Olga, épanouie dans son métier de luthière

L’envie de devenir luthier, plus forte que tout.

149
Olga Londe

Olga est née dans une famille très ancrée dans le monde musical et a baigné dedans dès son plus jeune âge. En effet, ses parents étaient facteurs d’orgues et étaient tant dans la fabrication que l’entretien de ces instruments.
A partir de 9 ans, Olga a commencé à jouer du violon et est entrée au Collège de l’Arc de Dole en classe aménagée afin de poursuivre la musique. C’est au lycée qu’Olga découvrit la contrebasse et se fut une véritable révélation, un déclic qui la propulsa vers cette envie de devenir luthière. Pourtant, après l’obtention de son baccalauréat littéraire, elle s’inscrivit à l’Université pour poursuivre ses études en Sciences du Langage. Durant cette année, elle n’avait qu’une idée en tête – faire une formation de luthier ; son entourage, dont ses parents, avaient alors tendance à la freiner dans cet élan en mettant en avant le fait que cet artisanat était en voie de disparition et qu’elle pourrait difficilement en vivre.
Mais l’idée l’envahissait. Elle prépara sur une année une formation d’ébénisterie (Préparation au Brevet des Métiers d’Art). Elle décida de s’inscrire à l’École Nationale de Lutherie de Mirecourt dans les Vosges et aussi à l’École Britannique internationale de Lutherie de Newark ; sa candidature fut retenue dans les deux écoles et elle choisit de partir en Angleterre. En effet, celle-ci lui semblait plus ouverte et durant sa formation il lui était possible de fabriquer sa contrebasse, ce dont elle rêvait depuis longtemps… Concrétiser son rêve tout en se formant, n’était-ce pas une belle opportunité ?

Contrebasse créée par Olga.

La formation dura quatre ans jusqu’à l’obtention du diplôme de luthier. A la sortie, elle put travailler pour Patrick Charton qui est un luthier contrebasse de renom installé à Paris (réparations, réglages) et Saint-Etienne (fabrication), ce qui lui permit de continuer de progresser.

S’installer à son compte, un rêve qui se réalise

En 2014, Olga se lance et s’installe à Moissey où elle continue de faire de la sous-traitance pour Patrick Charton et Annette Osann. Elle se met aussi à fabriquer des instruments de musique à partir de commandes arrivant directement de musiciens. Elle s’intéresse tout particulièrement aux instruments anciens et peut être amené à en fabriquer ou en rénover d’autres. En parallèle, elle prend des cours de violon baroque à Besançon. Olga fait partie de groupes musicaux aux orientations diverses où elle joue de la contrebasse et du violon.

Les outils pour le travail du bois.

Pour ce qui est de son entreprise, depuis 2017, en plus de la fabrication, elle fait tant de la réparation et de l’entretien que de la location d’instruments. Olga tend vers de plus en plus de temps pour la fabrication et moins d’entretien-réparation, au fil du temps. Lorsque les personnes s’adressent à elle pour une commande d’instrument, elle passe un certain temps avec celle qui en jouera car il est important de l’écouter dans sa demande. D’ailleurs comme elle l’indique  : « Je note les mots que la personne dit quels qu’ils soient… Les mots employés, la sonorité recherchée, permet de déterminer les essences à employer pour l’instrument et le modèle le plus adapté au musicien ».

“Il faudra encore attendre que l’instrument joue pour qu’il se fasse”

Malgré tout, il est à retenir que la table de l’instrument est majoritairement fabriquée en épicéa, qui est un bois tendre, tandis que le reste de l’instrument se fait le plus couramment en érable. Le travail du bois dans l’épaisseur apportera entre autre le son final.
Olga précise : « Selon les épaisseurs, la hauteur des voûtes, le son sera différent, ça se joue d’ailleurs parfois de peu. La fabrication d’un instrument à cordes nécessite aussi une écoute tout au long de sa fabrication par tapotement sur le bois, par exemple… L’oreille a une grande importance. En même temps, il faut savoir que le son évolue car entre le moment où le premier son sort au départ, à la livraison, et plus tard, il y a un changement ; selon le musicien l’instrument se façonne ; il se crée une forme de symbiose entre les deux. »
Lorsque l’on fabrique l’instrument, il reste unique car on le personnalise à l’image du musicien.
Et d’ajouter : « Il faudra encore attendre que l’instrument joue pour qu’il se fasse, qu’il poursuive son évolution propre. Un des éléments importants qui est installé sur les instruments à cordes frottées est le chevalet en bois d’érable, qui permet d’ajuster le son désiré jusqu’au moment de la livraison. L’autre pièce maitresse du son est l’âme en bois d’épicéa placée à l’intérieur de l’instrument par l’ouïe ; selon sa taille, son épaisseur le son sera différent ; c’est la dernière étape avant la pose des cordes. Ces dernières sont souvent, selon la tradition ancienne, en boyaux et c’est bien la qualité et l’épaisseur qui feront varier le son ; pour un choix moderne, on installe des cordes en métal ».
Depuis longtemps et jusqu’à aujourd’hui la touche des instruments classiques était en ébène ; aujourd’hui l’utilisation de ce bois rare est controversée et le choix se tourne souvent soit vers du placage ébène soit vers des bois de fruitiers durs et peu fibreux (poirier, prunier…) ou encore de l’érable. Pour ce qui est de l’archet, Olga ne le fabrique pas, elle sous-traite cette partie-là qui est très spécifique. Il en est de même pour les mécaniques des contrebasses ou les chevilles des violons que des spécialistes fabriquent en ébène ou en buis.

Traval mis en valeur.

Les instruments à cordes frottées une fois fabriqués, voient leur bois recouvert de vernis à huile ou à alcool avec l’ajout parfois de pigments afin d’apporter une couleur spécifique.

Les différents outils utilisés sont essentiellement le canif, les racloirs qu’Olga à elle-même fabriqués durant ses études, mais aussi les gouges de différentes dimensions, des serre-joints, des rabots (dont le petit « noisette »), des compas d’épaisseur de différentes tailles, des pieds à coulisse….

Contact : Olga Londe
Tél : 06.08.67.69.56
E-mail : olga.londe@live.fr