Manzoni Bouchot Fonderie à Saint-Claude, c’est fini !

La liquidation judiciaire de l’entreprise a été prononcée mardi dernier par le Tribunal.

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MBF stop ou encore ? Le tribunal a dit non.

«Quel gâchis, une fonderie historique pour l’automobile française, va fermer ses portes».
Ceci est un leitmotiv que l’on a entendu se répéter souvent depuis que le tribunal de Commerce de Dijon a acté ce mardi après-midi 22 juin, la liquidation pure et simple de MBF Aluminium.
«C’est un massacre et le véritable auteur de ce massacre c’est L’État», dixit les délégués du personnel très remontés à la sortie du greffe du tribunal. Créée en 1941 par messieurs Manzoni Stéphane et Bouchot Pierre en atelier de mécanique, puis évoluant dans l’activité de la fonderie sous pression en 1948 pour la fabrication du Zamak et de l’Aluminium, il s’agit de plus de 80 ans de savoir-faire et de compétences pour le secteur automobile notamment que le tribunal dijonnais vient d’effacer d’un trait de plume, sans coup férir. Ce dernier n’a pas trouvé viable la proposition que Mikael Azoulay le seul repreneur présent avait déjà soutenue devant le tribunal et de nouveau enrichie cette fois-ci. Le juge consulaire avait au préalable écarté à la séance précédente sans autre forme de procès, la proposition mixte “public/privé” de la Région et la SCOP envisagée par les salariés…

La fonte s’effondre.

Après 83 jours de lutte par les employés afin de défendre leur outil de travail, la nouvelle s’est répandue comme un feu de paille sur la ville, jetant trouble, consternation et souvent colère, envers cette décision, que beaucoup de gens néanmoins redoutaient.
En prenant un peu de recul, déjà la situation de MBF en France n’est pas unique, d’autres fonderies sont aussi en difficulté comme la SAM dans l’Aveyron, La Fonderie de Bretagne, ou FVM en Meurthe et Moselle, et comme toute la fonderie française d’ailleurs.
La fonte s’effondre. Sa chute a été accélérée par la délocalisation de la production automobile et le recul des moteurs diesel, mais aussi par l’effondrement du marché avec la pandémie. Cela était-il prévisible ?
Oui répondait déjà avant notamment le rapport Roland Berger, en affirmant que cette industrie devait s’adapter en s’orientant hors du secteur automobile. Mais cette recommandation n’est-elle pas restée comme un vœu pieux ?
Qu’est-ce que les instances gouvernementales ont accompli pour œuvrer à la réorganisation de la filière ? Rien ou pas grand-chose !
Ainsi, les salariés au chômage peuvent se poser la question d’une véritable politique industrielle en France 5ème puissance mondiale… Pas ou peu de vision, chez les ministres Bruno Le Maire et Agnès Pagnier-Runacher. Absence totale de planification stratégique.
Aussi, ce mardi 22 juin 2021, 300 travailleurs ont perdu leur emploi et se retrouvent avec leur famille dans un désarroi aussi profond que révoltant.