Jura. Lons : le sentiment d’insécurité fait débat…

Face aux différentes nuisances et incivilités s'étant accumulées depuis le début de l'été au centre-ville de Lons, le maire Jean-Yves Ravier a décidé de réagir et envisage d'augmenter sensiblement les effectifs de la police municipale. Explications.

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Malgré son apparence matinale, le centre-ville de Lons, n'est pas toujours aussi paisible...

Depuis plusieurs semaines, certaines incivilités sont venues pourrir l’estival quotidien d’un bon nombre de lédoniens.
Déjà fin juillet, dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26, une trentaine de personnes ont provoqué la police, place de la Liberté. “A priori des migrants majeurs” selon les riverains.
Puis vendredi 31 juillet, vers 2 heures du matin, deux policiers ont été blessés lors d’une intervention pour une bagarre entre deux bandes rivales d’une dizaine d’individus chacune, rue Lafayette. Sur place, l’un des antagonistes brandissait un couteau, ce qui lui valait d’être placé en garde à vue. Sauf que le lendemain soir, le même énergumène faisait des doigts d’honneur aux policiers sous les Arcades. Re-garde à vue à la clé…
Sous le coup d’une expulsion du territoire depuis 2018, le préfet a décidé d’une rétention administrative et expédié l’individu dans un centre adapté en région parisienne. Mais le mardi suivant, ce dernier était vu à Lons. Remis en liberté, au motif d’un “problème de procédure”.

Alcool, bagarres, insultes…

Dimanche dernier, le réveil des habitants de la rue du Puits salé à la place de la Liberté a été assez difficile. Des cris résonnaient, ainsi que des insultes destinées aux habitants qui regardaient la scène à la fenêtre. Énième conséquence du regroupement d’une dizaine d’individus très alcoolisés qui, là encore, ont enclenché une bagarre. Un homme sera d’ailleurs pris en charge par les pompiers vers 7 h 30 sur la place de la Comédie.
“Entre la rue du Puits salé et la place de la Liberté, les nuisances durent depuis au moins un an et plus seulement dans la nuit du samedi au dimanche” précisent certains riverains.
Lesquels détaillent :
“Les habitants qui interviennent sont insultés, parfois agressés, comme dernièrement avec le jet d’une canette”.
Un état de fait qui, ajouté au manque d’effectifs des forces de l’ordre locales, vient démontrer que l’autorité n’est plus reconnue et que la justice semble trop laxiste à l’encontre des fauteurs de troubles…
Parmi ces lédoniens excédés par ces incivilités à répétitions (dont quelques-uns sont localement bien connus par leur pratique de la boxe), certains vont même plus loin en menaçant de “péter un cable” et de se faire justice eux-même, “si la justice ne fait son travail”. La situation s’avère donc plus que tendue.

Des zones de non-droit en devenir ?

En divers lieux du centre-ville (comme la rue des Arcades, ou la place de la Comédie), beaucoup disent “ne plus oser aller, une fois la nuit tombée”.
Par ailleurs, les commerçants se plaignent, assurant que des vidéos ont été enregistrées de personnes déféquant sur le pavé !
Selon plusieurs sources, une partie des problèmes serait liée à un trafic de drogue avec des personnes qui ont investi le territoire, qui vendent ouvertement, qui se battent au milieu de la rue, qui intimident les riverains “et qui ont bien compris qu’ils n’ont rien à craindre de la police et de la justice”…

 

Jean-Yves Ravier.

Le maire décide de réagir

Pour le maire Jean-Yves Ravier, ces quelques nuisances sont le résultat de la période post-confinement.
“Pour beaucoup, notamment les plus jeunes, le confinement a été très mal vécu : perte d’emploi, soucis pour l’avenir, écoles, collèges, lycées fermés… Rajoutons à cela que certains ne sont pas partis en vacances, et puis il y a eu la chaleur écrasante de la semaine dernière. Tout un ensemble de choses qui fait que les nuisances ont augmenté en cette fin d’été”.
Malgré cela, le premier magistrat lédonien estime qu’il faut “raison garder”.
“Le rôle des élus et des politiques est de trouver des solutions. A nous d’être responsable, de ne pas nier ces problèmes qui ne sont pas facile à résoudre…”.
Ainsi, voulant endosser pleinement sa responsabilité le maire propose sa solution :
“J’avais annoncé durant la campagne électorale vouloir renforcer la police municipale. C’est ce que nous allons faire. De 3,5 postes équivalent temps plein comme aujourd’hui, nous envisageons de passer à 6 voire 8 personnes progressivement. Nous voulons créer une équipe supplémentaire dédiée à dialoguer, à dissuader… Reprendre le travail qui s’opérait avec la police et les travailleurs sociaux, dont certains ont déserté le terrain plusieurs mois à la suite du confinement, avec les conséquences que l’on sait. Nous allons renforcer les effectifs de police de proximité, afin que les gens apprennent à connaitre. Ça peut aider…”

“Ce sont des humains en face de nous. Ils ont une manière de vivre parfois très différente de la nôtre, mais il faut les respecter…”

Quant aux derniers événements (délictueux) survenus la semaine dernière, le maire tient à recadrer les prérogatives de chacun.
“Il appartient d’abord à l’État et à la police nationale d’assurer la sécurité dans la ville. En ce sens, il y a aussi des mesures à prendre de leur côté, notamment des problèmes d’effectifs, afin de ne pas laisser s’occasionner trop de dégâts avant de réagir. Chacun se doit d’anticiper pour ne pas que la situation se dégrade. Même s’ils occasionnent quelques troubles, il ne faut pas oublier que ce sont des humains en face de nous. Ils ont une manière de vivre parfois très différente de la nôtre, mais il faut les respecter…”
Enfin, aux sujets de ses opposants qui établissent un lien entre les derniers incidents et l’arrivée du nouveau maire aux affaires, qualifiant la situation de “premiers dégâts visibles du laxisme de la gauche “, Jean-Yves Ravier demeure pragmatique.
“Le changement de municipalité n’explique pas tout. Ceux qui tiennent ces propos avancent un raisonnement un peu simpliste. Je ne souhaite pas attiser les polémiques. Les problèmes existaient déjà avant notre élection. L’ancienne municipalité a donc aussi ses responsabilités dans cette affaire. On fait notre travail. On fait ce que l’on peut, avec les moyens que l’on a…”
Et de conclure :
“La rentrée scolaire et la reprise de l’activité économique devraient logiquement altérer ces petits soucis passagers. Mais je reconnais que la situation est très particulière pour ne pas dire inédite. Et qu’elle n’est donc pas toujours simple à gérer au quotidien”…