Sécurité routière, un nouveau tour de vis

La sécurité routière reprend ses droits. Alors que les déplacements sans entrave sont de nouveau autorisés, de nouvelles mesures visant à durcir la lutte contre l'alcool et l'utilisation du téléphone au volant sont entrées en vigueur en mai 2020.

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Depuis le 22 mai 2020, commettre une infraction alors qu'on utilise son téléphone entraîne une suspension du permis de conduire qui peut aller jusqu'à 6 mois.

Le téléphone au volant est devenu, avec l’alcool, l’ennemi public numéro 1 des autorités. Il faut dire que ce comportement à risque est impliqué dans 10 % des accidents de la route.
Pire, selon une étude de la Sécurité routière, près d’un jeune sur deux consulterait son smartphone en conduisant, non seulement pour répondre à un appel, mais aussi pour envoyer des SMS, consulter ses mails ou regarder des vidéos. Résultat, la mortalité des 18-24 ans s’élève à 17 % des décès alors qu’ils ne représentent que 8 % des automobilistes. Cette pratique ne concerne d’ailleurs pas uniquement les plus jeunes : elle multiplie par 23 le risque d’accident. Quitter les yeux de la route 5 secondes à 50 km/h, c’est perdre 70 mètres.
Chaque année, les autorités dressent 400 000 contraventions pour utilisation du téléphone en conduisant. Depuis le 22 mai 2020, le dispositif légal change. Désormais, si une infraction est commise alors que le conducteur utilise son smartphone, le permis de conduire de celui-ci pourra être retiré pour une durée de 6 mois. Les infractions routières concernées par cette sanction sont le non-respect des règles de conduite (obligation de circuler à droite de la chaussée, utilisation du clignotant, etc.), des distances de sécurité ou des passages piétons, le franchissement des lignes continues ou délimitant les bandes d’arrêt d’urgence, brûler un feu ou un stop, griller une priorité, dépasser de manière dangereuse ou encore les excès de vitesse.

L’alcool plus que jamais sous surveillance

Les nouvelles mesures entrées en vigueur au printemps prévoient également l’allongement de six mois à un an la durée maximale d’obligation de conduire un véhicule muni d’un éthylotest antidémarrage (EAD). Dans certains cas en effet, le juge peut ne pas prononcer la suspension du permis de conduire. En contrepartie, l’automobiliste incriminé ne sera autorisé à prendre la route qu’au volant d’une voiture ainsi équipée. De ce fait, l’allongement de la peine maximale élargit l’éventail de dispositions visant à lutter contre l’alcool au volant.
Mais bonne nouvelle : l’obligation générale de posséder un éthylotest dans son véhicule est levée ! Cette décision met fin à un long imbroglio. Depuis juillet 2012, il était en effet obligatoire de transporter un test d’alcoolémie, à l’image du gilet jaune ou du triangle de signalisation, sous peine de recevoir une amende de 11 €. En mars 2013, la contravention fut supprimée : la détention d’un test était toujours obligatoire, mais aucune sanction n’était encourue. Les dernières mesures viennent de lever l’obligation, tout en renforçant la présence des éthylotests dans les établissements de nuit.

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L’accès à la conduite supervisée, à ne pas confondre avec la conduite accompagnée, est facilité. Il s’agit d’un dispositif destiné aux plus de 18 ans qui permet, avec l’accord de son assureur, de prendre la route sous la surveillance d’un tiers, même si l’on n’a pas encore obtenu son permis de conduire. Enfin, la salve de mesures entend également protéger davantage les inspecteurs du permis. En cas de dépôt de plainte pour agression physique ou verbale envers un examinateur, le candidat peut se voir interdire de se présenter à l’examen par le préfet du département.