« Printemps », le nouvel EP de Chloé M. porte la voix de la jeunesse emprisonnée par la crise sanitaire

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Avec "Printemps", Chloé M. signe un nouvel EP de 6 titres, inspiré par le contexte de la crise sanitaire. Crédit photo : Pierre-Emile Havette.

Repérée par Grand Corps Malade et Amel Bent, dont elle a fait les premières parties, la jeune slameuse Chloé M. sort du registre habituel du genre. Ses mots parlent des troubles de l’intime, bousculent, font jaillir des émotions, brisent l’indifférence.
À 23 ans, la jeune artiste a déjà près de 10 ans de métier, d’expériences de scènes et de travail d’écriture. A contre-courant des codes de la street-culture, elle explore l’univers des ressentis, mets ses maux en mots. Elle se projette aussi dans la vie des autres pour mieux porter leur voix et faire entendre leur message. C’est ainsi que tour à tour, elle évoque la rupture amoureuse, le handicap, la détresse, la maladie, mais aussi l’envie de vivre et d’aller de l’avant.
Il en résulte un univers singulier, inspiré, dans lequel chacun peut se reconnaître.
Chloé M. explique « ne pas vouloir faire de la musique pour qu’elle soit en fond sonore quand on fait à manger, ou qu’elle nous fasse dodeliner de la tête quand on l’écoute. Je fais de la musique pour que l’on ressente quelque chose, de la joie, de la colère, de la tristesse aussi… peu importe : ce qui compte c’est que mon histoire raconte aussi celle de ceux ou celles qui m’écoutent « .
Avec « Printemps », elle signe un nouvel EP de 6 titres inspiré par le contexte de la crise sanitaire.

La voix de la jeunesse confinée s’exprime au fil des titres de « Printemps »

2020 aurait dû être pour la jeunesse française une année d’insouciance, de découvertes et d’échanges avec les autres.
Et puis il y a eu la Covid. Comme tant d’autres, Chloé M. a dû passer à l’âge adulte, face à un monde dans lequel tout est soudainement devenu compliqué. Isolée, confrontée davantage au monde du travail, éprouvée par la perte d’êtres chers, l’artiste se sent blessée. Elle étouffe, se sent perdue.
La jeune chanteuse confie :
« Nous avons tous eu l’impression de ne plus vivre notre jeunesse. Je voyais le moral des autres en berne, la crise sanitaire qui s’aggravait, le monde qui allait mal… Comme si nous étions entrés dans un hiver sans fin ».
Et puis, comme toujours, il y eut la musique.
Un soir, après trois heures consacrées à jouer avec des amis dans un studio d’enregistrement, il y a un changement : pour la première fois, elle a l’impression que tout va s’arranger.
Pour la première fois, elle pense au Printemps. « Car après la neige et le froid, il y a toujours ce moment ou le soleil revient et ou les bourgeons fleurissent… « .
Grâce à cette séance studio, Chloé M. sait alors qu’elle peut se relever. Elle écrit beaucoup, compose les titres de Printemps, et enregistre l’EP avec la même bande d’amis.

Une « poésie moderne » incarnée par une artiste passionnée

L’EP « Printemps » parle donc de la reconstruction après une épreuve, mais aussi de la relation que noue un père avec ses enfants, des nuits où le doute nous dévore, des souvenirs que l’on accumule tout au long de notre vie… autant de thèmes qui font écho en chacun de nous, quel que soit notre âge.
Amoureuse depuis toujours de l’écriture, Chloé s’amusait enfant à recopier des mots et à les déchiffrer avant même de savoir lire. Très vite, elle a composé ses premiers poèmes.
Et puis, un jour, alors qu’elle a 14 ans, sa petite sœur lui dit en rentrant du collège : « Chloé tu connais Grand Corps Malade ? On a étudié un de ses textes ».
Ce fut un véritable déclic ! Chloé venait de trouver sa voie.

L’amour de la scène, comme antidote à sa timidité

Le slam devient son moyen d’expression, le vecteur qui lui permet d’allier sa passion de l’écriture à son appétence pour la scène. Elle a adoré l’expérience du théâtre, un art qu’elle a approfondi durant plusieurs années.
Car étrangement, Chloé est une grande timide. À l’école, elle ne parle pas, passe ses récrés isolée et s’enferme des heures dans sa chambre à la maison.
« Sur scène je m’exprime, l’autre côté de moi ressurgit : une Chloé à l’aise, qui a confiance. Parce que grâce à mes textes je m’exprime, je mets en mots mes émotions, je sors enfin ce que j’ai en moi, je porte des messages qui me semblent importants, je transmets mes valeurs ».

Un début de carrière prometteur

Chloé a toujours mené en parallèle études, travail et musique.
En 2014, suite à un concours, elle écrit les paroles de l’hymne handisport officiel qui seront chantées par Lorie, Zaho, Vadel et Soprano. C’est le début d’une belle aventure : Chloé part en studio à Paris avec eux, assiste aux Championnats du monde Handisport à Lyon, slame aux côtés de Patrick Montel en direct sur France 4.
À partir de ses 15 ans, elle enchaîne les concerts. De petits bars en festivals, elle vit ensuite l’expérience des grandes salles en réalisant la première partie d’Amel Bent ou de Grand Corps Malade. Ce dernier participe également à son premier album « Respire », sorti en 2018, dont il écrit l’introduction.
En 2020, la slameuse est aussi remarquée sur les réseaux sociaux avec son titre écrit en hommage aux soignants « Éclats de soleil ».
Aujourd’hui, Chloé poursuit son chemin et fédère une communauté enthousiaste qui se reconnaît dans ce slam inspiré d’histoires vécues au quotidien et passeur d’émotions.
« J’écris sur la vie en général. Les petits bonheurs, les grands soucis. La maladie, l’amour, le deuil… Je remplis mon univers de mots et d’émotions à l’aide d’un brin de poésie » conclut-elle.