Pichon, un politique jurassien trop discret

L’Université ouverte a organisé une conférence sur ce personnage au parcours extraordinaire. Les Dolois en ont profité pour communiquer des infos à l’intervenant.

68
Jean-Marc Delaunay prépare un ouvrage sur Pichon.

Qui était Stéphen Pichon ? « Un homme discret au service de la France et du Jura », comme le résumait le titre de la conférence de Jean-Marc Delaunay, dans le cadre de l’Université ouverte. Le professeur émérite d’histoire des relations internationales à l’université Sorbonne Nouvelle – Paris III rédige un ouvrage sur le personnage, qui devrait sortir fin 2019 – début 2020.

Implanté à Vers-en-Montagne

« Stéphen Pichon est un Jurassien d’adoption, qui s’est installé à Vers-en-Montagne », a introduit Gilbert Barbier. « Sa présence dans le Jura n’allait pas de soi », a enchaîné Jean-Marc Delaunay. Le professeur, dans son ouvrage, quand il est arrivé dans la maison de campagne jurassienne de Pichon à l’été 2010, n’avait pas l’intention de s’intéresser au Jura, mais plutôt de se focaliser sur le parcours diplomatique de Pichon. Mais il s’est dit : « Un peu de courage », et il s’est lancé dans la rédaction d’une biographie complète.

Pichon est né en 1857 en Bourgogne. « Sa mère habitait Orchamps pendant qu’il était au lycée à Besançon », raconte encore Jean-Marc Delaunay. Le gamin turbulent, monté à Paris, deviendra journaliste. Clemenceau le lancera également dans la politique, d’abord comme conseiller municipal. En 1885, le radical-socialiste sera élu député.

Battu en 1893, il va se tourner vers la diplomatie. Pichon est nommé ministre de France à Port-au-Prince, puis Rio de Janeiro, Pékin (lors de la révolte des Boxers), avant de devenir résident général de France en Tunisie.

Maire, conseiller général, sénateur

Pichon fait sa rentrée politique en 1906. Avec l’appui de Clemenceau, il décide de s’implanter dans un département. Ce sera le Jura. Il est élu maire, puis conseiller général et sénateur. Cette même année, Clemenceau lui demande de diriger le quai d’Orsay. Pichon sera ministre des affaires étrangères d’octobre 1906 à juillet 1909. Il poursuit sa mission pour Briand jusqu’en 1911, puis dans le ministère Barthou en 1913 et enfin, de 1917 à 1920, pour Clemenceau. Il sera l’un des négociateurs du traité de Versailles.

Stéphen Pichon décèdera en 1933 à Vers-en-Montagne. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise.

Les Dolois se souviennent…

« Ce qu’il reste de Dole, c’est que le coupé de Stéphen Pichon était chez un collectionneur dolois », conclut Jean-Marc Delaunay. Malgré des recherches, il n’a pas été retrouvé.

« J’aurais aimé que la sculpture de Rodin de Pichon reste à la mairie, intervient le maire de Vers-en-Montagne. Emile Bezin raconte que le politique avait fait un don à la commune pour qu’elle se charge d’entretenir sa tombe, don qui sera finalement partagé avec sa famille afin qu’elle s’en occupe.

« J’ai lu un petit livre sur Pichon vu par la famille du maire de Champagnole dans les années 30, témoigne également Jean-Philippe Lefèvre, adjoint au maire de Dole, chargé de l’action culturelle. Le maire tire à vue sur lui. » Si l’homme a parfois été élu à 100 % dans le Jura, il est aujourd’hui « sorti des radars ».