeture du 2 équipage constituerait aussi une sorte de suicide budgétaire pour la communauté territoriale hospitalière (CHT) Jura sud. La suppression de la ligne de SMUR (qui sauve 40 vies par an) serait motivée par une économie de 500.000 à 1 million € par selon l’intersyndicale AMUF-CGT. Mais 14 médecins urgentistes sur 17 ont menacé de démissionner si jamais l’épée de Damoclès qui pèse sur leurs épaules tombe.

“Des mercenaires qui profitent d’un système en tension”

Selon Rachid Hiebous, secrétaire départemental CGT, il faudra alors nécessairement recourir à des médecins intérimaires pour assurer le maintien d’un service d’urgences, et de la ligne de SMUR restante sur le Jura-sud. Des médecins rémunérés au bas mot « 1.100 à 1.200€ par garde de 24h » selon Yves Duffait.
« Mais cela coûte quasiment le double à l’hôpital quand il faut payer les charges, l’agence d’intérim, etc… » ajoute-t-il.
Agnès Buzyn –Ministre de la santé- elle-même avait dénoncé ces « mercenaires qui profitent d’un système en tension”, mais les démissions consécutives à la fermeture du 2e équipage de SMUR feraient justement leur lit. La facture pourrait bien être astronomique pour l’hôpital qui sort d’une mise sous tutelle (en raison d’un déficit de 10 millions € en 2018) : près de 18 à 19.000 € par mois et par intérimaire.
Selon Yves Duffait, le recours a seulement 5 intérimaires sur un an coûterait à l’hôpital la bagatelle d’un million d’euros.
Plus que l’économie escomptée pour la fermeture du 2e équipage du SMUR Jura sud…

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