Rencontre avec un apiculteur en Val de Saône

Pour déguster du miel, chaud ou froid, il faut une ruche, des abeilles, du temps, de la patience et de la passion.

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Fabrice Vauchey possède tout cela. 10 ans qu’il se passionne pour l’apiculture. Il y est venu par hasard, à cause ou grâce à son fils passionné de nature : là ou d’autres enfants voulaient un chien ou un chat, Clément voulait des abeilles ! Le père et le fils sont donc aller voir un apiculteur pour savoir dans quoi ils s’engageaient, puis ils ont observé la vie de deux ruches pendant 2 ans, après quoi ils ont investi dans de nouvelles ruches jusqu’à en posséder 15 à ce jour (Il faut savoir qu’une ruche peut accueillir en moyenne de 50 à 60 000 abeilles).
Puis, comme tout bon enfant, Clément a peu à peu délaissé le rucher pour les copains et c’est Fabrice qui continue de s’occuper des ruches.
Il les a implantées à Auxonne, dans un endroit où les abeilles vont trouver de la nourriture dans un rayon de 3 km (végétaux mellifères, nectar et pollen).
Dans une ruche, il y a une reine dont la vie se résume à la ponte pour développer la colonie, de faux bourdons qui la fécondent puis se font bannir par la colonie quelque temps après, et des ouvrières dont certaines s’occupent du couvain (larves) et d’autres qui vont chercher pollen et nectar. Le pollen sert à nourrir les larves et le nectar est transformé en miel qui composera les réserves pour passer l’hiver. La production pour la récolte correspond au surplus de production des abeilles et après extraction pourra être mis en pots. La récolte de miel se fait en général 2 fois par an (en juin et en juillet/août) et seulement après vérification des stocks de réserve pour que la ruche passe correctement l’hiver.

Bon à savoir

Durée de vie d’une abeille : 3 semaines pour les ouvrières en saison de production, 3 à 4 ans pour la reine et 2 mois pour les faux bourdons.
Le rôle de l’apiculteur consiste à vérifier l’état sanitaire de la ruche, son bon développement de population, s’assurer que les abeilles auront bien des réserves suffisantes pour passer l’hiver avant toute récolte.
D’avril à mai, afin de perpétrer l’espèce, les ruches essaiment, c’est-à-dire que la moitié de la population quitte la ruche avec la reine sous forme « d’essaim » afin de s’installer ailleurs et ainsi créer une nouvelle colonie. L’autre moitié reste dans la ruche d’origine dans laquelle la nouvelle reine reprendra la ponte et fera prospérer la colonie.
Les abeilles et autres insectes pollinisateurs sont protégés par la loi arrêtés du 25 février 1975 et du 5 juillet 1985 . En France, « les mortalités d’abeilles se sont largement aggravées depuis une vingtaine d’années. On est passé d’un taux de mortalité qui était de l’ordre de 5% par an à 30% en moyenne.
3 maladies, principalement, n’épargnent pas les abeilles :
Le varroa : c’est un accarien dont la femelle adulte mesure environ 1 mm. Il pique les abeilles adultes et les pupes d’abeilles comme le fait une tique sur un chien. Cette piqûre affaiblit les abeilles en prélevant des protéines et en inhibant leur système immunitaire.
Hormis le varroa, d’autres maladies fréquentes nécessitent une intervention de l’apiculteur. Il s’agit des loques, et principalement de la loque américaine. C’est une maladie que l’on retrouve déjà dans les plus anciens livres d’apiculture. Cette maladie du couvain est provoquée par un bacille qui se développe dans l’estomac des larves et qui conduit à leur mort.
La dernière maladie est la fausse teigne. Aussi appelée « Papillon de la ruche» ou « Gallérie », la fausse teigne est un papillon vorace et invasif qui se nourrit de la cire des rayons et de leurs contenus lors de son développement. Si on la retrouve en particulier dans les colonies faibles ou de petites tailles, la fausse teigne n’est pas une maladie ni un prédateur des abeilles. Elle ne cause pas directement la perte des colonies mais représente une des conséquences de l’affaiblissement des ruches. En creusant des galeries à travers la cire, elle rend les cadres inutilisables, perturbe la circulation des abeilles et s’attire les foudres des apiculteurs.

Alors quand vous dégusterez votre miel, songez qu’il aura fallu du temps, de la patience et de l’amour d’un apiculteur pour ses abeilles afin de vous apporter le meilleur sur votre table.
Enfin, Fabrice Vauchey n’hésite pas à faire découvrir ce monde souvent méconnu mais tellement passionnant à des enfants quand il en a l’occasion.