Sirod : malaise à l’école, le directeur remplacé

Après une journée « école morte », des parents d’élèves réclament le départ du directeur, accusé de faire chuter les effectifs.

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Les parents étaient excédés face à l'absence de décision de l'Education Nationale. Seuls 6 élèves sur 48 ont été scolarisés durant la journée "école morte". Ils ont finalement été entendus.

« Seuls 34 élèves resteront inscrits à l’école de Sirod à la rentrée, peut-être moins » : pour Julie Evard, présidente de l’association des parents d’élèves (APE) de l’école de Sirod, il y a le feu au lac.
« Sur les 75 élèves qui vivent dans le val de Sirod, seuls 48 étaient inscrits durant l’année scolaire qui s’achève » poursuit-elle : une véritable hémorragie qui pourrait atteindre donc plus de 50% de défections en septembre.
Raison principale nommée par l’APE : le directeur de cette école primaire de trois classes (de la petite section au CM2), à qui il est reproché de nombreuses fautes professionnelles. De nombreux parents d’élèves ont livré leur témoignage, sous couvert de l’anonymat pour éviter selon eux des représailles : « Un élève de maternelle a été oublié au piquet durant 30 minutes il y a environ 2 semaines, cet enfant prend désormais des cachets pour dormir et voit un psychologue » confie ainsi une maman.
Selon les parents d’élèves, « trente plaintes ont déjà été adressées aux services de l’éducation nationale, ainsi qu’une plainte en gendarmerie pour humiliations et maltraitance verbale par une personne dépositaire de l’autorité ». Le quotidien dépeint dans les trois classes (maternelle petite et grande section et CP) où enseigne le directeur fait peur à certains parents d’élèves. Ils dépeignent « une absence de pédagogie et de cadre, des enfants livrés à eux-mêmes », assortis d’emportements ou de remarques blessantes.
Non seulement « nos enfants n’apprennent rien » témoigne une autre maman, mais en plus ils deviennent phobiques scolaires : « J’ai mal à la tête, le maitre est méchant, je ne veux pas aller à l’école » racontent des enfants.

Le groupe scolaire flambant neuf en danger

Une ancienne Atsem –témoignant elle aussi anonymement- a pu observer en classe des faits troublants : « Le directeur semble dépourvu de bienveillance : il a même des « têtes de turcs » qu’il enfonce au lieu de les aider. Cela confine à du harcèlement moral, qui ne laisse pas de traces mais qui peut faire mal. Il y a 4 ou 5 ans déjà, des pétitions ont été adressés aux services de l’Éducation nationale, mais elles semblent avoir disparues des archives » dénonce t-elle.
D’après elle, « plusieurs Atsem sont parties, afin de ne plus travailler dans ses conditions ». Le directeur, âgé de 65 ans devait partir à la retraite, mais selon Julie Evard, « il a annoncé sa volonté de poursuivre jusqu’à 67 ans », comme la loi le lui permet. Ce qui a mis de l’huile sur le feu, d’autant plus qu’une classe disparaîtra à la rentrée faute d’élèves.
Et peut-être même ce petit groupe scolaire (deux classes seulement à la rentrée), ce qui signerait l’arrêt de mort de Sirod et des villages environnants » : une école qui disparait, c’est un village qui se meurt » résume une maman. Des villages qui ont beaucoup investis pour que le groupe scolaire survive, avec la construction d’un bâtiment flambant neuf à 900.000 € l’an dernier…

Le directeur remplacé en dernière minute

Les autorités académiques ont assuré que l’ « affaire n’est pas mise sous le tapis, elle est traitée depuis des mois et des mois ». Selon elles (qui ont reçu les différents protagonistes), « les parents ont aussi été reçus plusieurs fois par l’inspecteur de circonscription ». Elles précisent : « Il y a un contentieux…/…sur l’aspect métier que nous sommes en train de traiter ». Concernant le directeur, « qui a été inspecté…/…s’il est en classe, c’est que nous estimons pour l’instant qu’il peut l’être. Ses états de service auparavant sont honorables. Il connaît des difficultés actuellement et nous sommes en train de l’aider ».
Les autorités académiques évoquaient le recueil de témoignages « de manière méthodique pour une analyse fine » de la situation. Ceci afin d’écarter une sorte de cabale contre un enseignant en poste depuis une vingtaine d’années à Sirod. Sollicité par notre rédaction, le directeur de l’école n’a pas répondu à notre proposition d’interview.
Une chose est sûre : le malheur des uns faisant le bonheur des autres, les écoliers du Val de Sirod gonflent les effectifs des écoles privées du secteur (Jeanne d’Arc à Champagnole et Neige et Sapins à Nozeroy).

En dernière minute, l’APE a informé notre rédaction que « le directeur n’exerce plus à l’école, un nouvel enseignant a été nommé dès le lundi 28 juin ».