L’invitée de la semaine : Maryvonne Faillenet-Elvezi

Rencontre avec la nouvelle Présidente du CENTRE d'INFORMATION sur les DROITS des FEMMES et des FAMILLES du Jura. "Si les enfants, dès le plus jeune âge sont éduqués au respect de l'autre, à l'égalité des droits et des devoirs, il ne peut pas y avoir de "guerre des sexes"

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Maryvonne Faillenet-Elvezi, vous venez tout juste d’être élue à la Présidence du Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles du Jura (CIDFF). Pourquoi et comment avez-vous pris la décision d’endosser cette responsabilité départementale ?
Depuis mes études en Faculté de droit je suis sensible aux droits des Femmes, à leurs évolutions, à la place de la Femme dans la Société et  dans le couple, et c’est tout naturellement que j’ai accepté d’être élue au Conseil d’Administration du CIDFF puis à la Présidence de cette association.
Plus exactement, en quoi consistent vos missions et qui peut s’adresser à vous ?
Les CIDFF exercent une mission d’intérêt général d’information des femmes et des familles sur leurs droits. Leur activité d’information est inscrite dans le Code de l’action sociale et des familles, elle est agréée tous les trois ans par l’Etat et officialisée par une convention d’objectifs. Ces objectifs sont de favoriser l’autonomie sociale, professionnelle et personnelle des femmes et de promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes. Les CIDFF informent, orientent, accompagnent les femmes dans le domaine de l’accès au DROIT, de la lutte contre les violences sexistes, du soutien à la parentalité , de la formation professionnelle, de l’emploi, par des professionnelles : juristes, psychologues, travailleuses sociales diplomées et compétentes…
 
A l’aube de votre prise de fonction, quels sont vos projets, vos principales orientations ?
A côté de l’accueil téléphonique et physique, des permanences juridiques, de l’hébergement et accompagnement social et psychologique des femmes victimes de violences :
 – améliorer la communication sur la gratuité des services, le CIDFF étant ouvert tous les jours du lundi au vendredi,
 – organiser, avec la participation de professionnels extérieurs : les “jeudis du droit” sur les  : successions, régimes matrimoniaux, PACS – concubinage –  mariage et séparations, retraites etc…
 – lutter contre les violences faites aux femmes, avec le signalement en ligne, le lancement d’une campagne sur le point noir (dessiné au creux de la main, qui signifie pour la victime “j’ai besoin d’aide”)
 – pouvoir continuer à intervenir dans les écoles primaires sur le genre et l’égalité.
 
A entendre certains discours, bon nombre d’individus (hommes et femmes) considèrent aujourd’hui la nouvelle mouvance féministe comme une démarche excessive voire extrémiste, visant à nier les codes sociaux, les diverses aptitudes “génétiques”, et plus généralement la différentiation fondamentale entre les deux genres… Ce qui n’est pas sans parfois se transformer en “guerre des sexes”. Que répondez-vous à cela ?
Si les enfants, dès le plus jeune âge sont éduqués au respect de l’autre, à l’égalité des droits et des devoirs, il ne peut pas y avoir de “guerre des sexes”.
Nous sommes encore dans une société où pour un certain nombre d’individus, la prédominance de l’homme doit continuer à s’exercer. Nous devons parvenir à endiguer les discriminations, les différentes formes de harcèlement dont les femmes sont victimes, puisqu’en France nous disposons, d’un arsenal de textes législatifs qui permettent en théorie une égalité dans les droits et les salaires.
 
Justement, en terme d’équivalence des droits, on remarque entre autres, que très peu de pères obtiennent la garde de leurs enfants en cas de divorce, et que la majorité des métiers pénibles ou à risques sont exercés par une immense majorité d’hommes… y aurait-il, selon les cas, une forme d’égalité à deux vitesses ?
Dans mon expérience d’avocate, j’ai pu constater qu’effectivement de plus en plus de pères souhaitent,  si la résidence alternée des enfants au domicile de chacun des parents n’est pas envisageable (notamment pour des raisons d’éloignement des domiciles), obtenir la résidence principale des enfants à leur domicile. Et dans ces situations, j’ai constaté que les Juges aux Affaires Familiales qui entendent les enfants leur demandent notamment : qui des deux parents vient les chercher à l’école, qui s’occupe des devoirs, des repas, des activités péri-scolaires etc…, et si ce sont les mères qui prennent en charge la vie quotidienne des enfants, leur résidence est effectivement fixée à leur domicile, sachant qu’un large droit de visite et d’hébergement est fixé au profit de l’autre parent…
Quant aux métiers pénibles ou à risques : les femmes sont majoritaires dans les métiers de ménage ou d’aide à la personne, et des métiers comme dans la police se féminisent…
 
Quelles sont vos préconisations pour un meilleur avenir collectif et une société moins fragmentée ?
Nous devons toutes et tous œuvrer pour éradiquer toutes les violences, les violences faites aux femmes, les différentes formes de harcèlement, les discriminations, pour parvenir à une évolution positive dans le mieux vivre ensemble.