Rubrique En Vrac

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Dom Juan au théâtre

On sait ce que vous vous dites. Quoi ? Un « Dom Juan », encore ? Le théâtre français manque-t-il donc à ce point de nouvelles plumes pour qu’on soit obligé de se coltiner une énième version de cette œuvre surreprésentée ? Vous avez raison. Mais vous avez tort, parce que Laurent Brethome (Riquet, Les Fourberies de Scapin), qui met en scène cette version-là, vous réserve quelques divines (ou diaboliques, c’est kif-kif chez l’indécrottable libertin) surprises…

Ça commence avec Sganarelle qui se fait houspiller par le pompier de service à cause de la cigarette qu’il fume impudemment sur le plateau. Puis ça se prolonge dans une ambiance de boîte de nuit à 4 heures du mat’ où Dom Juan et son valet tabagique noient leur insatisfaction dans la musique techno et les verres de Mojito avant d’échouer dans un lieu de fortune, fait de bric et de broc, loin de la forêt dense où, chez Molière, gisait le tombeau du Commandeur. Et ça se termine dans la tanière de Dom Juan, qui ne vit plus dans un somptueux château mais dans un petit deux pièces meublé par Ikea où traînent des cadavres de bouteilles, des revues politiques et où sont punaisées au mur quelques images révolutionnaires…

Si Laurent Brethome a choisi d’inscrire aussi ostensiblement son personnage d’insoumis dans des espaces urbains et périurbains, c’est pour purger la pièce de ses références à la paysannerie, aux superstitions ou à la médecine (trop datées) et se concentrer sur la crédulité des faibles et leur manipulation par les puissants ou les rapports entre dominants et dominés (terriblement actuels). Politique, donc, ce Dom Juan ? Assurément. Il ne serait d’ailleurs pas étonnant d’y voir la petite Charlotte affublée d’un gilet jaune…

Le mardi 19 et le mercredi 20 novembre, à 20 h 30, au théâtre de Lons-le-Saunier. Durée estimée : 1 h 40. Dès 13 ans. Tarif plein : 21 euros. Plus d’informations au 03 84 86 03 03.