RDV de l’Aventure : un film spécial familles dimanche matin

Aurélia Tazi viendra avec une de trois ses filles pour présenter leur aventure « Maman c’est encore loin le désert ? ». En 2015, elles ont traversé sur 600 km les montagnes de l’Atlas jusqu’à atteindre, huit semaines plus tard, les dunes du Sahara. Interview.

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Qui êtes-vous ?

Je vis au Maroc depuis 14 ans et demi. Je suis née à Strasbourg. Je suis maman de trois enfants. Aventurière et auto-entrepreneuse. Amoureuse de la vie. Créative. J’habite à Marrakech avec mon mari, marocain.

D’où vous est venue cette idée de voyage ?

J’avais un rêve. J’habite au sud de Marrakech. Face à moi, il y a une montagne qui m’attire. Ensuite, j’ai toujours soif d’aventures et de découvrir le monde. J’ai toujours dit, un jour, je ferai une marche au long cours. Je vais marcher jusqu’au désert.

Comment l’avez-vous vécu ? Et vos filles ?

Je l’ai vécu comme un immense cadeau, comme quelque chose d’unique à vivre, chanceux. Il y a eu des moments difficiles, mais je me suis endormie chaque soir heureuse. Et quelle beauté des lieux, des gens rencontrés ! Et il y a toute la partie voyage intérieur, travail sur moi, sur les relations avec mes filles. Pour mes filles, je pense que cela les a beaucoup marquées, elles ont beaucoup apprécié.

Quels ont été les aléas de l’aventure ?

Il y a eu des moments physiques difficiles plus pour elles, de chaud, de froid. Les moments difficiles, c’est évidemment les tensions émotionnelles. La parentalité, c’est difficile. Il a fallu gérer les conflits, les états d’âme. J’ai appris à être plus détachée. Et mes filles savent qu’elles ont fait quelque chose de grand. Cela a augmenté leur confiance en elles.

Et ses ravissements ?

Il y en a eu des dizaines et des dizaines. Toutes les rencontres, ça, c’est extraordinaire. L’accueil marocain est bouleversant. On nous a offert du thé, de l’eau pour notre mule, l’hospitalité, des sourires… Et quelle solidarité, les fois où on a marché la nuit, perdu le chien, quand la mule s’est échappée, sous la pluie… Il y a la beauté des paysages, qui nous nourrit, liée à la nature, mais aussi celle des hommes. Et le ravissement de voir qu’on peut faire ça par ses propres moyens.

Vous en êtes toutes rentrées forcément changées. De quelle manière ?

Avec encore plus de gratitude, de confiance en moi, de certitude qu’il faut se mettre au service de ses rêves, écouter sa voie intérieure, ne pas s’empêcher par rapport aux autres, plus apaisée dans ma relation avec mes filles. La femme doit avoir moins de culpabilité et s’autoriser plus. Il y a un équilibre nécessaire entre féminité et maternité. Mes filles, elles ont compris que c’est important d’aller au bout de ses rêves. La famille a eu peur, mais elle nous a finalement soutenues.

Avez-vous d’autres projets ?

J’ai ouvert une école alternative en septembre après deux ans de travail. Pourquoi pas un jour faire un film sur ce projet d’école innovant ?

« Maman c’est encore loin le désert ? », ce dimanche 17 mars, à 10 h 30, au cinéma Mégarama. www.rdv-aventure.fr