L’invitée de la semaine : Caroline Faber

C’est un jeu d’enfants : décorer des cailloux pour les cacher ensuite dans la nature. Un jeu qui désormais passionne des dizaines de milliers d’adultes en France réunis dans des groupes régionaux sur les réseaux sociaux sous le nom de « Love on the Rocks ». Plus de 10 000 personnes suivent le groupe franc-comtois. Rencontre et explications.

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Caroline, comment vous est venue cette idée originale ?
C’est une amie, qui habite en Angleterre, qui m’a parlé de ce phénomène il y a tout juste trois ans en me demandant si je serais partante pour gérer un groupe ici en France. Cette activité consiste à répandre un peu de bonne humeur, gratuitement et facilement en disséminant des cailloux peints un peu partout. Ça a très vite pris et ça continue d’ailleurs de m’étonner…
En France, de nombreux groupes régionaux se sont constitués. Au total, on compte plus de 100 000 personnes dont 10 400 pour le groupe franc-comtois.

Concrètement, que faut-il faire ?
Il faut d’abord trouver un caillou, un galet plus exactement. Mais attention, pas n’importe où : il n’est pas question de le faire sur le bord d’une rivière, d’un océan ou là où il peut y avoir un risque d’érosion. La première règle est de respecter la nature. Dans le même état d’esprit, pour la déco, tout ce qui est plastique, cellophane, éléments collés comme des faux yeux, tout cela est interdit pour ne pas polluer et mettre éventuellement en danger les animaux. Seules les serviettes en papier peuvent être utilisées car c’est une matière biodégradable.
Ensuite pour dessiner ou écrire un message, les feutres acryliques sont la meilleure solution. Place à la création. Une fois le caillou prêt, on n’oublie pas de mentionner le nom du groupe, de poster une photo sur Facebook et on peut le cacher.

Et après, que devient votre création ?
Une fois dissimulé, la destinée de votre caillou est désormais dans les mains de celui ou celle qui le trouvera. Vous en aurez peut-être des nouvelles (si la personne se connecte sur le réseau social). Ou peut-être pas. Parfois, on a des retours qui sont vraiment étonnants venus d’autres pays voir d’autres continents !
Mais finalement peu importe. On n’attend rien en retour. Le seul fait d’avoir pris du plaisir à la réalisation et de se dire que sa découverte fera plaisir à quelqu’un nous suffit. Et tout ça à un moindre coût, simplement. C’est aussi une activité apaisante, à la fois artistique et en lien avec la nature. C’est finalement une sorte de chasse au trésor moderne et pour toutes les générations aussi, puisque les enfants y trouvent leur compte comme les adultes de tous les âges.

Comment souhaitez-vous voir évoluer ce phénomène ?
On a maintenant plus de 100 000 adeptes partout en France et sans doute des millions de cailloux peints en circulation. Nous avons créé une association en fin d’année dernière pour fédérer tous les groupes régionaux qui restent néanmoins totalement indépendants. L’idée est de faire des choses en plus, par exemple en proposant régulièrement des thèmes et des partenariats avec d’autres associations comme certaines venant en aide à des enfants malades, de sauvegarde des abeilles ou encore la ligue de protection des oiseaux. Nos cailloux deviennent alors porteurs de messages pour relayer une bonne cause. Un autre projet nous tient à cœur, accueillir des personnes fragiles dans des ateliers. Des actions dans le cadre d’activités périscolaires sont aussi possibles. Les petits cailloux ont encore un bel avenir devant eux.