Rubrique En Vrac

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Le musée a invité Mathilde Denize à investir son troisième étage dans le cadre de « Haute Peinture ». Crédit photo : E. Fichou.

Mathilde Denize de retour au musée

Après avoir présenté deux de ses peintures en volume dans l’exposition « Peindre, dit-elle » en 2017, le musée de Dole a invité Mathilde Denize à investir son troisième étage dans le cadre de « Haute Peinture » jusqu’au 23 juin.

Obsédée par la matière naturelle comme par sa réutilisation, « Haute Peinture » est pensée comme un aller-retour perpétuel, en continuité avec les procédés instaurés au fil du parcours artistique de Mathilde Denize. L’artiste s’est toujours beaucoup interrogée sur la question de la représentation de la figure en peinture. Après de multiples essais, une fois la toile suppose terminée, elle n’avait qu’une idée en tête : faire disparaitre le sujet qu’elle avait tenté de représenter.

Quelques années plus tard, après la redécouverte de ces toiles « inachevées », Mathilde Denize décide d’intervenir physiquement dans la toile. Elle découpe des silhouettes, les rend vivantes, les fait « sortir du mur ». Ces dernières deviennent des corps en trois dimensions, tels des bas-reliefs : la peinture devient sculpture. Les unes à côté des autres, elles deviennent des figures mouvantes, sans réelle possibilité de mouvement si ce n’est de représenter le vide des corps qu’elles incarnent.

Décider aujourd’hui de faire porter ces peintures-sculptures, c’est venir incarner et faire vivre ces figures fantômes, ces figures absentes. C’est venir jouer sans cesse avec le fragment, la figure éclatée, l’incarnation. Le rapport à la figure devient une suite de questions et les réponses sont diverses. D’autres matières, d’autres pratiques interviennent dans le travail de l’artiste. De ces différentes approches naissent des objets, des autels, des installations : une autre manière de questionner le sacré, la représentation de l’objet dans un espace d’exposition.

Au-delà de la représentation de la figure, l’interaction avec d’autres disciplines semblait un deuxième « passage obligé » pour Mathilde Denize : pour cette raison principale, elle propose une collaboration avec d’autres amis artistes, pour étendre le champ de son travail à la performance. La peinture devient scultpure. La sculpture devient performance. La performance devient peinture. La peinture devient performance. La sculpture devient peinture. La performance devient sculpture.