L’invitée de la semaine : Véronique Besançon

Rencontre avec la représentante locale de l'association "Nous voulons des coquelicots".

0
219
Véronique Besançon.

Véronique Besançon, commençons par le commencement… Quel est l’objectif de votre association ?
« Nous voulons des coquelicots » appelle à l’arrêt de tous les pesticides de synthèse. Aujourd’hui nous essuyons le résultat de ce que l’on croyait dans les années 60 être comme un produit miracle qui allait régler beaucoup de problèmes et venir à bout de tous les ravageurs des récoltes. Mais déjà un biologiste, Rachel Carson, pointait du doigt la dangerosité des pesticides. Et suite à son ouvrage « Printemps silencieux » le DDT à été interdit aux Etats-Unis. Nous savons que les pesticides détruisent tout ce qui est vivant. Ils provoquent cancers, malformations, infertilités maladies neurologiques comme Parkison.

Que répondez-vous à ceux qui argumentent que sans l’usage d’un minimum de produits phytosanitaires, on ne pourrait pas nourrir toute la planète ?
Si nous continuons à les utiliser, nous courrons à un désastre sanitaire irréversible. Oui nous pouvons nourrir toute la planète. Si nous arrêtons le gaspillage alimentaire et si nous mangions autrement cela serait possible. Je vous donne un exemple. Lorsque l’on abat un bœuf il fournit environ 200 kg de viande soit 1500 repas. Avec les céréales qu’on lui a données on aurait pu servir 18000 repas. Voilà un bon début pour comprendre que cela est possible…


Et à ceux qui affirment qu’en France les doses sont beaucoup trop faibles pour avoir un réel impact néfaste sur notre organisme ?
C’est faux ! La France serait au 2ème rang au niveau Européen de la quantité de substances actives vendues : 48 934 000kg en 2011 ! Aujourd’hui nous en serions déjà à 66 659 000 kg…
On retrouve ces produits dans l’eau, dans nos aliments, dans l’air qu’on respire. Ce sont des centaines de pesticides différents qui sont utilisés. Et ce qu’ils produisent seraient pire encore. Un pesticide lorsqu’il se dégrade au contact de la terre, de l’eau …se transforme en d’autres molécules : les métabolites. Un pesticide pourrait former entre 4 à 10 métabolites. Et ceux-ci peuvent être des molécules stables. Donc encore plus toxique que les pesticides dont ils sont issus. Aujourd’hui seulement 5 ou 6 métabolites issue d’un pesticide interdit, l’atrazine est recherché dans l’eau. Alors, quel serait le résultat si ces métabolites étaient mesurés dans l’eau du robinet ? Pour les impacts sur l’organisme, des maladies ont bien été reconnues…
Si cela n’est pas néfaste pourquoi mesure-t-on le taux de certains pesticides dans l’eau du robinet ? S’ils n’étaient pas néfastes, les utilisateurs n’auraient pas besoin de prendre autant de précaution lors de l’épandage de ces produits ! La toxicité de ces produits n’est plus à prouver.

Un certain nombre de maires sont intervenus ou vont intervenir en rédigeant des arrêtés visant à interdire l’usage des pesticides sur le territoire de leur commune… Est-ce un moyen durable et légal de mener à bien votre combat ?
Vous pensez au maire de Langouet en Bretagne, Daniel Cueff, qui a été le premier à vouloir protéger les habitants de sa commune en interdisant les épandages de pesticides à moins de 150 m des habitations. Je conseille de lire son livre ; « Paysans on vous aime, Défendez vous, Défendez nous ». Alors, vous comprendrez que les lobbies de l’agrochimie sont au cœur des décisions politiques ! Le moyen durable et légal pour mener à bien notre combat serait que notre gouvernement interdise l’usage des pesticides comme il nous l’a promis et comme certains pays l’on fait : Le Salvador, le Sri-lanka, le Vietnam… Le Luxembourg dont 60% des exploitations agricoles ont déjà renoncé au Glyphosate a été le premier pays Européen à l’interdire.


Comme la plupart des candidats à l’élection présidentielle de 2017, Emmanuel Macron s’y était engagé… Si leur nocivité n’est aujourd’hui plus à démontrer, pourquoi l’interdiction de tous les pesticides de synthèse n’est pas (encore) votée en France ? Et sans cesse repoussée par le parlement européen ?
Pourquoi des pesticides interdits en Europe pour leur dangerosité, continuent-ils à être vendus sur d’autres continents ? L’argent bien sûr ! Nous savons tous le poids des lobbies sur nos hommes politiques et ceci au détriment de notre santé. Car nous ne croyons pas que les fabriquants de ces produits ne sont pas au courant de leur dangerosité.

Avez-vous un dernier message à faire passer à nos lecteurs ?
Nous avons connaissance aujourd’hui et depuis plus d’une dizaine d’année des conséquences de l’agrochimie : pesticides, fongicides, OGM … Nous avons la preuve que tout cela tue. Les maillons de la chaîne qui fait l’équilibre du vivant sont détruits .
Trop d’insectes, de plantes, d’arbres, d’oiseaux, d’animaux, qui faisaient l’équilibre de cette chaîne ont disparus. Nous ne pouvons plus attendre. Et d’ailleurs attendre quoi ? Un autre produit miracle ?
Non, nous devons rééquilibrer cette chaîne que nous avons détruite. Nous devons stopper l’utilisation de ces produits. Et j’ajouterai pour conclure, que le socle de notre société future, ce serait de voir se généraliser des agriculteurs qui travaillent à échelle humaine et rémunérés plus justement.

Site web national : https://nousvoulonsdescoquelicots.org/
Page Facebook locale : https://www.facebook.com/nousvoulonsdescoquelicots.dole.7