Réinsertion : l’hôtel du Parc s’agrandit

15 nouvelles chambres 3* naitront à Lons, pour permettre à des patients ayant souffert d’addictions de remettre le pied à l’étrier via des emplois accompagnés.

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L'annexe de l'hôtel du Parc donnera sur l'avenue de la Marseillaise, non loin du parc des Bains.

Un projet original porté par l’ADLCA (Association départementale de lutte contre les addictions) verra le jour près du carrefour de la libération, face à l’agence lédonienne d’Hebdo 39. Sur l’avenue de la Marseillaise, un hôtel 3 étoiles sortira de terre dans les mois à venir : 15 chambres, réparties sur 3 étages et surmontées par un toit terrasse abritant un espace détente (jacuzzi, sauna, hammam, transats, etc.).
« Une salle de réunion complétera l’ensemble » explique Eric Barthet, directeur de l’ADLCA, pour jouer la synergie avec l’hôtel du Parc situé à quelques mètres de là (également propriété de l’association). Cette annexe s’ajoutera en effet aux 19 chambres, aux salles de réunion et aux deux salles de restauration déjà créées depuis 1998.
« Environ 1 an de travaux sont prévus à partir du mois de septembre 2019 » pour un budget très conséquent relate le directeur de l’association basée à Bletterans : l’objectif n’est pas commercial, mais vise à réinsérer des patients ayant souffert d’addictions (alcool, médicaments, drogues, etc.).

Un parcours complet unique en France

Depuis 1972, l’ADLCA s’est fait un nom dans ce secteur grâce à un centre de sevrage, un autre de soins de suite et de réadaptation (SSR), ainsi que plusieurs filières de réinsertion : le centre de sevrage situé à Bletterans est le seul de ce type dans le Jura, mais l’association est aussi la seule en France à proposer un parcours complet emmenant certains patients aussi loin. « 43% de nos bénéficiaires ressortent avec un emploi, une formation, ou un projet de vie » précise Alice Cordellier, directrice adjointe. Ce « tremplin vers une  nouvelle vie » leur permet ainsi de se former durant 2 ans aux métiers de l’hôtellerie-restauration à Lons, mais aussi aux métiers du bâtiment, ou aux métiers du recyclage. « 3.500 tonnes de piles et accumulateurs sont triés chaque année dans notre usine située à Bletterans » déclare Eric Barthet, soit l’équivalent d’un semi-remorque par jour. Ici encore l’ADLCA faire figure de leader, puisque seuls quatre organismes en France existent dans ce marché de niche très spécialisé. « Les piles sont collectées de l’Alsace jusqu’à la région Rhône-Alpes, pour être fondues et recyclées après notre triage ». Cette filière marie donc à la fois le côté environnemental et l’insertion à l’instar de la philosophie de l’association qui mêle économie, social et solidarité.

Alice Cordellier et Eric Barthet veillent sur le projet d’extension de l’hôtel du Parc.

Le centre de sevrage

Unique dans le Jura, il constitue le « cœur de métier » de l’ADLCA, puisqu’il permet à 450-500 patients par an de se libérer de leurs troubles addictifs (même si une rechute peut toujours survenir, y compris 10 ou 15 ans après confie Eric Barthet). Venus de toute la région, mais aussi de Rhône Alpes (voire de l’étranger) en raison de l’expérience et de la bonne réputation des lieux, ils suivent un parcours de soin d’environ 3 semaines, accompagnés par médecins et infirmières (comme dans un hôpital). 250 à 300 d’entre eux restent ensuite chaque année en post-cure (SSR) pendant 2 à 3 mois, avant de rejoindre pour certains l’une des 3 filières de réinsertion. Avec 150 salariés en tout, l’ADLCA constitue le plus gros employeur de Bletterans.

Contact : www.adlca.fr/ 03 84 48 17 21

Stéphane Hovaere

La chaine de tri des piles : une des seules filières de recyclage en France.

Toute une histoire…

En 1972 le Docteur Pierre Bénichou, alors praticien au Centre Hospitalier de Lons-le- Saunier, crée l’Association gestionnaire du Dispensaire de Lutte contre l’alcoolisme du Jura. Il en est toujours le président emblématique.
1980 : ouverture du centre de post cure, aujourd’hui dénommé Centre de Soins de Suite et de Réadaptation sur le site d’un ancien couvent, à Bletterans.
1985 : démarrage des activités d’insertion dans les métiers du bâtiment et de l’hôtellerie-restauration
1998 : vente du restaurant « L’Atrium » et ouverture de l’hôtel du Parc.
2001 : démarrage des activités d’insertion dans les métiers du recyclage des déchets.
2009 : ouverture de l’unité de sevrage.
2020 : ouverture de l’annexe de l’hôtel du Parc.