Radars embarqués : l’arme fatale contre la vitesse

1106
Depuis le passage aux 80 km/h, le nombre de flashs pour excès de vitesse s'est envolé. La mesure entre dans les moeurs, mais les radars embarqués font un malheur. Visite d'une voiture banalisée.

Depuis le passage aux 80 km/h, le nombre de flashs pour excès de vitesse s’est envolé. La mesure entre dans les moeurs, mais les radars embarqués font un malheur. Visite d’une voiture banalisée.

La Peugeot 508 doté d’un radar embarqué fonctionne un peu comme une “arme fatale”.

Bien difficile en effet de la repérer dans le trafic tout comme ses deux petites sœurs de la gendarmerie (une 208 et un Berlingo). La voiture banalisée dissimule le radar dans sa plaque d’immatriculation, un flash dans sa calandre et un appareil photo sur le tableau de bord. Un petit bijou de technologie (à 73.000 €), qui sort au moins 3 fois par semaine à raison de deux heures environ par session explique le commissariat de Lons.

De quoi engranger 20 excès de vitesse en moyenne, dans les 2 sens de circulation, sachant que dans un “train de voitures” roulant en excès de vitesse, tous les véhicules seront flashés (et pas seulement la “locomotive”, comme cela pouvait être le cas avec les jumelles). “Quatre permis de conduire ont ainsi été suspendus durant le mois et demi écoulé” confie-t-on du coté du commissariat, dont un “record” à 179 km/h retenus sur le contournement de Lons-le-Saunier (soit près de 190 compteur).

Le radar fixe de Montain ( près de Lons) en a vu de toutes les couleurs, comme 60 à 90% des radars français.

Bientôt un passage au privé ?

En 2017, la 508 a flashé 2285 fois (un chiffre en hausse pour 2018). Impossible d’en savoir plus : sollicitée sur les statistiques découlant du passage au 80 km/h (accidentologie et flashs des radars automatiques), la préfecture du Jura n’a pas souhaité communiquer sur les résultats des mesures que l’État a mis en place….

Comme ses homologues, ces radars nécessitent une marge d’erreur de 10%, calculée sur le tronçon concerné (50, 70, 80, 110, 130 km/h). L’opérateur se charge de définir la vitesse manuellement mais une expérience d’automatisation est en cours au plan national. Tout comme la “privatisation” des contrôles auxquels des policiers sont opposés.

Le radar fixe de Montain ( près de Lons) en a vu de toutes les couleurs, comme 60 à 90% des radars français.

“En cas de grand excès de vitesse, nous pouvons intervenir de suite pour interpeller le conducteur mettant en danger autrui” relève-t-on au commissariat.

Une faculté que n’aurait bien sûr pas un prestataire externe, qui pourrait cependant faire tourner les voitures jusqu’à 7 ou 8 h/jour. De quoi faire régner la peur sur les routes…

Stephane Hovaere