Mont-sous-Vaudrey : la statue de Jean Bavilley déconfinée !

Depuis plus de deux mois, la statue de Jean Bavilley se dresse fièrement sur une des façades de la mairie de Mont-sous-Vaudrey. Datant de 2012, cette œuvre rend hommage à un cultivateur du XVIIIe siècle qui s’est battu pour la sauvegarde des bois du village. Histoire d’un déconfinement réussi…

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Adrien Meneau travaillant sur la statue de Jean Bavilley en septembre dernier.

Une œuvre menacée

En décembre 2011, des conditions météorologiques difficiles affectèrent un liquidambar dans le parc Biot (parc de la mairie) – ce qui provoqua son abattement. Assez rapidement, Germaine Oudot, Luc Duboz et Bernard Fraizier (maire de Mont-sous-Vaudrey de 1995 à 2020) voulurent utiliser les restes de cet arbre pour représenter symboliquement Jean Bavilley (v.1725-1801).

Nommé entre 1757 et 1789 au moins vingt fois procureur spécial, Jean Bavilley fut aussi échevin et défendit les bois du village contre les ambitions expansionnistes des seigneurs Domet de Mont. « Il a défendu les bois et encore aujourd’hui, c’est la ressource principale de la commune », note Paulette Giancatarino, maire de Mont-sous-Vaudrey depuis mai dernier.

D’après la légende, Jean Bavilley se serait rendu à Paris, chaussé de sabots, pour défendre devant la Convention nationale les bois du village, avant de faire un retour triomphal à Mont-sous-Vaudrey. Cette sculpture est alors davantage une représentation du mythe que de la réalité historique.

Au milieu des années 2010, la statue se dégrada. « Elle était posée sur le socle de l’arbre, et avec le temps, des champignons se sont développés et le socle menaçait de s’effondrer », précise Germaine Oudot, présidente de l’association culturelle Amaous. La statue a alors été soigneusement rangée dans l’atelier municipal.

La fin d’un confinement…

En septembre 2020, la statue de Jean Bavilley fut restaurée avant d’être repositionnée à côté de la mairie (ancienne maison de cet homme), avec l’aide notamment des employés municipaux et des membres de la commission travaux.

Pour se faire, l’artiste Adrien Meneau fut dépêché pour couper la statue à la hauteur du manteau afin de retirer la partie trop endommagée par le temps. Le socle, les jambes, les sabots furent alors taillés dans un séquoia – un bois qui devrait résister davantage aux années. D’autant plus que cette sculpture est dorénavant protégée par le bâtiment communal sur lequel elle est scellée.

Alors qu’en 2012 la réalisation de l’œuvre avait coûté 2300 €, cette fois-ci, Adrien Meneau ne demanda que 1000 , bois compris.

« J’ai envie de croire en la légende qu’il est allé à Paris en sabots. Je suis admirative de cet homme qui était près des villageois », conclut Paulette Giancatarino.