Quentin Fillon-Maillet : tout schuss vers l’or 

Après trois podiums, dont une belle médaille d'argent en mass start à Antholz, le biathlète de Saint Laurent en Grandvaux réalise une saison exceptionnelle en Coupe du monde.

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Le Jurassien ne nouveau sur tous les podiums, comme ici à Antholz Photo @k_voigt_fotografie

A la quête du globe de cristal… Pour Quentin Fillon Maillet, l’année 2021 tient ses promesses : le biathlète Grandvallier a en effet accroché à son palmarès bien fourni une médaille d’argent en mass start à Antholz (Tyrol italien), trois podiums en trois courses fin janvier. Ne manque que la médaille d’or en individuel à la coupe du Monde… une médaille déjà remportée l’an dernier en relais.
Et Quentin Fillon Maillet monte en puissance : selon lui, “‘le temps passé en courses représente 1% seulement de l’entraînement physique”, un entraînement très intense mené tout l’été en France… et à Prémanon entres autres.
L’été dernier justement, l’athlète de haut niveau a “cherché plus loin les limites de son corps” pour progresser. Au point de frôler les limites délicates du sur-entraînement l’automne dernier et de nuire sur les skis à son début de saison hivernale. Une entame réalisée donc avec un léger “moins”, qui risque peut-être de lui coûter le fameux globe de cristal face à des norvégiens toujours très affûtés…
A moins bien sûr de “réaliser une super fin de saison”, puisqu’il reste encore un tiers environ des compétitions à disputer. L’atout du pugnace haut Jurassien tient aussi à ses progrès en tir : “les statistiques sont très bonnes, avec 90 % de réussite” confie-t-il avec l’humilité et la modestie qui le caractérise.
“J’ai mis un an et demi pour décortiquer mes contre-performances, qui provenaient d’un petit geste déréglant ma lunette de visée lorsque je m’installais sur le pas de tir” explique-t-il. La preuve de son investissement…

Un champion sur les pistes du Jura

“Je vis biathlon 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7” grâce à la liberté que lui offre son contrat avec les Douanes. “Personne ne me demande de pointer et de faire 8 heures par jour, je suis maître de mon projet” confie-t-il, une liberté chère payée, puisque les performances réclament leur lot de sacrifices. Une destinée aussi exceptionnelle qu’austère donc…. et ce n’est pas la pandémie sanitaire qui l’égayera.
“D’habitude il y a une grosse ambiance en coupe du Monde, le public nous encourage en haut des bosses, avec parfois 20.000 personnes par jour au Grand-Bornand. Cela décuple nos émotions et cela nous fait vibrer, mais cette année les compétitions se déroulent à huis clos. Même sur le podium, nous sommes seuls face aux photographes” regrette Quentin Fillon-Maillet.
Un mal pour un bien puisque les athlètes ont la hantise de la Covid : même lorsque de ses retours à Saint-Laurent, il essaye de rester “dans sa bulle” pour se protéger. Ce qui ne l’a pas empêché de croiser parfois Monsieur et Madame “Tout le monde” sur les pistes de ski jurassiennes… et même de faire une petite virée en skis de randonnée sur les crêtes  du massif.
Histoire peut être de prendre de la hauteur… avant qui sait de remonter sur la plus haute marche des podiums a Pokljuka (Slovénie) entre le 10 et le 21 février.