L’invitée de la semaine : Lucie Vidalinc

A l’approche de la Toussaint, l’assistante funéraire à Salins-les-Bains revient sur l’évolution de son métier pendant le confinement. Durant cette période, il a fallu « se réinventer ».

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Lucie, pourquoi avoir choisi de devenir assistante funéraire ?
J’ai eu une mauvaise expérience avec une entreprise de pompes funèbres. Je voulais pouvoir accompagner les familles différemment et complètement, avec authenticité, ce qui n’avait pas été le cas.

Quelles sont les valeurs que vous défendez au sein de la profession ?
J’ai fait le choix de travailler dans une entreprise familiale, le Choix funéraire à Salins-les-Bains depuis 2018, une entreprise indépendante et pas un groupe, libre de ses choix, de ses tarifs. Toutes les entreprises ne sont prioritairement guidées par l’aspect commercial. Je suis là vraiment pour soutenir, nous sommes un pilier pour les familles pendant ces quelques jours et après.

Comment avez-vous travaillé pendant le confinement ?
Nous nous sommes réinventés. Nous avons dû imaginer des nouvelles solutions pour apporter aussi aux gens qui voulaient des cérémonies religieuses une solution alternative et des lieux alternatifs. Nous leur avons proposé de s’impliquer davantage. Nous avons réinventé les cérémonies civiles dans lesquelles nous avons mis de la croyance, des bénédictions.

Mais le goupillon était interdit…
Nous avons proposé à chacun de cueillir une fleur des champs et de la tremper dans l’eau bénite pour ne pas qu’il y ait de risque de se contaminer. Pendant le confinement, les cercueils devaient être fermés tout de suite. Nous avions des protections à mettre pour les cas Covid. Seule la cérémonie pouvait donner une autre image du défunt et permettre de commencer un travail de deuil compliqué dans ces circonstances. Nous n’avons surtout pas enlevé ces cérémonies, mais nous les avons organisées différemment.

Vous avez proposé d’autre initiatives pour l’après-confinement ?
Nous proposons aux familles du Triangle d’or une cérémonie civile gratuitement jusqu’à fin décembre, même celles qui ne sont pas passées par nous. Pour tous ceux qui ont perdu quelqu’un pendant le confinement et qui n’ont pas eu droit à cette cérémonie.

A l’approche de la Toussaint, quel est votre constat ?
Nous sommes saturés au niveau marbrerie. Quand un client veut un monument pour la Toussaint, il faut le commander l’été et les clients n’ont pas forcément ce délai en tête car tous nos monuments sont faits sur mesure et le granit commandé au fur et à mesure.

Des conseils pour « mieux vivre » un décès ?
Il faut aller pousser plusieurs portes, appeler plusieurs pompes funèbres aussi bien pour les tarifs que le lien que vous pourrez créer avec l’assistant funéraire. Sans créer ce lien, ce sera compliqué de passer ces quelques jours. Vous avez le temps et vous n’êtes pas obligés de prendre l’unique entreprise de pompes funèbres de votre ville…
Toutes les entreprises de pompes funèbres ont accès aux mêmes chambres funéraires, aux mêmes conditions et aux mêmes tarifs.

Comment faites-vous la part des choses en vous investissant autant humainement ?
J’ai intérêt à avoir une famille solide, qui accepte beaucoup de choses, beaucoup d’absence. Quand une famille vient me remercier, me féliciter pour mon travail, ça me donne la force de repartir pour la famille suivante. Mes collègues de Levier et Quingey fonctionnent de la même manière. Chaque famille qu’on accompagne est un petit bout de notre histoire. Nous avançons, nous grandissons avec eux, des fois nous craquons…
Au Choix funéraire, nous avons la chance d’être une équipe soudée, donc nous nous soutenons les uns les autres.