Nozeroy : la coopérative fait son beurre !

Le seul fabricant de beurre de Franche-Comté ne connaît guère la crise, et envisage même d’exporter en Chine, si...

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Du beurre à gogo prêt à être empaqueté. Photo archives Jean-Claude Barbeaux.

« On revit ! » : pour Aurélie Cuby, gérante de la Coopérative Beurrière du Val de Mièges, depuis la modernisation de l’outil de production, on voit plutôt la vie en rose du côté de Nozeroy. Il faut dire que la vétuste machine à empaqueter a été remplacé en 2019 pour une plus moderne pour environ 250.000 € investis, et que deux gros tanks à crème ont parfait le décor pour 50.000 € en 2020. Déjà agrandie en 2017 (800 m2 contre 450 m2 entre 1996 et 2017) pour accueillir des chambres froides, une salle de congélation, et de l’espace de stockage, la petite coop a désormais tout d’une grande. « Nous n’avons plus de gros investissements à prévoir » se réjouit Aurélie Cuby.
Laquelle ajoute : « Nous produisons 525 tonnes de beurre par an, mais nous pourrions presque doubler la production avec nos nouveaux équipements ».
Il faut dire que le marché reste porteur : même en 2020 annus horribilis, et alors que la coop réalisait avant la pandémie 30% de ses ventes auprès des restaurateurs, « nous n’avons perdu que 11.000 € environ » se réjouit la Nozérienne.
Un résultat inespéré dans le marasme national. Les particuliers s’étant remis aux fourneaux, les ventes dans les grandes et moyennes surfaces ont compensé les restaurants qui étaient fermés, au point d’atteindre désormais 90% de la production. Le reste allant aux grossistes, aux biscuitiers ou escargotiers…

La nouvelle machine à empaqueter a apporté une bouffée d’oxygène à la production.

Des pourparlers avec l’Empire du Milieu

Si la demande est bien là, la coopérative place ses efforts sur les besoins en matière première, à savoir la crème extraite du lait : il peut en effet être écrémé afin ne pas dépasser la barre des 45 % de matière grasse (sur extrait sec). « Nous la récoltons dans un diamètre de 180 kilomètres alentours, jusqu’à Saint Julien sur Suran pour le Jura, et Amancey pour le Doubs » indique l’exploitante.
Dernières fromageries à rejoindre Nozeroy pour leur crème : Montlebon (25), Amancey (25), la Rivière Drugeon (25) et Vernier Fontaine (25), mais « nous en cherchons d’autres » émet la patronne, qui travaille sous la houlette du président François Vuillemin. Au sortir de la petite chaîne de fabrication, le beurre rayonne en retour à travers toute la Franche-Comté, et même jusqu’en Alsace ou dans l’Ain, « de la petite épicerie qui nous prend 5 kilos par semaine, à la grande surface qui a besoin de 2 tonnes ».
Mais l’Empire du milieu troublera t-il la sérénité dans ces verts pâturages ? « Nous sommes en pourparlers avec la Chine, mais elle n’aura du beurre que si nous avons du surplus » confie Aurélie Cuby. Pas question de défavoriser les francs-comtois, attachés à ce produit local et savoureux, en particulier durant la période printanière, puisque les vaches donnent alors un lait plus crémeux.

Contact : www.beurre-baratte.com