Mini Countryman Cooper SE : le roi de la polyvalence

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À grande vitesse, les constructeurs rattrapent leur retard pris sur Toyota et se lancent corps et âme dans l’hybridation. Le Mini Countryman, renouvelé dernièrement, s’offre à son tour une déclinaison hybride qui vient encore renforcer sa grande polyvalence.

« L’hybridation comme planche de salut » : ainsi pourrait être résumée la période que traverse actuellement l’automobile. La technologie semble être en mesure de répondre à la plupart des enjeux auxquels sont confrontés les grands noms de la gent carrossée. À l’heure où frappe à la portière le péril environnemental, le public, tout d’abord, est de plus en plus réceptif aux solutions alternatives. Et si la fibre écologique mérite de croître encore davantage, la problématique économique apparaît comme un facteur de choix déterminant à l’heure d’acheter une nouvelle auto. Nos voitures sont sommées de moins consommer et donc de moins polluer. L’hybridation apparaît alors comme une solution idéale en permettant de contenir leur appétit en carburants fossiles. Les constructeurs y trouvent également leur compte. Les normes antipollution sont en effet de plus en plus drastiques et les protocoles de test de plus en plus proches de la réalité. Les contrevenants s’exposent à de lourdes sanctions. Même si les autorités ont fait preuve d’une certaine mansuétude en échelonnant leur déploiement afin de laisser le temps aux marques de s’adapter, les conséquences seront d’ampleur. À commencer par l’augmentation mathématique, sur les fiches techniques, des chiffres de consommation et d’émissions. Un même modèle ne sera pas noté de la même manière qu’il l’était jusqu’à présent. De fait, la moyenne des catalogues des firmes sera revue à la hausse et il est urgent pour elles de proposer des modèles moins dispendieux. C’est pourquoi on voit notamment de gros routiers, comme le Porsche Cayenne ou les BMW X5 et X6, mettre les doigts dans la prise, même si cela peut apparaître comme une aberration. L’hybridation est en effet une solution pleine d’avantages, mais elle ne fait pas de miracle. Premièrement, elle se destine à des usages mixtes, avec des trajets variés à majorité urbaine. Les grands rouleurs, autoroutiers notamment, n’y trouveront pas un avantage justifiant aujourd’hui la différence de prix. Ensuite, même si elle commence à être maîtrisée, la technologie reste fragile et engendre de fait des surcoûts en cas de réparation. Aussi séduisante que puisse être l’hybridation, on ne choisit donc pas un modèle hybride en se laissant hypnotiser par les sirènes de la modernité : il convient de bien réfléchir à ses usages avant de sauter le pas. La grande polyvalence du Countryman fait de lui un candidat tout désigné. C’est exactement pour ce genre de véhicules que la technologie prend tout son sens. Mini l’a bien compris qui sort aujourd’hui une version rechargeable de son SUV.

La bonne formule

Les ingénieurs se sont concentrés sur la partie technique. Il n’y a donc rien à découvrir sur le plan esthétique. Le Countryman, renouvelé dernièrement, repose sur une seconde génération pleine de charme. Seule différence, la prise de recharge est dissimulée sous une petite trappe placée sur le côté. On reconnaîtra cette version hybride rechargeable grâce à ses badges jaunes disposés sur les faces avant et arrière. Petite surprise sur la calandre : le jaune symbolisant l’hybride chez Mini est associé à la lettre « S », le sigle sportif de la marque. Et pour cause ! L’architecture moteur est la même que sur la supercar BMW i8 : un trois cylindres essence 1,5 turbo de 136 ch sous le capot est associé à un moteur électrique de 88 ch sur l’essieu arrière. La puissance retenue n’est pas identique, mais l’ensemble développe 224 ch tout de même !
La batterie lithium-ion de 7,6 kWh se trouve sous la banquette afin d’assurer une répartition des masses optimale. De fait, il faudra compter avec 45 litres de coffre en moins (405 l) et une garde au toit réduite. Mais l’habitabilité demeure excellente pour un SUV urbain. L’autonomie en 100 % électrique est annoncée à 42 km, ce qui donne un usage réel de 35 km. La recharge s’effectue en 3 h 15 min sur une prise classique et en 2 h 30 sur une wallbox de 3,7 kW.
Au rang des changements peu nombreux dans l’habitacle on note, au moment de démarrer, que le compte-tours intègre un indicateur de charge et un sélecteur de mode de conduite. Ainsi doté, le Countryman SE pèse 190 kg de plus qu’une version classique. Cela ne l’empêche pas de boucler le 0 à 100 km/h en 6,8 s. C’est un peu moins que la version Sport JCW de 231 ch (6,5 s), mais c’est aussi bien que la S de 192 ch, le tout avec une transmission intégrale de fait et une consommation homologuée à 2,1 l/100 km.
Le Countryman SE jouit ainsi d’un comportement dynamique de premier ordre, avec, en outre un couple de 390 Nm disponible très tôt dans l’accélération. C’est moins glorieux, toutefois, quand les batteries sont vides. Sans concurrent direct en l’absence d’un Audi Q2 et d’un Mercedes GLA hybrides, Le Countryman SE fait payer un peu cher ses bonnes dispositions écologiques. Il faut compter 38 900 € pour un premier prix et près de 50 000 € au gré des nombreuses options. Le prix de la polyvalence, sans doute.

Fiche technique : Mini Countryman Cooper SE

Moteur thermique : essence, 3-cylindres turbo
Cylindrée : 1 499 cm3
Puissance thermique : 136 ch à 4 400 tr/min
Couple thermique : 220 Nm à 1250-4300 tr/min
Puissance électrique : 65 kW/88 ch
Couple thermique : 165 Nm
Puissance cumulée : 227 ch
Boîte de vitesses : automatique à convertisseur et 6 rapports
Batteries : type lithium-ion de 7,6 kW de capacité
Longueur : 4,30 m
Largeur : 1,82 m
Hauteur : 1,56 m
Empattement : 2,67 m
Garde au sol : 16,5 cm
Volume du coffre : de 405 à 1 275 l
Capacité du réservoir : 36 l
Poids à vide : 1 660 kg
0 à 100 km/h : 6,8 s
Vitesse maxi : 198 km/h
Mixte : 2,3 l/100 km
Rejets de CO2 : 49 g/km
Bonus : 1 000 €