L’invitée de la semaine : Caroline Moireaux

A travers un périple de 8 ans que n’aurait pas renié Ulysse, la Jurassienne de 40 ans revient sur ses plus belles expériences…. Qui n’ont pas manquées dans 30 pays traversés (majoritairement à pied), soit 50.000 km de découvertes exceptionnelles. De quoi nourrir des rêves après le confinement...

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Caroline Moireaux a parcouru le monde avec sac à dos et chaussures.

Caroline Moireaux, comment résumer votre périple ?
Je suis Jurassienne, j’habite près de Bletterans, à Cosges. Je suis donc partie à pied le 1e juin 2011 de Lons-le-Saunier, avec l’idée de faire le tour du monde à pied en 10 ans maximum. Et finalement, au gré du voyage j’ai utilisé aussi le vélo et le bateau.

Finalement, l’aventure n’a duré  ‘que’ 8 ans, avec quand même avec 50.000 kms au compteur, c’est cela ?
Oui, je n’ai pas exploré l’Amérique du Sud, donc je suis rentrée un peu plus tôt, après avoir traversé du coup 30 pays.

La grande question, c’est pourquoi entreprendre une telle aventure ? Certains diront : « Ce n’est pas à ma portée, c’est trop loin, trop compliqué. Et vous, vous dites pas du tout : en fait, c’est simple ! »
Ce n’est pas très compliqué : tous les jours je faisais des petites distances, en moyenne 25 kms. Un pas après l’autre, tout est possible je pense, du moment où on prend le temps.

Quel monde avez-vous découvert ? Un environnement hostile dans lequel on risque tous les dangers possibles et imaginables ?
Non, le monde est magnifique, je n’ai vu que des belles choses durant ce voyage. Je ne dis pas que les malheurs n’existent pas bien évidemment, mais je pense que c’est une minorité. J’ai vraiment découvert un monde qui est beau, des gens généreux et d’une bonté admirable. Partout, dans tous les pays que j’ai traversés, j’ai été accueillie merveilleusement bien.

Y a –t-il des pays qui vous ont plus touchés, plus émus que d’autres ?
Oui l’Iran et l’Alaska, pour des raisons complètement différentes. L’Iran est à ma connaissance le pays le plus hospitalier que je connaisse : un accueil phénoménal, une culture super riche, une histoire passionnante. Et un pays immense, donc une diversité culturelle et naturelle magnifique.

Quelque chose qui tranche complètement avec l’image qu’on a de l’Iran en occident, à savoir des femmes voilées, un état autoritaire, etc…
Les femmes sont voilées, mais pas plus que dans les autres pays musulmans. J’ai trouvé que les femmes étaient beaucoup plus libres en Iran, que dans d’autres pays musulmans ou non musulmans que j’ai traversés, comme l’Azerbaïdjan ou la Géorgie par exemple.

Et L’Alaska ?
Cet état est absolument merveilleux de par sa nature, ces gros animaux qu’on a plus chez nous : ours, caribou, orignal, baleine, etc. Ces grands espaces, ces couleurs, ces forêts de sapins bien vertes qui tranchent avec tous ces glaciers bien blancs…

Quelle philosophie a germé en vous durant ce périple mondial ?
Je pense qu’il n’y a pas de hasard dans la vie, certaines choses pré-existent déjà à la base. J’étais déjà tombée amoureuse tombée de la vie il y a quelques années, mais cela a renforcé sur ma vision de l’humanité, de la beauté de la nature etc. Je trouve qu’il y a de belles choses à vivre, et qu’on a toujours le choix finalement de choisir quel chemin on décide de prendre.

C’est un grand message d’espoir, et cela fait du bien par les temps qui courent. Faire le tour du monde, c’est bien beau, mais à quoi aspirez-vous désormais ?
Je partage cette expérience, j’ai effectué une petite tournée de conférences dans le Jura, où j’ai expliqué mon voyage. J’ai présenté un petit film de 22 minutes, suivi d’un échange avec le public : je compte l’étendre à toute la France dans un premier temps, et puis après on verra…

Et peut-être voyager à travers le monde via ces conférences ?
Voyager en France déjà. Parce-que finalement j’ai fait le tour du monde, mais je ne connais pas la France…

Propos recueillis par Stéphane Hovaere

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