L’invité de la semaine : Yann Reverchon

Rencontre l'administrateur national de la page Facebook MGTOW Francophone. Un mouvement méconnu mais voué à s'étendre de plus en plus, en protestation aux excès d'un féminisme parfois radicalisé.

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Yann Reverchon.
Yann Reverchon, vous êtes jurassien et administrateur de la page Facebook MGTOW Francophone, suivie par plusieurs milliers d’abonnés. Pouvez-vous résumer brièvement en quoi consiste le mouvement MGTOW ?
La philosophie MGTOW (“Men Going Their Own Way”, sigle qui peut se traduire par “hommes choisissant leur propre voie”) réunit les hommes qui, s’étant interrogés sur la nature de la femme et les dynamiques des relations hommes/femmes, ont compris que le contexte socio-politique post-moderne à l’intérieur duquel ces relations prennent corps est si inique et déséquilibré en leur défaveur qu’ils ont décidé de se prémunir contre ses effets les plus préjudiciables.
En cela, c’est une philosophie qui n’est pas prescriptrice et qui laisse donc chacun libre d’agir comme il l’entend, pourvu qu’il le fasse en connaissance de cause, fort de nos enseignements et analyses.
Nous sommes présents sur Facebook, YouTube, et d’autres plates-formes alternatives du fait de la censure grandissante sur l’internet. Nous avons également à cœur la défense des droits des hommes et des pères. Enfin, nous cultivons une camaraderie masculine sur fond d’humour et de provocation dans des forums et groupes privés.
L’époque “progressiste” est en train d’accoucher d’un féministe aussi radical qu’envahissant pour ceux qui souhaitent que perdurent les valeurs “traditionnelles”. Comment vivez-vous cela, et que préconisez-vous pour ceux qui souhaitent s’épargner de subir cette “dictature bienpensante” ?
C’est une des nombreuses contradictions internes du “progressime” dont le féminisme fait partie : il se montre intolérant avec tous les modèles et paradigmes qui diffèrent du sien, tandis qu’il prône la tolérance !
En outre, il a recours à une escroquerie sophistique qu’il convient de dénoncer: l’argument de nouveauté, soit la valorisation de la nouveauté pour la nouveauté. Mais ce n’est pas parce qu’une chose est nouvelle qu’elle est nécessairement positive ou avantageuse, comme le progressisme veut nous le faire accroire. Évidemment, il en va de même pour le misonéisme, le fameux : “c’était mieux avant!” conservatiste.
Tout est affaire de juste milieu, de modération, ce dont manque le féminisme radicalisé auquel sont confrontées nos sociétés occidentales qui se sont égarées dans une telle idéologie aberrante. C’est surtout du bon sens le plus élémentaire que nous manquons.
Il semblerait que 94% des accident mortels au travail concernent des hommes, de même que 99% des soldats tués à la guerre, 95% des sans abri, 95,4 % des métiers pénibles (bâtiment, travaux dangereux, industrie…), mais étrangement, seulement 8 % des hommes obtiennent la garde de leur enfant après un divorce. Comment expliquez-vous cet état de fait incohérent ?
En effet, l’obsession de l’égalité revendiquée par les féministes s’arrête là où ça ne les arrange plus. A chercher à dénoncer des privilèges masculins à tout prix, elles occultent les désavantages et inconvénients auxquels sont exposés les hommes de leur côté, dans ce qui s’apparente de plus en plus à de la propagande avec tout le manque d’objectivité que cela comporte.
Concernant les décisions de justice par exemple, très largement rendues en défaveur des hommes dans le cadre de l’obtention de la garde des enfants suite à un divorce, rappelons que 80% des Juges aux Affaires Familiales sont des femmes. Plus largement ce sont près de 80 % de femmes qui sortent chaque année de l’École de la magistrature. Moyennant quoi, la plupart du temps, les hommes font face à des tribunaux entièrement composés de femmes. Voilà une inégalité flagrante pourtant passée sous silence par lesdites féministes, tandis qu’elle est au centre de la question de l’impartialité de la Justice…
Selon vous, qu’est-ce qui manque pour que nous allions mieux ? Pour que cesse, la haine, la violence, la radicalité, le clivage entre les genres, et que nous puissions à nouveau respirer le vent de l’amour et de liberté ?
D’abord, pour que cesse la haine, il ne faut plus l’alimenter, et on ne peut pas compter sur Marlène Schiappa en ce sens…
La Secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les hommes et les femmes, militante féministe notoire et signataire du délirant “Appel aux Sorcières”, bénéficie d’un budget de 1,4 milliard d’euros pour l’année 2020 afin de lutter contre un patriarcat qui n’existe plus guère que dans son imagination et celle de quelques Femen enragées. Une somme astronomique qui va grassement subventionner la myriade d’associations féministes dont les résultats sont finalement contre-productifs, ne faisant qu’accentuer la défiance entre les sexes, force est de le constater.
Plutôt que de chercher absurdement à atteindre une “égalité des sexes” (pourvu que cela ait un sens), ne serait-il pas préférable de revaloriser la complémentarité entre les hommes et les femmes ?
Comme le disait Aristote : “Il n’est pas pire injustice que de traiter de manière égale des choses qui ne le sont pas”.