Privatisation du Barrage de Vouglans : info ou intox ?

Poursuivons le cheminement de notre réflexion, sur la bataille de l'énergie...

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Vendre ou plutôt donner 11% de la production d’électricité au secteur privé en France, c’est sûrement plus qu’une prise d’otage, le chantage à la hausse deviendrait alors permanent pour les acquéreurs privés face à un black-out possible (panne de courant totale à large échelle), puisque comme on le sait l’hydraulique sert d’appoint, l’électricité ne se stockant pas. Il faut en effet équilibrer constamment production et consommation. Si l’objectif premier d’un barrage est de produire de l’électricité, il est concerné aussi par  le «multi-usage». Ainsi en fonction des besoins en irrigation (changement climatique en cause), l’électricien a obligation de stocker l’eau ou au contraire de la relâcher. Le soutien d’étiage permet d’utiliser de l’eau ainsi stockée pour la protection des milieux, et assurer une régulation, qui évite bien des inondations et des catastrophes, (côte mini infranchissable à Vouglans : 395m). Une partie des ressources parfois est utilisée aussi pour l’alimentation en eau potable des habitants. Et évidemment les barrages favorisent largement toute une industrie touristique et de loisirs importante et génératrice d’emplois (pèche, plaisirs aquatiques, navigation…), qui se développe.

Que ferait un opérateur privé?

Prendrait-il vraiment en compte tous ces paramètres et contraintes, comme peut le faire EDF actuellement, ou des structures régionales comme la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) ou la Société Hydroélectrique du Midi, dans des départements et régions différentes ?
La réponse se situe déjà un peu dans la question… Tout ce qui précède touche évidemment les 149 plus grands barrages (plus de 20 mètres de haut) qui pourraient être vendus, donc aussi le 150ème, Vouglans…
A ce stade, le rappel de la privatisation des autoroutes opérée il y a une quinzaine d’année peut servir d’exemple de référence.

En 2006 signature d’un contrat de 25 ans sur les autoroutes et péages français, avec Vinci, Eiffage, Abertis! 

Le prix est de 15 milliards d’euros. Douze ans après, ces actionnaires ont déjà gagné plus de 15 milliards de dividendes ! L’amortissement est intéressant…
Certes, l’entretien a un coût, disent certains, oui bien sûr, mais ce dernier est encore en  parti assuré par les collectivités territoriales. C’est à dire le contribuable !
Pour simplifier, le contribuable a financé la création de ces autoroutes, leur entretien et paie au final encore l’utilisation de celles-ci. En sera-t-il de même sur le prix de l’énergie électrique après la privatisation des barrages, dont Vouglans ?
Et quid des centrales nucléaires ?
Affaire à suivre, jusqu’au prochain épisode…