L’invité du trimestre : Hervé Moreau

Rencontre avec un officier de Gendarmerie, qui, révolté par l'effarante réalité qu'il a constatée et subie, n'a pas hésité à rompre son devoir de réserve afin d'exprimer publiquement son écœurement "face aux criantes injustices, au désordre et à tout ce qui favorise la désunion". Un témoignage poignant et profondément réaliste...

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Hervé Moreau, vous êtes aujourd’hui en poste sur la base de défense de Creil en tant qu’officier de liaison Gendarmerie, mais auparavant vous étiez commandant en second de la compagnie de gendarmerie départementale de Beaune. Tout d’abord pourquoi avez-vous choisi de devenir gendarme ?
J’ai voulu devenir officier de gendarmerie parce que lorsque je servais comme officier dans les régiments de l’armée de Terre, au début des années 2000, l’armée ne se battait pas comme elle se bat aujourd’hui, sur les théâtres d’opérations extérieures (OPEX), contre le terrorisme. Il s’agissait d’une armée de temps de paix, la France n’ayant alors pas d’ennemis.
J’ai donc désiré rejoindre, sur concours, quelques années après être sorti de Saint-Cyr, les rangs de cette armée qu’est la gendarmerie nationale. Les saint-cyriens sont des guerriers. J’ai naturellement désiré prendre une part active dans la guerre contre la délinquance et donc rejoindre cette armée admirable qui se bat quotidiennement pour que l’état de Droit soit respecté, pour que nos concitoyens puissent vivre en paix. Je voulais me battre pour les victimes, contribuer activement à les protéger. Cela a constitué alors l’essence même de mon engagement et cela ne m’a plus jamais quitté depuis, année après année.
Je suis un homme d’ordre, je vis pour les victimes, je veux que nous puissions évoluer dans une nation pacifiée, unie, où les citoyens aient le moins possible à craindre pour leurs personnes et pour leurs biens. Je veux que nous puissions transmettre à nos enfants, aux générations qui nous suivent, un pays où il fait bon vivre, un pays où ceux qui sont honnêtes et vertueux c’est-à-dire l’immense majorité de nos concitoyens, puissent vivre en paix et heureux…
Je ne veux pas à contrario d’une nation où prévalent les abus, les fraudes, l’assistanat, la loi du plus fort, partout et toujours plus. Je ne veux pas de cela pour nous et pour nos enfants et cela constitue mon combat, depuis toujours. Ce combat nous le gagnerons tous ensemble, en étant unis, à force d’efforts, en faisant preuve d’une volonté implacable et inflexible contre tous ceux qui nous font du mal, contre tous ceux qui cherchent à nous diviser et à abuser des faiblesses réputées de notre démocratie et de l’État.

Vous vous dites “indigné par ce que devient notre nation”. Particulièrement face à toutes ces “formes d’impuissance et de renoncement que l’on identifie partout”. Pouvez-vous nous préciser lesquelles ?
Je suis indigné et même scandalisé quelquefois, par l’affaiblissement et la remise en cause de toutes les formes d’autorité dans notre pays, par certains, de plus en plus nombreux, puisqu’on les laisse faire, puisqu’on les laisse agir et qu’on leur donne donc, ce faisant, presque raison.
Ces autorités, quelles qu’elles soient, sont pourtant si nécessaires voire si essentielles à la cohésion de notre nation, à l’individu et à son équilibre. Je pense à l’autorité parentale, à celle censée prévaloir au sein de l’éducation nationale, à celle relevant de l’administration pénitentiaire, à celle des forces de l’ordre, à celle des maires…
L’exercice de l’autorité demande du courage, demande de la force. Elle suppose de ne pas être lâche, d’être ferme chez tous ceux qui sont censés l’assumer. Chaque fois qu’ils renoncent, qu’ils laissent faire, qu’ils « s’écrasent », ils contribuent à déliter le lien social et à laisser s’imposer la loi du plus fort, l’intimidation et la violence physique ou verbale. Il ne faut rien céder à la violence, aux exigences communautaristes, aux attitudes phallocrates, à tous ceux qui s’en prennent aux plus vulnérables.
Tous ceux qui représentent l’État ou une administration, et notre pays compte 5 millions de fonctionnaires, se doivent d’être exemplaires, efficaces et compétents, aussi attentifs aux valeurs de la République et de notre démocratie qu’il est possible.
Hélas, nous en sommes très loin. La facilité c’est de ne pas lutter, c’est de baisser la tête, c’est de tolérer. Il n’y a rien à tolérer. Tolérer c’est se soumettre. Dans un même ordre d’idée il y a de moins en moins de respect. Il n’y a plus de respect pour les plus anciens mais aussi pour notre jeunesse qui est désespérée. Le respect certes se mérite mais surtout, il se manifeste avec l’éducation, avec la socialisation, avec la conscience éclairée et lucide des situations, toutes choses auxquelles il faut veiller sinon elles se perdent et nous les avons déjà perdues pour partie.
Aujourd’hui et de plus en plus, l’État est jugé faible et nombreux sont ceux qui s’autorisent tout, remettent tout en question et défient son autorité déliquescente. Nous avons pourtant besoin d’obéissance citoyenne et de respect. Nous avons besoin d’une démocratie forte, de règles, de lois et qu’elles soient respectées par tous. Dans le cas contraire c’est la porte ouverte à tous les abus, au désordre, au chaos, à la loi du plus fort. La réalité que nous vivons, de plus en plus souvent et en des endroits toujours plus nombreux, est celle-ci.

