Opération restauration pour la tortue de Lect

Le Centre de Conservation et d’Etudes René-Rémond renferme des œuvres inestimables. La paléontologie y est à l’honneur avec les ossements du plus vieux dinosaure connu en France. Actuellement, deux restauratrices travaillent sur le fossile type de la tortue de Lect dont l’âge est compris entre 150 et 145 millions d’années et qui donc vécu au Jurassique supérieur.

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Elodie Beaubier, Sylvie Deschamps, Alma Hueber et la tortue.


Découverte en 1853 dans la forêt de Lect sur la rive gauche de l’Ain, au départ pris pour le torse d’un homme pétrifié, le fossile a été extrait et étudié par deux paléontologues suisses qui l’on décrit comme une nouvelle espèce de tortue. Cette carapace fossile est devenue un type, c’est à dire l’exemplaire de référence qui décrit une nouvelle espèce.
Quatre moulages en plâtre ont été réalisés dont un exemplaire donné à la société d’émulation du Jura par un professeur de math de St Claude en 1857.
Ce fossile a alors disparu en 1869, mais les descriptions ont permis de le comparer avec d’autres spécimens et de le réattribuer à un autre genre de tortues. Toutefois, il reste bien une espèce type. Son parcours est assez étonnant. Cette tortue disparait en 1869, sans nouvelles jusqu’en 1994, ou des particuliers habitant Dole ont contacté le musée pour leur donner un objet qui les encombrait, « un gros caillou » sans se douter de quoi il s’agissait. Alors, la tortue est revenue chez elle dans le Jura…

« Un gros caillou »

Un travail de spécialistes

Le travail de restauration a été confié à deux spécialistes, Elodie Beaubier et Alma Hueber qui ont oeuvré une semaine sur l’original et le moulage en plâtre.
Comme nous le confie Sylvie Deschamps, responsable des collections : « Ce n’est pas une collection facile, et il n’est pas simple de trouver des restaurateurs avec ces connaissances spécifiques. Nous avions déjà travaillé avec Élodie sur d’autres fossiles et nous avons fait appel à elle et une de ses collègues ».
D’après Élodie Beaubier, il y a des collections qui se perdent, car ce sont au départ des objets scientifiques, donc étudiés, manipulés et déplacés dans des conditions plus ou moins bonnes et qui se sont détériorés au fil du temps. Par contre, toutes les traces d’étude vont être conservées, car elles font partie de l’histoire de l’objet et de la science.

Un travail minutieux.