Ski : tous en piste à Foncine, Mignovillard et Cerniebaud

L'or blanc fait vivre la station familiale, mais le spectre du réchauffement climatique pèse, en raison de son altitude et de la topographie des terrains. Alors que certaines études prédisent la fin des stations de moyenne altitude à l'horizon 2030, la saison hivernale se prépare...

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Le fil neige fait vivre Foncine, qui double sa population en hiver.

N’en déplaise à son nom, Foncine le Haut s’avère être une des stations les plus basses du Jura (870-1000 mètres d’altitude), mais aussi la plus proche de la plaine et de grandes villes (Dole, Dijon, etc.).

De quoi nourrir une légitime inquiétude envers le spectre du réchauffement climatique qui plane sur les stations de moyenne montagne. Un problème doublé par la topographie des terrains (privés) où évoluent les skieurs alpins :

« Les sources qui y coulent font fondre la neige, nous avons mis en place un drainage mais ça ne suffit pas toujours en cas de fortes précipitations » explique Jean-Charles Jacquet, conseiller municipal à Foncine-le-Haut en charge du ski nordique et alpin.

Ceci étant dit, la station a bien préparé l’arrivée des touristes, car « il y a d’énormes retombées pour l’ESF (qui emploie au moins 12 personnes), les locations de ski, les commerces, et les villages alentours ».

Cette seule station passe ainsi de 1000 à environ 2000 âmes durant les vacances scolaires, grâce en particulier au « fil neige qui fait vivre toute le village ».

Ce stade de neige dédié à l’apprentissage du ski alpin aménagé avec des tunnels, des tremplins et autres modules ludiques fait en effet un « carton » auprès des 3-8 ans. Ses deux pistes vertes sont complétées par un téléski desservant 2 pistes rouges et une piste bleue. De quoi ravir une clientèle familiale qui peut aussi s’adonner au ski de fond. « Une douzaine de pistes pour une longueur totale d’environ 85 km les attendent » complète Jean-Charles Jacquet, par ailleurs moniteur de ski à l’ESF (école du ski français).

Des tarifs doux, un atout pour les familles

Une nouvelle piste rouge de 9 km a été créée (« Le cerf») en 2019, offrant un beau point de vue sur la vallée du Grandvaux, et le site « Chez Valentin » a retrouvé son image attractive grâce à la neige ramenée des champs alentours.

« Les gens font parfois demi-tour quand ils ne voient pas de neige au départ des pistes, alors qu’il y en a dans la forêt, 100 mètres plus loin » explique Jean-Charles Jacquet. Foncine constitue pourtant l’endroit idéal pour commencer le ski de fond : une zone ludique, au départ des pistes permet aux néophytes de s’initier grâce à des panneaux explicatifs (adopter la bonne position, faire le canard, etc.) sans bourse délier (zone libre d’accès sans forfait). Foncine constitue d’ailleurs une destination économique où de manière générale on « ne se fait pas assommer ».

Les écoliers en profitent d’ailleurs aussi à moindre frais : 15 à 20 classes (de primaire et collège) découvrent chaque année les champs de neige grâce à une information diffusée auprès des écoles jurassiennes. Pour environ 20 €, chaque enfant se voit offrir le bus, la location de ski, 2 heures de cours, ainsi qu’un bol de soupe. La commune réfléchit aussi  à des propositions alternatives selon Jean-Charles Jacquet en cas de manque de neige : randonnées en raquette, trottinettes à grandes roues, etc.

Le tir à la carabine (dans l’esprit du biathlon) fonctionne déjà bien grâce à des cibles situées à 10 mètres.

Stéphane Hovaere

La raquette se développe aussi, en cas de manque de neige.

La domaine de la haute-Joux

Le chalet de la Bourre, petite station perdue dans les bois près de Mignovillard, est quant à lui un peu plus élevé (1080 m) et compte 8 pistes de 2 à 18 km. Il constitue une des portes d’entrée du vaste domaine de la Haute-Joux, les autres étant situées à Cerniebaud (chalet de la Haute-Joux), à Vaux et Chantegrue (Doubs) et à Arsure- Arsurette (site trappeur, accessible sans forfait).

Les forfaits journée restent modiques (moins de 10 €/jour) explique Jean-Luc Gonin, directeur de l’office du tourisme Jura Monts Rivières. Pour adoucir les effets du réchauffement climatique, il ajoute que depuis 2019 « des conventions ont été signées avec certains agriculteurs et certaines communes » pour créer à l’aide de leurs engins des tas de neige dans des endroits moins exposés, et ensuite transporter cette neige dans les endroits où elle manquerait.

Des « coups de pouce » qui existaient déjà, mais qui sont désormais mieux définis. Un nouveau canon à neige est aussi envisagé aux départs des pistes du Chalet de la haute-Joux (Cerniebaud) pour desservir aussi le fil neige (snowtubing et stade de ski ludique). Mais le mieux serait que l’or blanc tombe vraiment en abondance.

Les canons à neige de Foncine-le-Haut en action.

Ski alpin : sauvé par l’or blanc artificiel

« On a installé cinq enneigeurs pour garantir de la neige sur les pistes de ski alpin. S’il n’y a que 10 cm dans les champs, on peut avoir 50 cm de neige de culture sur celles-ci » : pour Vincent Monnier, responsable de l’enneigement, du damage et des remontées mécaniques à Foncine-le-Haut, la station a de quoi voir venir. On peut produire beaucoup pendant les coups de froid (à partir de -7/ -8°C la nuit), là où le rendement et la qualité de la neige de culture sont les meilleurs. La neige crachée sur les pistes (dès -2 ou -3 °C) est en général étendue dès que les skieurs quittent celles-ci, pour qu’elle fonde moins vite.