La pierre angulaire de l’ordre social et sociétal est constituée par l’autorité judiciaire. C’est elle qui fait respecter la loi, au nom du peuple français. C’est elle qui contribue à consolider notre société en réprimant les violations qui en sont faites. Et cette justice est aujourd’hui au cœur de toutes nos difficultés. La justice française se caractérise de manière chronique par son impuissance, par ses renoncements… Je l’explique parfaitement dans mon livre au travers des affaires criminelles et délictuelles graves dont j’ai eu la responsabilité dans le cadre de la sécurité de l’arrondissement dont j’ai eu la charge.
Cette justice est en dessous de tout ! La grande majorité des Juges ne répriment pas, ils n’incarcèrent pas ou presque pas en dépit des actes graves commis par les auteurs qui leur sont présentés pour jugements. Ce sont des irresponsables pour beaucoup d’entre eux et ils sont pourtant intouchables.
Nous, gendarmes et policiers, nous nous épuisons à la tâche pour rien, nous interpelons les auteurs de ces délits, nous réunissons les preuves, nous déférons à l’autorité judiciaire à l’issue des gardes à vue, et ils relâchent ou ils condamnent très souvent, au mieux, à du sursis. Avec eux c’est presque toujours du sursis et presque jamais de la prison ferme. Comment voulez-vous que nous nous en sortions ? Comment voulez-vous que les lois soient respectées si ceux qui nous font du mal n’en subissent aucune conséquence au plan pénal, s’ils ne sont jamais incarcérés et demeurent libres. La remise en liberté signifie le droit de continuer à faire du mal. Ils continuent et ils recommencent. C’est aussi simple et dramatique que cela.
Comprenez le désarroi et le sentiment de trahison des victimes, la désespérance des forces de l’ordre. C’est un Capitaine de gendarmerie qui vous l’affirme, je suis scandalisé et j’ai honte pour les victimes. Notre démocratie doit être forte, l’État doit être jugé fort et il ne l’est pas du fait des insuffisances dramatiques de cette justice et des pertes multiples d’autorité. Et soyons clairs : ce n’est pas une question de moyens, c’est une question de volonté et de courage ! Ces juges sont des idéologues qui nous font un mal considérable en ne réprimant pas, en n’incarcérant que trop rarement les auteurs des faits les plus graves. Cela nourrit bien sûr la récidive et son corollaire, le sentiment de parfaite impunité chez ceux qui en sont les auteurs. Notre société souffre dramatiquement de cet état de fait et notre démocratie se fissure dangereusement puisque la tyrannie associée à la loi du plus fort se substituent à elle, partout et toujours plus. Je pourrais résumer cela en trois mots : TROP C’EST TROP !
C’est tout cela et bien d’autres choses qu’il m’importait de faire connaître dans mon livre. Et surtout sans langue de bois, sans politiquement correct, sans hypocrisie. La vérité, toute la vérité, rien que la vérité ! L’hypocrisie et l’immobilisme nous ont coûté assez cher.
Ce livre c’est le témoignage d’un officier de gendarmerie de terrain, au jour le jour, ce livre c’est la réalité telle que nous la vivons, toutes et tous. Ce livre c’est aussi et surtout beaucoup d’espoir. Comme je le dis souvent, notre société sera ce que nous voulons qu’elle soit. Il appartient aux hommes et femmes de volonté d’agir et de construire l’avenir, un avenir qui soit brillant. Nous détenons une immense responsabilité pour nos enfants.

