Mourir dans la dignité plus que jamais d’actualité

Durant la pandémie, le droit de s’éteindre dignement est revenu sur le devant de la scène, malgré un fiasco parlementaire.

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Pour Brigitte Prost Blondeau, "la France pays des droits de l'homme et pays des Lumières est isolée" depuis les avancées de l'Espagne et du Portugal sur le droit à mourir dignement.

90 %, 92 %, 96% : pour Brigitte Prost Blondeau, déléguée jurassienne de l’ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité), jamais les français n’ont été aussi nombreux et aussi favorables à une fin de vie digne, selon divers sondages. Il faut dire que la pandémie a révolutionné nos vies depuis plus d’un an : chacun a été bien obligé de voir la réalité en face, celle qui veut que chaque vie a une fin. Brigitte Prost Blondeau s’est donc réjouie de voir la proposition de loi portée par Olivier Falorni, député (LT, centre)  devant le Parlement. L’ADMD espérait ce printemps ” une journée historique../… pour permettre aux Français de bénéficier enfin du droit de choisir les conditions de leur propre fin de vie”.
Las “un quarteron de députés qui préfèrent l’obstruction à l’argumentation” ont déposé tant d’amendements que le texte n’a même pas pu être examiné, au désespoir de Line Renaud, membre du comité d’honneur de l’ADMD. L’association poursuit cependant son travail de sensibilisation : selon Brigitte Prost Blondeau, 300 parlementaires seraient favorables à réouvrir le débat. 225 parlementaires de tous bords (de droite comme de gauche) avaient d’ailleurs manifesté leur soutien à la proposition de loi Falorni avant qu’elle ne soit avortée. Brigitte Prost Blondeau insiste pour sa part pour le nécessité des soins palliatifs (complémentaires au droit de mourir dans la dignité), et sur le bon sens collectif : ce n’est pas parce qu’une loi passe un jour qu’on va mourir à tour de bras. Chaque humain s’accroche à la vie jusqu’au bout : en Belgique -ou l’aide à mourir existe depuis bien longtemps- une oncologue a constaté en 2018 que cette dernière n’a été utilisée que dans 5% environ des décès par cancers souligne l’ADMD.  Pour se faire une opinion sur ce sujet qui nous concerne tous, Brigitte Prost-Blondeau organise en partenariat avec le Cercle Condorcet, un film-débat à Lons le Saunier.

“Qu’est ce qu’on attend ?” : film du lédonien Thierry Vallino tourné avec des résidents d’un Ehpad de l’Ain; suivi d’un débat animé par le philosophe jurassien, Stéphane Haslé. Lons/ Carrefour de la communication le samedi 19 Juin à 14h30. Entrée libre.

Contact ADMD 39 : 03 84 47 59 10/ admd39@admd.net