L’invitée de la semaine : Christiane Obydol, de « Zouk machine »

Rencontre avec la leader du groupe à l'initiative du tube inoubliable : "Maldon".

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A 53 ans, Christiane Obydol n'a rien perdu de son entrain et de son sourire.

Les Antilles et la musique font-ils partie de votre ADN, Christiane Obydol ?
Comme dirait Doc Gynéco, mon père est né là–bas, ma mère aussi et moi je suis née en France dans le 94. J’ai grandi dans une famille de musiciens car mon père jouait de plusieurs instruments, mon frère Guy de la basse et mon beau-frère Yves de la guitare. Jusqu’au jour où Guy décida de monter un groupe de femmes musiciennes et n’en ayant pas trouvé, s’est « rabattu » sur 3 chanteuses. Zouk Machine était né…

Comment se sont passés les débuts, avant que « Maldon » ne vous propulse en orbite stratosphérique ?
C’était un pari : soit ça passait, soit ça cassait. Guy et Yves avaient importé les slows français vers les Antilles avec leur propre groupe, leur nouvelle idée était d’exporter le zouk vers la métropole, un zouk moins « terroir » que Kassav et plus « funky ». Mon frère s’est inspiré des USA (par exemple les Pointer Sisters) : il fallait chanter, danser, et faire les chœurs à l’américaine. Nous fûmes non seulement les premières, mais aussi le premier « girl band » français.

Vous êtes devenue une vedette, mais ce succès n’a-t-il pas été trop dur à gérer ?
Vedette, c’est un mot que j’ai du mal à accepter me concernant, car vedette ou star veut presque dire intouchable et ce n’est pas mon cas. Nous faisions énormément de télévisions, mais j’ai toujours voulu garder les pieds sur terre, et les garde encore aujourd’hui. Du moins j’essaie (rires).

Vous parlez d’un patrimoine à transmettre à travers le zouk : lequel ?
Je parle d’un patrimoine musical familial car sur sept enfants, six vivent par ou pour la musique. Pour ma part, j’ai commencé à faire des chœurs en studio à 12 ans. A travers mes spectacles, j’essaie de faire vivre encore ces chansons pour les faire connaître à une nouvelle génération.

Aimeriez-vous évoluer vers d’autres styles musicaux, voire tourner la page Zouk Machine ?
Bien sur, car en France on a tendance à vous enfermer dans un style et il est très difficile d’en sortir. Mais je prépare mon premier album solo qui sera un mélange de toutes mes influences et goûts. J’ai déjà 4 titres qui tournent sur YouTube : un reggae en hommage à Bob Marley «  Mechanically », une reprise de « A nos actes manqués » de Jean Jacques Goldman, un autre qui s’appelle « Ailleurs » et une chanson qui parle de L’Afrique « Afrika ». J’ai aussi Bob Sinclar qui me prépare une chanson, et un des compositeurs de Beyoncé qui m’a fait une chanson sur mesure.

Pour mettre l’eau à la bouche de nos lecteurs, que leur réservez-vous lors de votre tour de chant jurassien ?
Ils auront droit à des chansons du premier album jusqu’au dernier, sans oublier celle qu’ils attendent tous ! Je leur demanderai de participer en chantant avec moi « Maldon » et nous verrons s’ils ont vraiment « la musique dans la peau ! » (rires).

Avez vous un petit message à adresser à vos nombreux fans ?
Mizik sé lanmou é sé gras a mizik kè nou inmé nou toujou mési on pil ! Autrement dit : La musique est amour et c’est grâce à elle que nous nous aimons toujours. Merci à vous !

« Les années 80 – La tournée » le 10 octobre 2019 à 20h à Lons-le-Saunier Juraparc.
Avec les tubes des années 80 de : Zouk machine, Partenaire Particulier, Sloane, Julie Pietri, Gold/ Alain Llorca, Sabine Paturel, Pedro Castano (la Macaréna), Les Avions/ Jean Pierre Morgan.
En première partie, flash back sur les meilleurs génériques des dessins animés, séries et pubs des années 80.
Tarifs: de 34 à 46€.

Propos recueillis par Stéphane Hovaere