Lons : la nouvelle caserne de pompiers s’érige

L’édifice tant attendu est en train de prendre place à côté du SDIS du Jura, non loin du « Rocher » de Montmorot. Le point sur le chantier.

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La structure métallique (futur garage des véhicules) est pratiquement terminée.

Le chantier du centre d’intervention et de secours (CIS) de Lons-Le-Saunier va bon train. « Ce chantier a débuté le 17 septembre 2018 pour une durée de 22 mois. Nous en sommes à environ 50% de la réalisation du gros œuvre, il sera terminé vraisemblablement à la fin du 1er semestre 2019. Le montage de la structure métallique de la remise véhicules est aujourd’hui pratiquement terminé. L’ensemble des bâtiments sera hors d’eau, hors d’air, à l’automne 2019 » précise Clément Pernot, président du SDIS (Service départemental d’incendie et de secours) du Jura. Le plus gros chantier pompier du Jura, effectué –il faut le souligner- par 100% d’entreprises franc-comtoises (dont 80% jurassiennes), donnera le jour à près de 5.000 m2 de locaux : 3.641 pour le CIS et 1412 m2 pour les services logistiques du SDIS (atelier mécanique, vestiaires, petits matériels, etc.). Les 6,95 millions € nécessaires au financement sont partagés en deux : la moitié pour les 27 communes desservies en premier appel (un souhait cher au président Pernot après les « errements » de son prédécesseur), l’autre moitié pour le Conseil départemental du Jura. Les 89 pompiers (dont 61 de volontaires, soit les 2/3) auront donc enfin un « outil de travail nécessaire et suffisant pour accomplir leur mission » a conclu Clément Pernot. Une mission en constante augmentation (+ 8% l’an dernier), puisque que les pompiers restent le dernier recours possible…et le dernier espoir.

 

Le Jura compte actuellement près de 1650 sapeurs-pompiers volontaires (pour 100 professionnels), qui sauvent des vies parfois au péril de la leur.

Le volontariat menacé ?

Les pompiers tirent le signal d’alarme : en février 2018, la cour de justice de l’Union Européenne a dans son arrêt Matzak considéré le temps de volontariat des sapeurs pompiers comme du temps de travail. Or une directive européenne de 2003 limite vertueusement le temps de travail pour éviter le dumping social et l’impact des fameux « plombiers polonais ». Si la jurisprudence fait date, les pompiers volontaires seraient mis au pied du mur : choisir entre leur travail et leur volontariat (indemnisé moins de 8 €/h). Le choix serait donc vite fait… Clément Pernot estime au contraire que « ce système exemplaire qui repose sur le volontariat et qui a fait ses preuves devrait être généralisé à l’Europe ».
A l’heure où « les pompiers sont de plus en plus sollicités pour se substituer aux carences liées aux réformes hospitalières, le SDIS, les communes, et les communautés de communes n’auraient de toute façon pas les moyens pas les moyens de remplacer les volontaires par des professionnels » estime-t-il.
Le Jura compte actuellement près de 1650 sapeurs-pompiers volontaires (pour 100 professionnels), qui sauvent des vies parfois au péril de la leur.