Retour aux 90 km/h : oui mais…

Edouard Philippe s’est dit ouvert à un assouplissement du 80 km/h, mais les conditions d’application font débat. Clément Pernot, ainsi que d’autres présidents de départements sont montés au créneau.

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Clément Pernot (2e en partant de la d.) ainsi que d'autres présidents de conseils départementaux s'est insurgé dès le début contre le 80 km:h généralisé.

Ils se côtoient régulièrement sur les bancs de l’Assemblée des Départements de France, et en particulier au sein de son groupe DCI. Clément Pernot (Jura), François Sauvadet (Côte d’Or), Jean Deguerry (Ain), Marc Gaudet(Loiret) et Jean-Marie Bernard (Hautes-Alpes) ont réagi à l’annonce du premier ministre relative à l’assouplissement de la limitation de vitesse à 80 km/h. Un assouplissement après une mis en place unilatérale et mal perçue par beaucoup de jurassiens. Clément Pernot, président du Conseil départemental du Jura, a ainsi déclaré :
‘‘J’ai été, évidemment, parmi les premiers à m’insurger contre la mesure quand elle a été annoncée l’an dernier. Le résultat était attendu. Elle a fait réagir un très grand nombre de nos concitoyens. Et je pense qu’une fois de plus, le gouvernement ne répond pas de la meilleure des manières. Il aurait dû faire amende honorable et ni plus ni moins que revenir sur sa décision plutôt que de générer, une fois encore, de la confusion entre les territoires ».

Un enterrement de première classe ?

En cause, plusieurs versions du projet de loi. Selon la première -déposée au Sénat et amendée par Michel Raison, sénateur de la Haute-Saône (LR)- toutes les routes (y compris les nationales) devaient être concernées et la décision devait être co-actée par les préfets et les présidents de conseils départementaux. La seconde, déposée à l’assemblée nationale par le groupe LREM, prévoit en revanche que seules les routes départementales seraient concernées et que seuls les patrons des départements en seraient responsables (le cas échéant au pénal, en cas de plainte d’une victime).
Selon Michel Raison, c’est un enterrement de première classe « lamentable », car « trois quart des présidents ne franchiront pas le pas » selon lui. Autre écueil à éviter : une multiplication des changements de vitesse, avec comme l’a souligné Clément Pernot des risques potentiels d’incohérence lorsqu’une même route traverse plusieurs départements. François Sauvadet a lui aussi constaté « des aberrations comme sur l’axe Dijon Beaune : 38 km de distance, 42 changements de vitesse », multipliant par autant les risques de flashs intempestifs, même pour le plus vigilant des conducteurs.
François Sauvadet a conclu : « Nous, présidents de départements, disons que nous connaissons notre réseau routier…/… il nous faut une capacité à agir».