Mont-sous-Vaudrey arbore ses nouvelles armoiries

Dernièrement, le conseil municipal a validé la proposition d’adopter les armoiries proposées par Nicolas Vernot, docteur en Histoire et président de l'ARCHEE (Association de Recherche Comtoise en Héraldique, Épigraphie et Emblématique). Depuis, celles-ci sont présentes sur les documents officiels émanant de la municipalité. Explication de leurs significations.

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En 2019, Myriam Kharchi, présidente de l’Amicale des Sapeurs-Pompiers de Mont-sous-Vaudrey, manifesta sa volonté de créer des armoiries communales pour que son unité soit facilement identifiée. Réalisées par Nicolas Vernot, les nouvelles armoiries de Mont-sous-Vaudrey sont riches en significations. (Tous droits réservés).

En 2019, Myriam Kharchi, présidente de l’Amicale des Sapeurs-Pompiers de Mont-sous-Vaudrey, manifesta son envie que soient créées des armoiries communales pour que son unité soit facilement identifiée. Réalisées par Nicolas Vernot, les nouvelles armoiries de Mont-sous-Vaudrey sont riches en significations.

L’élément central de ces nouvelles armoiries est une silhouette du coq du clocher comtois de la commune. Pour coller le plus possible à la réalité, des clichés ont été réalisés par l’entreprise Jura Drone. Comme le fait remarquer Nicolas Vernot, « C’est sans doute la première fois en France qu’un drone contribue à la création d’armoiries communales ! ».

Visant à refléter l’identité des habitants du village, les armoiries ont été composées à partir d’un choix rigoureux des « éléments les plus représentatifs de l’identité locale de manière à constituer une composition à la fois vigoureuse et harmonieuse », ajoute celui qui pensa les armoiries.

Évoquer Jules Grévy sans le nommer

L’objectif était de rendre hommage aux principales figures qui ont fait Mont-sous-Vaudrey au fil des siècles. Il allait donc de soi que Jules Grévy, né et décédé dans ce village, devait être évoqué, puisque ayant été président de la République française entre 1879 et 1887. Comme l’explique Nicolas Vernot, une difficulté subsistait néanmoins, puisque « la législation actuellement en vigueur interdit aux particuliers comme aux collectivités locales d’intégrer dans leurs armoiries des symboles liés à l’État français ». Impossible donc d’évoquer ce président républicain par un drapeau tricolore.

Ainsi, « Dans le projet présenté, Jules Grévy, président de la République, est évoqué par le coq d’argent (blanc) sur un fond parti d’azur (bleu) et de gueules (rouge). Ce coq chantant dominant un soleil levant symbolise la victoire des valeurs républicaines qu’incarne Jules Grévy ». Le soleil levant permet aussi de mettre en lumière la naissance de Jules Grévy à Mont-sous-Vaudrey. Une arche de pierre évoque, quant à elle, le caveau de Jules Grévy, dans lequel il repose depuis 1891 – ainsi que de multiples bâtiments néoclassiques présents dans la commune.

Caractériser le village et ses habitants

D’autres figures forgèrent le village au cours de son histoire, à l’instar de Jean Bavilley (v.1725-1801). Cultivateur, celui-ci se battit contre les ambitions des seigneurs Domet de Mont qui souhaitaient s’accaparer une partie des bois des habitants. D’après la légende, il se rendit à Paris en sabots, sous la Révolution, pour porter le dossier devant la Convention nationale. La devise latine Tenax Omnia Domet constitue un clin d’œil subtil à cet héros local. Celle-ci signifie : « celui qui est tenace vient à bout de tout ». Elle rappelle aussi les volontés des habitants pour (re)construire la commune, notamment après l’incendie de juillet 1832, qui ravagea une partie du village.

Un sabot glissé sous l’arche rappelle aussi le courage de Jean Bavilley, tout en évoquant un Monier sabotier qui fut promu meilleur ouvrier de France en 1958.

« Enfin, la commune, au caractère rural préservé, se situe en zone de contact entre la forêt de Chaux (au sud) et de vastes espaces cultivés (au nord). Cette double vocation agricole et forestière du village […] est figuré[e] par les végétaux qui tiennent lieu d’ornements extérieurs : deux poignées d’épis de blés, en haut, auxquelles répondent deux rameaux de chêne, en bas », note le docteur en Histoire.

« C’est bien d’avoir un emblème spécifique à la commune. C’est un peu pour que notre village se différencie des autres. La devise me plaît bien, si on est tenace, on peut venir à bout de tout », conclut Paulette Giancatarino, maire de Mont-sous-Vaudrey.