Mont-sous-Vaudrey : un trésor médiéval découvert

En mars 1837*, des travailleurs, en charge de la démolition d’une partie de l’église de Mont-sous-Vaudrey, mirent au jour un trésor monétaire considérable. Et pour cause, les sources rapportent que des dizaines de milliers de pièces de monnaie médiévales furent trouvées. Retour sur cette histoire atypique et dramatique.

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1638
Cinq années plus tard, des ouvriers détruisaient des anciennes élévations de ladite église, lorsque qu’ils découvrirent, dans la maçonnerie d’un des «  angles de la voûte, une longue caisse en sapin, qui tomba en poussière dès qu’elle fut à l’air ». À l’époque, il fut estimé qu’elle abritait plus de 40 000 pièces de monnaie.

Lors de la démolition de l’ancienne église…

En juillet 1832, un terrible incendie ravagea une partie du village. L’église en fut profondément affectée. Cinq années plus tard, des ouvriers détruisaient des anciennes élévations de ladite église, lorsque qu’ils découvrirent, dans la maçonnerie d’un des «  angles de la voûte, une longue caisse en sapin, qui tomba en poussière dès qu’elle fut à l’air ».

À l’époque, il fut estimé qu’elle abritait plus de 40 000 pièces de monnaie. Un réel pactole ! Néanmoins, il est impossible de vérifier ces chiffres, possiblement disproportionnés, puisque des travailleurs – accompagnés d’autres individus extérieurs au chantier – pillèrent rapidement les rondelles de billon et d’argent de la fin du XIIIe siècle et/ou du début du XIVe siècle.

Un pillage relayé jusqu’en Allemagne

Le Journal des débats littéraires et politiques publia cette histoire en avril 1837. « Un ouvrier s’étant aperçu que le sieur Goissot, au lieu de continuer son travail, remplissait ses poches de pièces de monnaie, se mit à en faire autant, d’autres accoururent, la confusion devint générale ».

Jean-François Fourneret, le maire de Mont-sous-Vaudrey, arriva et protesta contre cet accaparement – le trésor appartenant à l’ensemble de la communauté villageoise. Devant l’appât du gain, ses paroles restèrent muettes. Instantanément, le butin s’égraina au gré des poches cupides. Le témoignage du passé devint inaudible.

Une découverte qui ne passa pas inaperçue, puisqu’elle fut même rapportée, le 15 mai 1837, dans Blätter für literarische Unterhaltung, un journal littéraire de Leipzig.

Une chance toutefois que le trésorier de la Société d’émulation du Jura en déposa certaines, d’après les sources, au musée de Lons-le-Saunier. Une découverte teintée de féerie qui rejoignit la liste des trésors monétaires jurassiens ; quelques années seulement après celle de l’ancien couvent des Carmes de Clairvaux.

*Et non en 1838, comme l’affirme Alphonse Rousset dans sa notice sur Mont-sous-Vaudrey, dans le quatrième tome de son Dictionnaire géographique, historique et statistique des communes de Franche-Comté […].

Pour aller plus loin : Travaux de la Société d’émulation du Jura du département du Jura, pendant l’année 1837, Lons-le-Saunier, Frédéric Gauthier, imprimeur de la Société, 1838, pp. 32-34. & Journal des débats politiques et littéraires, 01 avril 1837, p. 2.