On parle beaucoup aujourd’hui du “sentiment d’insécurité”. De votre point de vue, et malgré des statistiques “positives” qui inciteraient à faire penser le contraire et indiqueraient que la délinquance est en baisse, considérez-vous également (à l’instar de la majorité des Français) que l’insécurité grandissante n’est pas un seulement un sentiment mais bel et bien une réalité quotidienne ?
Les chiffres de la criminalité et de la délinquance seront particuliers au titre de l’année 2020 au regard des deux confinements que le pays a subis. Mais il n’empêche que les tendances de fond demeurent, qu’il s’agisse des zones police (urbaines) ou gendarmerie (péri-urbaines et rurales).
Cela fait longtemps qu’il ne s’agit plus d’un sentiment d’insécurité mais d’une réelle insécurité.
Oui, clairement et de manière très objective, les choses vont mal et ne cessent d’empirer du fait notamment de tout ce que j’évoquais précédemment. La délinquance dans notre pays représente sensiblement, en rythme annuel, pour les atteintes aux personnes, près de 1 000 homicides et féminicides. Ce sont aussi 20 000 viols et 25 000 agressions sexuelles, 250 000 coups et blessures volontaires de niveau délictuels, c’est-à-dire graves. Et conservez bien en tête que pour ce type de crimes et délits les enquêtes de victimation nous laissent à penser que les taux de dépôt de plainte sont de l’ordre de 20%. Vous pouvez donc multiplier ces chiffres par 5 pour avoir une idée assez précise de la violence réelle perpétrée à l’encontre de nos concitoyens. La délinquance, ce sont aussi 100 000 vols crapuleux c’est-à-dire commis avec violence. Vous ajoutez les atteintes aux biens comprenant les 800 000 vols simples, les cambriolages (250 000), les escroqueries (400 000) et les vols liés aux véhicules, et vous disposez alors d’une vision assez exhaustive de la situation criminogène dans notre pays. La France est concrètement un pays peu sûr, où vous pouvez être agressé, volé ou cambriolé avec une certaine probabilité. Vous pouvez aussi ajouter les harcèlements multiples, les incivilités, les actes de vandalisme, les insultes, les menaces….
Tant que ça ne vous arrive pas, tant que vous n’avez pas affaire à la justice, vous pouvez faire preuve de détachement, d’empathie, d’angélisme…. Quand ça vous arrive et que vous souffrez dans votre chair ou dans vos biens, quand ça arrive à un membre de votre entourage direct et que vous constatez que celui qui vous a fait du mal, parfois gravement, n’est pas incarcéré, alors qu’il le serait dans n’importe quel autre pays moderne et civilisé, cela devient insupportable et la souffrance n’en est que plus vive.
C’est en ces circonstances que vous prenez véritablement la mesure du laxisme des juges et de l’injustice prévalant dans notre pays. Vous en êtes scandalisés, sidérés, meurtris et rien ne change. En fait, c’est faux. Les choses changent, en effet, elles empirent ! On en revient toujours au même : il est lucratif de voler, de cambrioler, d’escroquer et les malfrats ne risquent pas la prison à moins d’être multirécidivistes et d’être pris. Et donc ils continuent. La seule chose qu’ils craignent c’est l’incarcération et cela n’arrive que rarement, en proportion du nombre de crimes et délits commis.
En France, sur 3 millions de crimes et délits annuels, 300 000 peuvent être considérés comme étant particulièrement graves car touchant à l’intégrité physique des personnes. Et pourtant seuls 20 000 délinquants ou criminels seront concrètement emprisonnés et pour l’essentiel d’entre eux seulement pour quelques mois faute de places de prison disponibles. Et c’est là le second drame couplé avec le laxisme insupportable des juges : il n’y a pas de places de prison disponibles puisqu’elles n’ont jamais été construites. Les délinquants sont laissés libres et ils continuent de voler, de cambrioler, d’harceler, de frapper et d’agresser. C’est la loi du plus fort, c’est l’impunité et c’est la récidive. La réalité, la vérité est exactement celle-ci et c’est un Capitaine de gendarmerie d’active qui vous la livre, sans hypocrisie aucune. Vous pourriez doubler le nombre de gendarmes et de policiers que ça ne changerait rien. Tant que les malfrats seront laissés libres, rien ne changera et tout ne fera qu’empirer. Notre société est malade de sa violence et cette violence est entretenue, vous l’avez donc bien compris, par le laxisme des juges couplée avec une insuffisance dramatique de places de prison disponibles.

