Saint-Vit : les espaces verts se (re)mettent au vert…

Suite à la canicule, les espaces verts ont souffert cet été. Comment s’est organisée la commune pour sauvegarder, voire embellir les massifs et les créations des jardiniers de la ville ? Rencontre avec Bernard Lamoise, responsable en charge des plantations.

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La FontaineRN 57 face à la grotte

« Nous arrosions dès 5 heures jusqu’à 8 heures le matin ; je vous rassure, compte tenu des restrictions, nous disposons d’un stock important d’eau de récupération : un puits situé au stade Michel Vautrot puis deux cuves d’une contenance chacune de l’ordre de 200 m3. Mais même avec l’eau de récupération, nous devions respecter les horaires des arrêtés préfectoraux…  Dans l’ensemble nous avons donc pu faire face et conserver et optimaliser nos principales plantations ».

D’autres procédés sont adoptés par Bernard Lamoise, comme les couvre-sol dont notamment le paillage au Miscanthus qui freine la pousse des mauvaises herbes de façon naturelle, empêche le dessèchement du sol pendant les périodes arides et chaudes et stimule la vie microbienne du sol :
« Nous l’utilisons beaucoup avec également le chanvre car nous arrivons grâce à cette technique à limiter l’arrosage de l’ordre de 50% ! De plus ces paillages renforcent l’aspect esthétique de nos plantations avec des couleurs crème, blanc, gris… » 

Un professionnel passionné !

« Je prends beaucoup à cœur de voir et d’étudier ce que font les collègues d’où qu’ils soient ; ils me donnent des idées, je le leur en donne également. Nous discutons massifs, plantations avec leurs qualités, leurs défauts, les couleurs et les dispositions… Nous avons obtenu le label 3 fleurs de «  Villes et Villages Fleuris » en 2016 ce qui a fait notre fierté du travail bien fait »
Une motivation supplémentaire pour ce professionnel passionné qui n’hésite pas à innover, à inventer et à construire : “Pour moi il est fortement question également de l’implication des citoyens dans l’action municipale, et les retombées positives de nos concitoyens, des visiteurs et des gens de passage, des touristes sont aussi une motivation supplémentaire… ” indique-t-il.

Proche de l’environnement

Bernard Lamoise se veut proche de l’environnement qu’il veut impacter le moins possible : «S’il nous reste trop de bulbes par exemple, nous les redistribuons aux collègues des environs ; toutes les plantations sont commandées localement et dans un rayon kilométrique restreint. Je pars au contact des environs pour procéder à la récupération d’éléments qui serviront nos créations ; comme de l’ardoise, des galets, du bois et des souches…
Par exemple le Grand Panier vers la voie ferrée a été créé avec des sarments de vigne récupérés chez Xavier Guillaume de Charcenne ! Ils sont vignerons et planteurs de vignes ! C’est moins cher et plus écologique. Nous faisons de même pour les sentiers, nous utilisons nos copeaux de taille pour les couvrir ».
De plus, ce passionné se fait artiste grâce à ses découvertes comme lors d’un voyage en Crête où il a repris l’idée des colonnes, puis à Madeire dont il est revenu avec l’idée de peindre un bouleau et d’utiliser des couleurs blanches, grises ou bleues…

Gestion différenciée

« Aujourd’hui, nous nous dirigeons de plus en plus vers la gestion différenciée et les plantes tinctoriales qui permettent un jeu de couleurs très visuel. Ainsi, nous tendons à diminuer les plants annuels au profit des pérennes, ici aussi c’est écologique et cela fait partie de la gestion de l’environnement: moins de changements et de déplacements, moins d’achats et moins d’apports d’eau ! ».
Ce ne sont pas moins de huit personnes qui œuvrent sous la houlette de ce féru de botanique et il faut signaler le chemin parcouru par la ville tout en évoquant les évolutions parfois spectaculaires d’aménagements floraux et paysagers des communes labellisées dont fait partie Saint-Vit avec ses « Trois Fleurs ».

Rond-point du centre – Jardin mérovingien , plantes anciennes;
Le chalet – Bois ancien de récupération