Restauration, industrie, bâtiment recherchent candidats désespérément

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Une quarantaine de chercheurs d'emploi a participé à une réunion d'information sur le bâtiment.

Le taux de chômage reste bas dans le Jura, et une pénurie de candidats sévit même dans certains secteurs d’activité. Pole emploi essaie d’y remédier par des actions ciblées.

Wanted candidats pour métiers en tension

Les offres d’emploi ont bondi de +14,7% sur un an. Or, malgré les dizaines de milliers de chômeurs que compte notre région, nombre de postes ne parviennent à trouver preneur…

6,4% : c’est le taux de chômage dans le Jura. Un taux qui descend même à 5,9% sur le bassin d’emploi de Lons-le-Saunier. Des chiffres qui suscitent plutôt satisfaction et espoir (d’autant que les offres d’emploi ont bondi de +14,7% sur un an), mais qui ont pour conséquence une pénurie de candidats certaine dans des secteurs d’activités « délaissés ».

Serveurs, cuisiniers, commis de cuisine, aides-soignantes, métiers de l’industrie (fraiseurs, électro-mécaniciens, etc.), charpentiers, maçons : autant de métiers « en tension » selon Jean-François Locatelli, directeur de Pôle Emploi Haute-Saône et Jura.

Selon lui, le déficit de candidats (outre la reprise de l’économie) s’explique entre autres par « l’image par trop caricaturale qu’on peut avoir de ces métiers, et le désir de qualité de vie » croissant.

Pôle emploi organise donc régulièrement des « opérations séduction », baptisées « Vers un métier », destinées à informer les demandeurs d’emploi des opportunités bien réelles de rebondir dans ces métiers, ou de réussir une reconversion professionnelle.

43 demandeurs d’emploi (hommes et femmes) ont ainsi rencontré dernièrement à Lons le Saunier trois entreprises du bâtiment, des organismes de formation et des « reconvertis » qui ont apporté des témoignages positifs sur leur parcours professionnel.

“Neuf des dix stagiaires ayant joué le jeu de cette opération l’an dernier ont été embauchés dans la foulée” a précisé Virginie Perret, conseillère emploi.

Des restaurateurs qui manquent de personnel

De quoi susciter de légitimes espoirs, chez ceux et celles qui « galèrent », d’autant plus que les employeurs se sont bien adaptés. Plus que des diplômes, ils cherchent avant tout « la motivation, l’investissement dans l’entreprise, le savoir-être » a affirmé Jean-François Locatelli.

D’où des formations à Pôle emploi sur ce savoir-être qui peut passer par la ponctualité, la communication, le dressing-code, etc…  et qui se doublent de formations effectuées en interne, dans les entreprises.

« Des employeurs ont pris conscience de la nécessité de cette formation « maison », avec leurs process, leurs valeurs, leurs machines, etc. ».

Ce qui ouvre donc davantage le champ du possible qu’une vision étriquée des compétences, basée exclusivement sur les diplômes, d’autant plus que de nouvelles méthodes de recrutement ont vu le jour (recrutement par simulation concrète de travail mise en place par Pole Emploi).

Seul bémol, les salaires qui, encore trop souvent, ne crèvent pas les plafonds, mais peuvent s’amender avec divers avantages (déplacements, repas, 13e mois) voire même avec une embauche en CDI.

Richard Vignon, préfet du Jura, a félicité Pôle emploi « qui sait se remettre en cause et s’adapter à la sociologie » des demandeurs d’emploi et a souligné que le Jura fait figure de premier de la classe pour la région Bourgogne Franche-Comté (7,9 % de chômeurs pour la région, et 8,9 pour la France).

Reste que selon lui « des restaurateurs ne peuvent pas ouvrir leur 2e salle » faute de personnel.

Avis donc aux amateurs…

En Bourgogne-Franche-Comté, plus de 18% des candidats n’ont aucun diplôme, mais 71% ont de l’expérience !Les niveaux de diplômes les plus représentés concernent les CAP BEP avec 26% des candidats.Les deux types de contrats les plus proposés sont les CDI à 38% et l’intérim  à 28%. Lors de la publication de son dernier baromêtre mensuel, l’agence d’intérim 100% online Qapa.fr, retient principalement sur les chiffres de l’emploi en Bourgogne-Franche-Comté : moins de diplômes, plus d’expériences, plus d’inadéquation entre les offres et la demande et des types de contrats qui évoluent rapidement pour cette fin d’année.

Plus d’infos : www.qapa.fr