Selon vous, comment éradiquer la malfaisance, la violence, l’injustice, l’irrespect, le communautarisme, le prosélytisme, et remettre aujourd’hui le pays sur de bons rails ?
La seule manière d’y arriver est d’en finir avec cette impunité répétée qui n’a que trop duré. Il faut parvenir à imposer cette répression si nécessaire à ceux qui sont en charge de juger, de punir et qui ne le font pas du fait d’une idéologie dépassée, parce qu’ils leur trouvent toujours des circonstances atténuantes, parce qu’ils sont encore et toujours dans une logique de réinsertion, d’éducation. Ça ne marche pas.
Quand vous avez affaire à des délinquants qui ont des dizaines de condamnations sur leur casier judiciaire et qui n’ont passé que quelques mois en prison, vous comprenez que ce sont des dizaines de victimes qui n’ont pas obtenu justice. C’est un désastre. Et pour une condamnation pour cambriolage ou vol, conservez bien en tête qu’ils en ont réussi 40 ou 50 avant d’être pris et condamné à du sursis. Il faut parvenir à imposer la répression aux juges et pour cela il faut rétablir les peines planchers, les rendre sévères. Autrement ils continueront d’être laxistes et de relâcher. Et il faut également, bien sûr, des places de prison et un régime carcéral strict. Je suis également contre les remises de peine. Un prévenu condamné à trois ans de prison fermes doit demeurer incarcéré trois années et pas un jour de moins. Et en cas de mauvaise conduite, on aggrave la peine.
Nous disposons de 50 000 places de prison, il nous en faut 100 000 de plus, pour un total de 150 000 places, comme chez les britanniques. Il faut que les délinquants sachent que l’impunité sera bientôt terminée, qu’ils paieront pour le mal qu’ils font à hauteur de ce que prévoit le Code Pénal, lequel n’est donc jamais appliqué. Il faut des peines dissuasives sinon ils recommenceront toujours et le nombre des nouvelles victimes continuera de s’allonger sans limite. Il faut de la prévention, bien sûr, mais sans répression forte, implacable et inflexible, nous n’y arriverons jamais !
Dans un même pragmatisme, nous ne devons plus rien passer aux communautaristes de tous bords qui nuisent tant à l’unité de notre nation et pour cela nous devons adopter la laïcité la plus stricte. Je suis profondément chrétien mais je n’insupporte personne dans l’espace public avec ma croix.
Dans l’espace public je ne souhaite pas voir de croix, de Kippa, d’étoile de David, de voile islamique, rien, absolument rien. J’exige qu’aucun signe religieux ne me soit imposé, sauf bien sûr sur les édifices et pour les professionnels de la foi. Je considère que le voile islamique est un symbole d’asservissement de la femme et un instrument de propagande des islamistes. Il faut l’interdire. En Arabie saoudite ou en Iran, son port est obligatoire pour les femmes et donc imposé aux occidentales.
Ils nous imposent leurs exigences chez eux et il faudrait aussi les accepter chez nous ? Notre démocratie et nos gouvernants sont des faibles. Le communautarisme prospère en France parce que notre démocratie, nos libertés le lui permettent. Il faut mettre un terme à cela et ne rien céder. La France doit devenir le pays imposant la laïcité la plus absolue, partout sur son territoire, y compris dans les départements et territoires d’Outre-mer. La France ne sera respectée que lorsqu’elle sera forte. Aujourd’hui ce ne sont que violences, désordres, injustices et dérives communautaires. Cela doit cesser et cela ne sera le cas que lorsque l’État sera ferme et donc jugé fort.

