Paul Fontaine, un corps qui s’exprime au travers de la mucoviscidose

Paul est originaire de St Aubin (39), a vécu 15 ans à Besançon et est aujourd’hui installé à Bézier depuis 2018.

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Déjà enfant, malgré sa maladie, Paul voulait courir (…), faire comme les autres, voire encore plus que ces derniers. En 4ème, il gagna le cross de l’école. Au collège et au lycée, il cachait sa maladie, faisait semblant que tout allait bien, évitait les traitements car il avait honte ; il n’en parlait pas et se sentait seul et incompris.
D’ailleurs la famille comme les médecins n’étaient pas toujours compréhensifs alors à quoi bon. Pendant toute cette période, Paul a accumulé beaucoup de colère au fond de lui contre Dieu, les adultes, les filles, la société toute entière.
Il a malgré tout poursuivi son parcours scolaire vers un Bac S puis un BTS Agricole sur les conseils de ses proches. Il poursuivra ses études vers une Licence d’Histoire-Géographie et fit deux tentatives au CAPES.
Puis pendant deux années, ce fut une véritable remise en question avec de multiples questions comme « Suis-je capable ? Que faire de ma vie ? Où aller ? ».
Pendant cette période, il achète un vélo et se met à en faire afin de décompresser. Il choisira aussi d’écrire un journal pour se libérer et lit beaucoup de livres de développement personnel qui l’aideront dans le dépassement de lui-même. C’est aussi à partir de là que l’idée de faire des marathons l’obsède. Peu de temps après, Paul se lança sur le marché du travail et occupa un poste de conseiller-vendeur de 2010 à 2016 chez Decathlon à Besançon. Enfin en 2016, il décida de créer son auto-entreprise en tant que conférencier, coach et préparateur mental.

La maladie : frein ou pulseur de vie

La mucoviscidose est une maladie génétique et affecte les voies respiratoires et le système digestif. Les infections souvent fréquentes, les encombrements constants (bronchites à répétition) et une réduction de la capacité respiratoire entrainent d’énormes difficultés au quotidien. Un traitement lourd et des cures à répétition ont été longtemps le sort de Paul jusqu’à ce qu’il décide de se prendre en main en faisant du sport. Depuis il ne fait plus de cures et son traitement médicamenteux a été réduit. Pendant longtemps, on a laissé penser à Paul que seule la greffe du poumon pourrait être une solution mais aujourd’hui Paul n’a pas de projet de greffe.
Il explique : « Mon corps et la mucoviscidose ne font qu’un, je ne combats pas la maladie, je ne me considère pas comme malade. Cette maladie m’apporte un message me permettant de comprendre ce qu’est le bonheur. »
Parce que Paul veut se dépasser et ne pas s’apitoyer sur son sort, il se lance de nouveaux défis à chaque instant. En pédalant, au fil des jours, l’idée du marathon murit et Paul sait que ce défi permettra de dépasser ses limites, de développer sa capacité respiratoire et donc progresser face à la maladie. Il a décidé de faire le marathon de Paris à cinq reprises. En 2013, lorsqu’il fait cette première course il n’est qu’à 55% de ses capacités respiratoires du fait de la maladie. Aussi, il doit se préparer, non seulement physiquement mais aussi mentalement. D’ailleurs, dans son approche il ne dissocie pas les deux.

Dépasser ses limites avant tout

Tout commence en 2012 quand son kinésithérapeute lui parle de l’Association « Ensemble au sommet ». Paul se fixe alors l’objectif de monter un jour au sommet du Mont-Blanc. Le focus est tellement fort qu’il accorda beaucoup de temps à s’y préparer.
Tout d’abord, le premier objectif fut le marathon de Paris pour avril 2013 ; il dû courir régulièrement et beaucoup travailler toute la préparation physique afin d’être prêt le jour J. Cela demanda aussi beaucoup de sacrifices. Son entourage n’était pas aussi positif que lui et il entendit souvent « c’est impossible ».
Cela aurait pu le décourager mais pas du tout car son focus était tellement fort qu’il était indétrônable : il souhaite être ambassadeur de la maladie et « convaincu de cela jusque dans mes tripes. C’était aussi prouver à tous que je me battais et que c’était une démarche extraordinaire. D’ailleurs mon résultat fut de faire les 42 kilomètres en 4h41, ce qui est super ; le plus majestueux est ce que je ressentais, cette forme de plénitude, de sérénité, de paix, une forme de toute puissance. Je ne pouvais rester que fier et motivé pour la suite de mes projets ».

