Se déplacer, une nécessité pour l’insertion des jeunes résidant en zone rurale fragile

0
542

Les zones rurales fragiles occupent près de la moitié de la surface de la Bourgogne-Franche-Comté. Ces territoires, où la population âgée est plus importante, cumulent les difficultés socio-économiques. La précarité y est plus élevée qu’ailleurs dans la région et touche particulièrement les moins de 30 ans. Ils sont 171 000 à y vivre, soit près de 20 % des jeunes de la région. Leur capacité à se déplacer pour rejoindre un établissement scolaire ou un lieu de travail est déterminante pour leur insertion.
Dès le collège et plus encore au lycée, les élèves font souvent de longs trajets. Une fois sortis du système scolaire, la mobilité, notamment vers les grandes villes, favorise également l’insertion professionnelle de ces jeunes. Ils habitent en effet dans des territoires où l’emploi est peu diversifié, souvent peu implanté ou en diminution. Lorsque ces situations se cumulent ou sont accentuées par l’enclavement, pouvoir se déplacer devient encore plus essentiel.
Les jeunes qui vivent au plus près des grands pôles d’emploi sont parmi les moins précaires. À l’inverse, ceux qui résident en deuxième couronne ou dans des espaces plus isolés sont nettement plus fragiles. Néanmoins, la distance n’est pas toujours aussi discriminante. Les moins de 30 ans qui habitent dans des territoires où l’économie est plus tertiarisée ou au sein de réseaux de petites villes, sont mieux insérés.

L’éloignement d’un grand pôle ne constitue pas systématiquement un frein à l’insertion

Même loin des grandes agglomérations, un réseau de petits pôles ruraux ou un emploi plus tertiarisé favorise l’insertion.
Malgré tout, l’éloignement d’un grand pôle ne constitue pas systématiquement un frein à l’insertion. C’est le cas dans les territoires qui offrent des emplois un peu plus nombreux et plus diversifiés. Par exemple, à Avallon, Clerval ou Saulieu, où l’emploi est plus tertiarisé, orienté dans des secteurs d’activité habituellement peu présents dans les zones rurales tels que le commerce, la gestion ou l’hôtellerie-restauration.
Mais c’est aussi le cas lorsque la proximité de plusieurs petits pôles, bien pourvus en emplois et reliés les uns aux autres, facilite les échanges d’actifs. C’est le cas dans le sud de la Saône-et-Loire, entre Étang-sur-Arroux et Marcigny en passant par Luzy, Bourbon- Lancy, Gueugnon et Paray-le-Monial.
Ils ont un appareil productif parfois très spécialisé mais complémentaire : l’industrie à Gueugnon et Bourbon-Lancy, l’agriculture à Étang-sur-Arroux, la santé et l’action sociale à Paray-le-Monial.
Dès lors, la distance à une grande ville est moins pénalisante. Les jeunes sont plutôt mieux insérés, parfois même mieux que les jeunes qui habitent en dehors des zones rurales fragiles