Jura. LMT-BELIN condamnée à Lavancia-Epercy

Le site aindinois/jurassien paye des difficultés en Allemagne.

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LMT-BELIN à Lavancia-Epercy!
LMT-BELIN à Lavancia-Epercy!

Après l’affûtage des outillages qui servaient aux lunetiers, l’entreprise a vite utilisé du carbure de tungstène, dix fois plus dur que l’acier pour fabriquer les fraises demandées. Un développement ultra rapide a nécessité la construction d’une usine à Lavancia en 1974, avec 50  salariés. Après la retraite de Yvon belin en 2001 (qui avait créé l’entreprise en 1962 à Dortan), c’est un groupe allemand (LMT) qui a intégré Belin dans sa structure de dimension mondiale, avec six sites de fabrication et 2000 personnes dans le groupe. Actuellement LMT-Belin est spécialisé dans la fabrication d’outils carbure monobloc et PCD pour différentes industries comme l’automobile, l’aéronautique, la lunetterie et la communication visuelle. C’est un leader technique reconnu dans le monde entier, pour l’usinage notamment des plastiques et composites. Financièrement l’entreprise va bien car en croissance ses dernières années (le total du bilan a augmenté de 4,48 % entre 2017 et 2018 par exemple, ou encore l’exercice 2019 a été clôturé avec un CA de plus de 18M€ en augmentation). Et c’est plutôt son actionnaire le groupe LMT-TOOLS, qui présente quelques signes de faiblesse, et qui envisage ainsi de se restructurer en rapatriant ainsi la fabrication de Lavancia en Allemagne, avec la suppression à la clef de 80 à 100 emplois…
Cette restructuration a pour cause le secteur de l’automobile, qui connait actuellement de profondes mutations, avec notamment des volumes jugés trop importants, et surtout des bouleversements technologiques imprécis à venir…

La CGT monte au créneau…

L’incompréhension est donc totale au sein de l’entreprise, car fermer une usine qui va bien, est guère audible pour le personnel.
« L’annonce de la fermeture avec la suppression de plus de 100 emplois immédiatement, c’est-à-dire dans 2 mois résonne comme un coup de tonnerre. Alors que l’activité de Belin bénéficie d’une image prestigieuse, que le savoir-faire de l’entreprise, donc de ses salariés est mondialement reconnu, la décision du groupe allemand constitue un véritable gâchis industriel, de compétences et dessine des avenirs inquiétants pour les salariés jurassiens (nes) et aindinois(es) » observe le syndicat.
Or, en pleine campagne des municipales, les acteurs politiques de tous bords sont pour l’heure, plutôt discrets dans leurs interventions… Affaire à suivre.