Rencontre avec Dominique Girard, ex conseiller départemental du canton d’Auxonne

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Dominique Girard, vous avez choisi de ne pas vous représenter aux élections départementales de juin 2021. Pourquoi ?
C’est une question qu’on me pose souvent. En fait, j’avais déjà annoncé que je ne briguerais pas un 3ème mandat, ayant déjà eu un mandat de Conseiller général et un mandat de Conseiller départemental en binôme avec Marie-Claire Bonnet-Vallet. A 71 ans, je souhaitais laisser l’occasion de s’engager à des plus jeunes, au côté de ma binôme dont j’ai pu apprécier les idées et la force de l’engagement depuis 2015. Je suis certain que Sébastien Sordel saura exprimer ses compétences.

Quels sont les mauvais souvenirs de vos mandats ?
Il y en a peu ! Mais d’une façon générale, j’ai souvent affronté ce qu’on appelle les « lourdeurs administratives ». Je n’apprécie pas les lois NOTRé (Nouvelle Organisation du Territoire de la République) et MAPTAM (Modernisation de l’Action Publique Territoriale et Affirmation des Métropoles) qui sous couvert de simplification ont éloigné les citoyens des grandes collectivités. La fusion des régions est rarement bien vécue et le saucissonnage des compétences est souvent incompréhensible.

Et les bons souvenirs ?
Ils sont nombreux ! C’est d’abord la rencontre de personnes remarquables dans leur engagement au service des autres et du territoire, présidents d’associations, chefs d’entreprise, élus. Je me souviendrai aussi toujours de tous ceux qui m’ont accompagné dans mes campagnes et durant mes mandats. Et la fonction d’élu n’aurait jamais pu être aussi fluide sans la réactivité et l’efficacité des services du département.
C’est aussi la satisfaction d’avoir participé dans une action d’ensemble à la mise en place de politiques particulièrement innovantes, notamment –pour ne citer qu’elles-, la stratégie départementale d’adaptation au changement climatique, la stratégie départementale de l’eau. Le département de la Côte-d’Or s’est fortement engagé pour le déploiement de la fibre optique, et nous en avons vu l’importance avec le télétravail, et l’accompagnement des circuits locaux, avec la marque 100 % Côte-d’Or.

Quel est votre regard sur l’abstention ?
L’abstention progresse d’élection en élection. En 2015, notre binôme avait obtenu 4667  voix (60,63 % des suffrages) et en 2021 le binôme Marie-Claire Bonnet-Vallet / Sébastien Sordel en obtient 3401, pour 68,27 % des suffrages, mais un tiers de votants… L’abstention m’attriste quand je pense aux combats menés par nos ancêtres pour avoir le droit de vote, et à ceux menés aujourd’hui dans certains pays dont les hommes rêvent de s’exprimer démocratiquement. La pandémie de COVID-19 est un facteur aggravant d’une tendance de fond qui mérite qu’on se penche attentivement sur les modalités d’expression de la démocratie. Avec un clin d’œil au sujet de philosophie du bac 2021, je dirais que s’abstenir, c’est d’une certaine manière ne pas prendre part à son avenir !

Quel est votre avis sur la prochaine présidentielle ?
Oh ! je ne me hasarderai à aucun pronostic ! Je laisse ceci aux commentateurs professionnels, dont chacun a pu goûter la perspicacité quant à la prévision des élections régionales… Simplement, je considère que le jeu est beaucoup plus ouvert qu’on ne veut bien le dire.

Et maintenant, qu’allez-vous faire ?
Bien sûr, continuer à suivre le déroulement des affaires départementales. Je soulignerai d’ailleurs que la pandémie a montré de façon éclatante la réactivité du département par son plan de soutien aux habitants, aux territoires, aux communes. C’est la collectivité de proximité par excellence. Et puis, je vais lire, lire autre chose que des rapports et des textes administratifs, bricoler, jardiner, m’occuper de mes abeilles. Être plus présent auprès de ma famille.