Plan pauvreté : l’enveloppe ne suffira pas

Une enveloppe de 248 952,63 euros est prévue par l’Etat pour le Jura au titre de l’année 2019. Pour Philippe Genestier, conseiller départemental de Dole 2, « rien ne s’attaque aux racines de la précarité de masse qui provoque cette grande pauvreté ». 13 % des Jurassiens vivent sous le seuil de pauvreté.

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Si Philippe Genestier, du groupe de gauche (tout à gauche sur la photo), a reconnu des avancées dans le plan pauvreté de 8 milliards d’euros, il souligne que « rien ne s’attaque aux racines de la précarité de masse qui provoque cette grande pauvreté ».

 

Le social est désormais la compétence la plus importante du Département et son président ne s’y est pas trompé en introduisant sa DM1 en parlant de « contexte social difficile », « de perte de repères des populations les plus vulnérables dans nos territoires ruraux », « d’époque en mouvement ». « Mais ce mouvement ne laisse pas forcément présager une évolution de notre pays pour le meilleur car les éléments auxquels je fais allusion sont autant d’indices graves d’une fracture territoriale qui devient un fait de plus en plus flagrant de ce début du XXIe siècle. »

Dès lors, le vote d’une convention avec l’Etat dans le cadre de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté aurait pu être perçu comme une réponse positive à ces difficultés. Le rapport propose de signer une convention triennale 2019-2021 avec l’Etat pour que celui-ci soutienne financièrement les actions menées par le Département dans le cadre de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté annoncée par le président de la République le 13 septembre 2018. Une enveloppe de 248 952,63 euros est prévue par l’Etat pour le Jura au titre de l’année 2019. Treize actions pourront être menées.

18,5 % de Dolois sous le seuil de pauvreté

Mais si Philippe Genestier, du groupe de gauche, a reconnu des avancées dans le plan pauvreté de 8 milliards d’euros, il souligne que « rien ne s’attaque aux racines de la précarité de masse qui provoque cette grande pauvreté ». Et le conseiller départemental de Dole 2 rappelle que 31 500 Jurassiens vivent sous le seuil de pauvreté, soit 13 %, avec des concentrations plus importantes sur certains secteurs, en particulier dans le secteur dolois où il représente 18,5 %. « Nous ne croyons pas que cette convention peut lutter efficacement contre la pauvreté, résume l’élu. Le manque de concertation (NDLR pour son élaboration) se traduit par des actions peu innovantes et peu ambitieuses. »

Pour lui, l’objectif d’ « accompagner les jeunes majeurs de l’ASE (aide sociale à l’enfance) est louable ». Le conseil départemental mène d’ores et déjà « une politique volontariste en assumant la responsabilité de prendre en charge au-delà de 18 ans l’accompagnement de ces jeunes ».

Sujet d’inquiétude, la loi votée en mai par l’Assemblée nationale rend facultatifs les contrats jeunes majeurs. Elle introduit une condition de durée de prise en charge par l’aide sociale à l’enfance. Philippe Genestier imagine que « les premiers visés seront sans doute les jeunes étrangers. Le Sénat aura alors à se prononcer. Nous ne cautionnerons pas cette loi ».

Le président du conseil départemental a réagi : « On ne peut pas laisser venir des mineurs et les jeter dans la rue à 18 ans sans formation ». Clément Pernot a précisé travailler avec l’ADF (assemblée des Départements de France) à accompagner les jeunes majeurs. Car la somme votée dans la nouvelle convention ne suffira pas…

La DM1 en chiffres

Marie-Christine Dalloz, rapporteur général du budget, a présenté le compte administratif 2018. Il est arrêté à 310 millions d’euros en dépenses, somme identique au CA 2017. La section d’investissement s’élève à 67,2 millions d’euros, en hausse de 3 millions d’euros par rapport à 2017. Pour la troisième année consécutive, une baisse de la capacité de désendettement est enregistrée en 2018. En effet, après avoir atteint le premier seuil d’alerte de huit années en 2015, la capacité de désendettement s’élève désormais, à fin 2018, à 3,7 années. Le Jura se situe à nouveau en-dessous de la moyenne nationale, situation qu’il n’avait plus connue depuis 2012. Si le président Pernot se félicite de ces bons résultats, Danielle Brulebois, pour le groupe LREM, pointe le manque d’investissements et Françoise Barthoulot, pour le groupe de gauche, parle de politique « d’austérité ».

La DM1 s’élève à 9,3 millions d’euros en dépenses dont 1,4 million d’euros pour les affaires sociales, 1,1 million d’euros pour l’agriculture, l’environnement et le laboratoire, 1 million pour les infrastructures et réseaux structurants, 0,5 million d’euros pour les bâtiments, collèges et mobilités, 5,2 millions d’euros pour l’appui aux communes, l’habitat et le tourisme et 0,3 million d’euros pour la jeunesse et les sports.

A noter, 4 500 000 euros ont été inscrits au titre de la Dotation de solidarité des territoires en plus des 1 500 000 euros votés au BP 2019 (action de soutien aux projets portés par les communes et intercommunalités).