“J’estime que demain sera meilleur qu’aujourd’hui et je fais tout pour cela”

Cette même année, Paul se lance un nouveau défi, faire Besançon-la Pointe du Raz à vélo, ce qui représente 8 000 km et il le réalisa en 7 jours. « Ce fût extraordinaire encore une fois. »
En 2014, il participe de nouveau au marathon de Paris mais en donnant un sens différent à cet exploit à savoir « apprendre sur la maladie, cette compagne tellement sournoise, et vouloir l’écraser comme une vieille clope. » Durant l’été, il fit également un trail, afin de rester dans la compétition.
En 2015, pour la troisième fois, le marathon de Paris se présente à lui comme une évidence avec une envie « d’apprendre sur moi, comprendre le rôle que j’ai à jouer face à cette maladie. Ce fût un grand moment dans ce sens. D’ailleurs mon souhait est bien de tester des choses chaque jour, sans attendre le médecin ; j’estime que demain sera meilleur qu’aujourd’hui et je fais tout pour cela. Je vis l’instant et apprécie chaque moment de joie, d’amour tout en apportant une alimentation plus saine à mon corps. Je rentre dans un état d’esprit où je suis dans le non-jugement, plus à l’écoute de mon corps, plus doux avec ce dernier en pratiquant la méditation, en me libérant de mes peurs petit à petit et en incarnant mes valeurs à chaque instant. D’ailleurs, c’est bien cet ensemble harmonieux qui me permit d’obtenir une capacité respiratoire supérieure à 65% et c’est extraordinaire. » L’été de cette même année fut un temps de découverte et de préparation à la montagne pour une future ascension. »

Au Mont Blanc

En 2016, Paul fut présent à la Verticale de la Tour Eiffel en montant les 1665 marches; « je suis arrivé le dernier, ce fut parfait car l’objectif était de réussir à le faire et non de gagner. » Il tentera aussi l’ascension du Mont-Blanc cette année-là mais décida de s’arrêter aux 4 500 mètres d’altitude car l’équipement de l’équipe était insuffisant pour aller au-delà. « Ce fut un véritable moment où j’ai dû apprendre à respirer en altitude, ce qui était difficile mais aussi une manière encore de se dépasser. »
En 2017, ce sera la deuxième tentative d’ascension de ce même sommet mais il y aura de nouveau un arrêt aux 4 500 mètres du fait de fortes intempéries rendant l’ascension trop dangereuse.
En 2018, Paul fit la montée de deux sommets de 3 000 mètres. Puis il attaqua l’ascension du Mont Blanc qui s’était inscrit dans sa tête comme une réussite et dans le concret en juin ce fut le cas « ce Mont Blanc culmine à 4809 mètres et arriver à son sommet, c’est énormément d’émotion ; c’est la conscientisation de ce projet après 4 ans de préparation ; c’est une sacrée aventure ».

Nouveau défis 2019

En 2019, Paul a couru le Marathon de Paris en avril et en juin c’est de nouveau le Mont Blanc qu’il ira défier, avec d’autres ascensions à la clé durant l’année.
Finalement, Paul est ambassadeur sportif du Grand Besançon pour le Festival Grandes Heures Nature.
« Le constat aujourd’hui, c’est que tout ce sport dans ma vie m’a permis de faire progresser mes capacités respiratoires alors que tout le monde considérait que ce n’était pas possible. (…) Aujourd’hui, je suis coach car je veux proposer à des adultes une manière de se préparer mentalement à la reprise du sport ou au dépassement de ses résultats du moment. Je suis aussi coach de vie pour adultes afin d’accompagner ces derniers à aller chercher en eux les ressources, les réponses et les solutions leur permettant de modifier, d’améliorer leur chemin de vie ».
Paul propose aussi des conférences dans toute la France et dans les pays francophones auprès des écoles, associations, magasins sportifs, entreprises ou encore certaines villes. « L’idée est bien de montrer que le dépassement de soi est possible et surtout très bénéfique et qu’il n’est possible que grâce à la motivation personnelle et à l’amour de soi. Il est important d’aller trouver des ressources au plus profond de soi, nous en sommes remplis ».

Contact : contact@paul-fontaine.com 
Tél : 0637673932
Site :www.paul-fontaine.com
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