“Si vous l’avez, c’est qu’un camion vous l’a apporté”

Le transport routier est un poids lourd de l’économie et de la vie quotidienne, surtout dans les secteurs les plus ruraux comme le nôtre. Détails.

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99% des besoins quotidiens des ménages et des entreprises sont transportés par camion

Selon les chiffres fournis par Marie Breton, déléguée régionale de la fédération des transporteurs de Franche-Comté, l’activité du transport routier regroupe 630 entreprises employant 11 122 salariés sur les quatre départements comtois. Dans l’ensemble Bourgogne Franche-Comté, 54% des entreprises sont des TPE (employant moins de 10 salariés), 37% des PME de moins de 50 salariés et seulement 8% de plus de 50 salariés.
Il s’agit d’entreprises familiales fortement ancrées dans leur territoire, pourvoyeuses d’emplois qualifiés et plutôt bien rémunérés. Elles sont aussi 4,5 fois plus taxées que celles des autres secteurs économiques…

Sans transport routier, pas d’économie circulaire

Le nouveau modèle économique prôné par la sphère écologiste est pertinent sur le papier. Passer d’une société du tout jetable, de l’obsolescence programmée à un modèle plus circulaire utilisant le recyclage et les déchets comme une nouvelle ressource, ne peut s’imaginer sans camions… et camions de proximité !
“Même les camions poubelles sont des camions” ironise Marie Breton. Plus concrètement, le rayon d’action moyen d’un camion français est de 190 kms.
“Nous sommes bien loin de l’image d’Epinal des poids lourds qui traversent dangereusement les villages français sans s’arrêter” confirme-t-elle.
“La réalité est plus simple : un transporteur bisontin va effectuer son activité de Strasbourg à Lyon ou à Chalon s/Saône”.
99% des besoins quotidiens des ménages et des entreprises sont transportés par camion, c’est un fait.
“Et quand bien même le fret ferroviaire se développerait, le camion restera le seul moyen de transport utile pour les trajets régionaux” ajoute la déléguée régionale des transporteurs. En effet, on imagine difficilement un train ou un vélo-cargo approvisionnant une supérette à Annoire, Aromas ou Foncine-le-Haut…

Les camions sont-ils coupables de la pollution atmosphérique ?

A en croire un rapport publié par l’ADEME, les émissions de gaz à effet de serre (GES) proviennent d’abord des transports et à 95% au transport par route (Etude CITEPA 2016). Bien entendu, l’ADEME oublie de préciser qu’il s’agit de l’ensemble des activités de transport, véhicules particuliers compris ou encore les vieilles locomotives diesel de la SNCF…  Les chiffres sont têtus : l’Union Européenne a mis en place en 1990 la norme Euro (Euro 0 à Euro VI) pour les véhicules de plus de 3,5 tonnes. Le but était de limiter les émissions de polluants et contraindre les constructeurs à mettre sur le marché des véhicules moins polluants. L’objectif a été largement dépassé. La norme Euro VI obligatoire depuis le 1er janvier 2014 a réduit considérablement les émissions polluantes. A titre d’exemple, les émissions de CO² sont passées de 11,2 g/kWh en 1990 à 1,5 g/kWh depuis 2014. Les particules fines, de 0.36 g/kWh avec la norme Euro I, sont descendues à 0.01 g/kWh. “Un camion Euro VI (la norme actuelle) pollue bien moins qu’une Clio de 2015” souligne Marie Breton.
Comme quoi, les transporteurs et les constructeurs de camions faisaient de l’écologie bien avant les écologistes.

Les poids lourds sont-ils responsables des accidents routiers ?

“C’est la faute aux poids lourds” entend-on régulièrement dès qu’un camion est impliqué dans un accident de la route. Qu’en est-il exactement ?
Selon une enquête publiée en 2016, les conducteurs de poids lourds n’ont été présumés coupables que dans 28% des accidents mortels les impliquant. Et ils ne sont impliqués que dans 11% du total des accidents mortels en France.
Il convient de souligner également que la part des poids lourds dans la circulation totale a tendance à diminuer alors que celle des voitures augmente ; les camions ne représentent que 3% de l’ensemble de la circulation routière en France selon la FNTR. Une conséquence d’une gestion très fine des flux de camions par les entreprises et d’un taux de chargement plus important. Il reste que les accidents impliquant un poids lourd sont plus spectaculaires. Selon Marie Breton “Les conducteurs de poids lourds français sont des professionnels très qualifiés, le camion est leur outil de travail et aucun métier n’est autant contrôlé sur la sécurité”.

 

Le camion reste le seul moyen de transport utile pour les trajets régionaux.