Emmanuel Macron avait un temps œuvré à mettre en place un service national universel, mais non obligatoire. Mesure aujourd’hui quelque peu délaissée. Pensez-vous, tout comme la “majorité silencieuse” le pense aussi, que rétablir le service militaire obligatoire, tel que ceux nés avant 1979 l’ont connu, serait souhaitable voire fondamental pour l’éducation ou la rééducation d’une partie de notre jeunesse ?
Oui, c’est souhaitable voire absolument essentiel. J’ai connu les dernières années de la conscription en tant que jeune Lieutenant dans un régiment d’artillerie avant qu’elle ne disparaisse. Et j’ai ensuite commandé une compagnie et un escadron en tant que Capitaine. J’ai contribué à la formation, à l’instruction et à la socialisation de ces jeunes conscrits et cela revêtait du sens avant que d’évoluer ensuite dans des unités entièrement professionnelles. J’ai le recul et l’expérience suffisants pour pouvoir affirmer que cela serait pertinent, surtout aujourd’hui compte tenu des évolutions sociétales de ces dernières années. Mais cela supposerait une volonté inflexible de la part de ceux qui nous dirigent et nous gouvernent. La volonté de restaurer un service militaire et civique universel d’une année, sans passe-droits, sans interventions, sans recherche d’exemptions multiples, sans inégalités de traitements. Il s’agirait d’une année de formation égalitaire, d’instruction, de socialisation, de formation aux techniques de combat, aux valeurs et fondamentaux de la République. Cela serait souhaitable mais pour réussir le programme se devra d’être dense. La jeunesse de France ne devra pas s’y ennuyer et les budgets à y consacrer seront forcément fortement dimensionnés. Les ressources existent, elles sont aujourd’hui consacrées à l’entretien de l’assistanat. Il nous appartient de faire d’autres choix et de les mener à bien.

Avez-vous un dernier message à faire passer à nos lecteurs jurassiens ?
J’ai vendu 5000 exemplaires de mon livre en trois mois, alors qu’il est auto-édité et auto-distribué. Cela constitue une fierté immense que de partager ce qui a fait ma vie avec tant de personnes, de parvenir à leur faire connaître qui nous sommes, nous les gendarmes. C’est une joie immense que d’être parvenu à leur faire savoir comment nous les servons, quelles sont nos joies et nos peines, de les faire entrer dans notre quotidien, dans sa réalité brute. Ce livre, je l’ai écrit pour toutes les victimes et pour mes gendarmes. Tout ce qui y est relaté est l’exacte réalité, et on n’en sort pas indemne. Mes lecteurs me font part de leurs fous rires, de leurs émotions, de leurs larmes, de tous les sentiments qu’ils traversent à sa lecture. Ils se passionnent pour ce qu’ils découvrent. Ils ne le soupçonnaient pas.
Je suis très touché par les lettres qu’ils m’adressent et ils me disent en substance que ce livre devrait être lu de tous. C’est un hommage extraordinaire qu’ils me font et je les en remercie infiniment. Les gendarmes aussi (officiers ou sous-officiers, en retraite ou d’active) me disent que je leur ai été fidèles, que je ne les ai pas trahis, que j’ai su trouver les mots et que cet ouvrage est criant de vérité. Ils me disent qu’ils sont fiers de moi. Cela constitue ma première récompense et cela me touche immensément. Je ne fais pas l’unanimité et très humblement je ne prétends pas devoir la faire, mais la grande majorité salue mon initiative et me témoigne son soutien.
Je suis un officier de gendarmerie qui vit pour les victimes, je suis un homme qui se bat pour que nous ayons une France plus belle, plus harmonieuse, pour que nous en finissions avec la loi du plus fort, pour que nous retrouvions la concorde et l’union, pour que nous laissions un pays enviable à nos enfants. Je crois fondamentalement que la France et notre société seront ce que nous voulons qu’elles soient. Nous avons trop renoncé, il y a eu trop de lâchetés et de clientélismes dévastateurs. Aujourd’hui est venu le temps de la vertu, du courage et de l’effort pour tous, pas seulement pour quelques-uns. J’y crois immensément, à l’exemple de millions d’hommes et femmes de volonté qui partagent mes idées. Nous portons l’espoir d’un avenir meilleur, nous y croyons et nous ne cesserons jamais d’y croire parce que nous le voulons pour nos enfants, ce que nous avons de plus cher.
Merci infiniment de m’avoir reçu.

Le capitaine Moreau, en uniforme.

 

 

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