Marotte va doubler de taille

La PME spécialiste des coffrets en bois croît à grande vitesse, grâce à l'univers du luxe.

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Danielle Brulebois, députée, et David Philot, préfet ont été accompagnés par la famille Marotte (à d.).

Ruinart, Dom Perignon, Moët et Chandon, Mumm, Taittinger, mais aussi bijoux ou montres suisses de luxe : voici quelques uns des grands noms émargeant dans les carnets de commande de Marotte, une entreprise familiale de 43 salariés située à Passenans.
“Nous avons fait un bond en avant, il y a quelques mois nous n’étions que 35-40” souligne Xavier Marotte, dirigeant de la PME avec son frère Damien et son père Pascal entre autres.
Selon ces derniers, l’entreprise a pris son envol au détour des années 2000 : “Les marchés de masse sont partis en Europe de l’Est, puis en Chine. Nous nous sommes alors tournés vers les petites séries”.
Outre les coffrets, la tabletterie fabrique également des “glorifieurs” (podium permettant par exemple à un parfum de trôner bien en vue sur un présentoir), mais aussi des boîtes de jeu de société pour Jeujura, ou encore des quilles ou des palets bretons pour Décathlon.
Un gros client pour lequel Marotte fait tourner 24 h/24 un robot 3D capable de percer, fraiser, couper avec précision. Un autre robot est en cours de développement pour réduire quelques tâches assez ingrates, mais le “fait main” constitue l’essentiel d’une production désormais “destinée à 60-70% au secteur du luxe” précise Pascal Marotte.

Une usine deux fois plus grande

Un secteur qui n’a pas connu la crise du Covid : “Les commandes ont été décalées d’un mois au début de la pandémie, mais ont été ensuite rattrapées”. Un doux euphémisme, car depuis plusieurs années la société bat des records de croissance. Selon Damien Marotte, cela s’explique par ” un gros potentiel de développement sur le marché du luxe, et aussi un engouement pour la production française”.
Pénurie et coût des containers en provenance de Chine, manque de réactivité : la pandémie a renforcé l’attrait de certaines productions “made in France”.
Fort de ce succès, la tabletterie va doubler sa surface et passer de 3.000 à 6.000 m2 pour un budget de 3,9 millions € révèle Pascal Marotte.
Danielle Brulebois, députée du Jura souligne pour sa part que la PME a bénéficié de 800.000 € via l’appel à projets “Fonds d’accélération des investissements industriels dans les territoires”.
Un plan de relance antiCovid qui permettra à l’entreprise familiale de ne ” plus être bloquée dans son volume de production” précise Pascal Marotte, et de poursuivre une success story qui dure depuis presque 90 ans (lire encadré).

Un tuyé et un coffret à champagne, témoins de la qualité des produits de l’entreprise familiale.

Marotte de père en fils

Damien et Xavier Marotte représentent la 4éme génération dans leur entreprise familiale de Passenans. Une modeste entreprise fondée en 1933 par leur arrière grand père. Selon Xavier Marotte, la matière première évolue selon le contenant à mettre en valeur : chêne, hêtre, épicea, peuplier, etc.
Depuis sa labellisation PEFC, la PME contrôle la traçabilité des bois qui lui sont livrés. “Nous avons passé certains contrats avec l’ONF pour nous approvisionner dans les forêts alentours, dans un rayon de 20 km” conclut Damien Marotte. Du bois débité à Hauteroche avant d’être séché en circuit court à Passenans pour certaines essences…