Patricia Florek quitte la gendarmerie

La « patronne » de la brigade de Champagnole avait aussi servi en Polynésie française. Retour sur une carrière riche de souvenirs.

219
Clément Pernot, président de la communauté de communes, a remercié Patricia Florek pour ses bons et loyaux services.

A 51 ans, Patricia Florek a dit adieu le 1er février aux 16 hommes et femmes qu’elle commandait à la brigade de Champagnole. Une brigade où elle a vécu depuis 10 ans des souvenirs forts, comme l’arrestation après enquête (il y environ un mois) d’un jeune homme porteur d’une arme de poing factice (condamné depuis à 18 mois de prison). Et une brigade où elle a apprécié travailler en raison de « la franchise des jurassiens, et la confiance des maires, sans lesquels ont ne peut pas travailler ».
Entrée en 1987 dans la gendarmerie (« sur les traces de mon père confie-t-elle), Patricia Florek faisait partie des 5% seulement de femmes de sous-officiers. Un chiffre monté aujourd’hui à 15% mais qui en dit long sur un chemin parcouru « lentement mais sûrement ».

« Les gens ne savent plus se parler »

Le savoir-être des femmes est devenu précieux pour intervenir alors que le lien social se délite tout aussi lentement mais sûrement (un effet secondaire des réseaux sociaux ?). Dans les conflits de voisinage, Patricia Florek déplore par exemple que « les gens ne savent plus se parler » et font appel aux gendarmes alors qu’il aurait suffit d’échanger… Paradoxalement, ce dialogue, la commandante l’a trouvé avec les gilets jaunes : « Tout s’est très bien passé à Champagnole, il n’y a jamais eu d’accrochages car ils n’ont jamais passé les limites que nous leur avions rappelées ». Il faut dire qu’en gendarmerie de proximité, tout le monde connait tout le monde : un gros atout.
Patricia Florek exerçait auparavant en Polynésie française, où elle veillait depuis son secrétariat sur des îles parfois distantes de plusieurs milliers de kilomètres (telle la fameuse Bora-Bora). « Jamais je n’ai connu une population aussi simple, gentille et généreuse » se souvient-elle. « Je suis passé des perles de Tahiti à la perle du Jura » conclut-elle en riant, une perle du Jura où elle continuera à vivre, avec sa famille.